mardi, juin 29, 2010

 

La cataracte, une opération à ne pas éviter

Votre optométriste vous détecte une cataracte dans l'œil droit au cours d'un examen de routine.

Vous êtes un ou une SENIOR et probablement vous avez le diabète ou simplement pris beaucoup de soleil dans votre vie. Comme bien d'autres personnes, vous aurez à vous faire opérer rapidement pour ne pas perdre l'usage de votre œil.

C'est ce qui m'est arrivé récemment. Après un examen de routine, la cataracte de l'œil droit détectée à ses débuts il y a deux ans, a envahi le centre de l'œil et mon cristallin devenait de plus en plus opaque. Je vois toujours de mon œil, mais la fluidité n'est plus là ; je vois de moins en moins bien et la différence est visible si je le compare à la vision de mon œil gauche.

La décision fut vite prise. Mon dossier a été envoyé à un centre spécialisé en ophtalmologie de l'Hôpital Saint- Sacrement et quelques semaines après, je recevais le verdict de l'ophtalmologiste : remplacement du cristallin (que l'on appelle aussi lentille de l'oeil, dans le jargon populaire).

Après plusieurs formalités concernant l'état de ma santé et la prise de mes médicaments, j'étais opéré juste avant le début de l'été. L'opération en elle-même est simple et sans douleur : environ une demi-heure et j'étais à nouveau libre de mes mouvements. L'opération se déroule comme suit: couché sur le dos, le chirurgien gèle votre œil, utilise les ultra-sons pour détruire le cristallin opaque et enlève les morceaux après avoir fait une petite incision. Ensuite, il insère un nouveau cristallin artificiel avec correction de votre myopie et il ne vous reste qu'à attendre la guérison qui prend environ un mois, si l'on tient compte des examens de contrôle.

Dès la fin de l'opération, je n'avais plus qu'un gros MERCI à dire au Dr Gilles Lalonde et à tout le personnel médical pour toute l'expertise et la compétence avec lesquelles ils m'avaient opéré. Je vois maintenant avec mon oeil droit comme lorsque j'étais tout jeune, avant que je porte des lunettes à l'adolescence. Je dirais que c'est franchement miraculeux comme résultat.

C'est suite à ce genre de résultats que l'on se rend compte qu'il y a des professions, principalement dans le domaine de la santé, qui n'ont pas de prix tellement notre existence même est en jeu. Je viens de le vivre.

Philomage

PLUS D'INFORMATION

La Cataracte fait référence à une opacification du cristallin, la "lentille" qui se trouve derrière l'iris, et s'avère l'une des causes les plus fréquentes de cécité dans les pays industrialisés (et la première en absolu dans les pays en voie de développement). Dans la majorité des cas, elle est liée à un processus normal de vieillissement, mais peut être traitée par chirurgie avec d'excellents résultats.

Epidémiologie : L'opacification du cristallin (perte de transparence) est un phénomène lié au vieillissement, entre autres, et chez 5-10% de la population de plus de 70 ans, une intervention chirurgicale est nécessaire.

Mécanisme physiopathologique : avec l'âge, le contenu en eau du cristallin diminue et des protéines et des sucres s'accumulent, ce qui va provoquer une baisse de sa transparence et des troubles de la vision chez le patient. Dans la majeure partie des cas, la cataracte est liée au vieillissement, mais d'autres causes existent : la prise de corticoïdes, la dialyse, certaines dystrophies musculaires et des maladies métaboliques (Galactosémie, maladie de Fabry)... de plus, certains facteurs comme le diabète interviennent dans l'atteinte du cristallin. D'autre part, des bébés peuvent naître avec une cataractSymptômes cliniques : Le patient atteint de cataracte va se plaindre d'une baisse progressive de sa vision qui va devenir floue. De plus, selon la localisation de l'opacité cristallinienne, la personne aura de la peine à voir de près (lecture) ou de loin (télévision). A noter que la cataracte est à différencier de l'hypermétropie et de la myopie, et aussi de la presbytie (difficulté d'accomodation liée à l'âge) lors de laquelle le patient va tendre les bras pour lire son journal...
Prise en charge et traitement : Un contrôle régulier chez un ophtalmologue est souhaité afin que ce dernier puisse objectiver la cause d'un changement progressif de la vision. Si la baisse de l'acuité visuelle devient gênante pour le patient, on peut songer à une intervention chirurgicale qui se fait généralement en ambulatoire ou éventuellement avec une brève hospitalisation.

L'opération, qui est la plus pratiquée par les chirurgiens ophtalmologues, dure environ 30 minutes et se révèle totalement indolore puisqu'on met des gouttes anesthésiantes dans les yeux du patient, qui ne subit donc généralement pas d'anesthésie générale (sauf s'il s'agit d'un enfant ou si le patient ne peut tenir en place). Le cristallin est enlevé et remplacé par un implant.

Parmi les complications, on citera l'apparition d'une cataracte secondaire dans 20% des cas (après 5 ans) par prolifération d'un tissu fibreux qui peut cependant être complètement ôté par un traitement laser, rapide et indolore également.e (congénitale), liée à un caractère héréditaire ou une infection in utero (rubéole, oreillons...).

VOUS VOULEZ EN SAVOIR PLUS SUR CE GENRE D'OPÉRATION, RENDEZ-VOUS À L'ADRESSE SUIVANTE :

http://www.myopie-lasik.com/cataracte%20-%20tec.html

RD

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Dossier, résidences pour personnes âgées

RÉSIDENCES PRIVÉES et PUBLIQUES POUR PERSONNES ÂGÉES

QUELQUES STATISTIQUES DE LA SCHL EN 2010

  • 2 199 établissements au Québec ayant une certification
  • Le taux d'inoccupation des résidences pour personnes âgées est de 8,4 %
  • Les résidences pour personnes âgées du Québec comptent près de 95 000 places dont le loyer moyen est de 1 400 $ par mois.

La bonne résidence pour ses parents

(Article d'Emmanuelle Gril . Affaires PLUS . 01-04-2010)

Trouver une résidence pour un parent âgé peut devenir un parcours du combattant. Voici quelques conseils pour vous aider à vous y retrouver.

Depuis quelques mois, votre père ressent une fatigue générale, si bien qu'il a perdu l'envie d'entretenir son terrain. Votre mère, elle, s'ennuie et aimerait faire des activités avec des personnes de son âge. Le moment que vous redoutiez est peut-être arrivé : celui de proposer à vos parents de déménager dans une résidence.

C'est délicat, en effet. Après tout, combien de fois avez-vous entendu votre père pester contre ces " parkings " sans âme. De plus, il leur faudra vendre leur maison et se défaire de plusieurs meubles et souvenirs. Ils devront aussi accepter l'idée de vivre dans un logement plus petit. Souvent, cette transition n'est pas une partie de plaisir, mais bien planifiée, elle peut se faire en douceur.

CERNER LES BESOINS

Au Québec, la moyenne d'âge de l'entrée en résidence est de 78 à 80 ans. " La perte d'autonomie est ce qui motive les gens à s'installer en résidence, explique François Théôret, directeur général de Visavie, une agence spécialisée qui aide les personnes âgées à trouver une place en résidence. Mais ce n'est pas la seule raison. D'autres n'ont tout simplement plus envie d'entretenir leur maison et souhaitent couler des jours tranquilles dans un environnement sécuritaire. "

Quand vous entamez votre démarche, il est important de connaître le degré d'autonomie de vos parents. Celui-ci aura une incidence sur le type de résidence qui leur conviendra le mieux. Vous pouvez demander un rapport d'évaluation d'un travailleur social sur le nombre d'heures de soins auxquels vos parents auront droit en vous adressant au CLSC. Il y a des délais. Vous pouvez aussi requérir les services d'un travailleur social privé ; cela vous coûtera de 500 à 800 dollars.

Autre possibilité : communiquez avec un conseiller en hébergement. Ceux-ci ont généralement l'expertise nécessaire pour évaluer globalement les besoins. " Nous rencontrons la personne âgée dans son environnement. Cela nous donne des indications qui permettent de prévoir certaines choses à l'avance : par exemple, si elle éprouve des problèmes à se déplacer, il est fort probable que dans quelques mois, elle aura besoin d'aide pour l'hygiène, car elle ne pourra pas se rendre à temps à la salle de bain. Il faudra donc prévoir une résidence où ce type de service est offert ", explique Claude Roy, directeur général d'Aîné411-Réseau hébergement Québec, une autre agence-conseil.

Toutefois, ce n'est pas une bonne idée de diriger votre parent vers une résidence qui dispense plus d'heures de soins que nécessaire, souligne France Caron, conseillère en hébergement chez Géronto-Logis. L'autre piège à éviter : louer un appartement trop cher, de telle façon que l'on ne disposera plus du budget nécessaire pour défrayer les soins requis le moment venu.

COMBIEN ÇA COÛTE ?

Il faut distinguer le réseau public du réseau privé. Dans le réseau public, on retrouve les pensions familiales, les centres d'accueil pour personnes semi-autonomes, ainsi que les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) pour celles qui nécessitent trois heures de soins et plus par jour.

Dans le réseau privé, il y a de tout pour tous : résidence de type pension de famille ou complexe de luxe, petite ou grande résidence, pour personnes autonomes ou en perte d'autonomie, CHSLD privés... Les choix sont nombreux, d'où la difficulté de s'y retrouver.

Le réseau public n'est pas gratuit pour autant. Les prix sont fixés selon la capacité de paiement de l'individu : par exemple, il en coûtera environ de 1 300 à 1 800 dollars par mois, soins et repas compris, pour une chambre dans un CHSLD. Vos parents n'ont pas d'argent ? Ils peuvent obtenir une place dans un tel établissement, cependant, la totalité de leur pension de retraite mensuelle sera prélevée (même si cela représente moins que le prix plancher du réseau public), moins la somme de 200 dollars par personne qui leur sera allouée pour leurs dépenses personnelles.

En résidence privée, les fourchettes de prix varient selon le type de résidence et la grandeur de l'appartement. Selon Claude Roy, il faut s'attendre à payer entre 700 et 2 000 dollars pour une chambre, ce qui peut aussi comprendre des soins (aide au bain, gestion de la médication, aide au déplacement, etc.) et les repas de style familial. " C'est dans cette catégorie que les prix varient le plus. En moyenne, si on exclut les résidences de luxe, on doit compter environ 1 000 dollars ", souligne-t-il. Pour un studio, les prix se situent dans une fourchette de 700 à 1 800 dollars, et pour un 2 1/2, de 900 à 1 800 dollars. En dehors des grands centres urbains, l'écart peut être d'environ 200 dollars de moins par mois sur le prix du loyer. À cela, il faudra ajouter les repas et les soins.

LA VISITE

Vous avez repéré quelques endroits susceptibles de répondre aux besoins de vos parents et qui conviennent à leur budget. Idéalement, vous aurez arrêté votre choix sur trois ou quatre résidences.

Soyez très attentif à certains indices révélateurs : les résidents sont-ils souriants et volubiles ? L'entretien des lieux est-il irréprochable ? Le personnel est-il courtois et attentif aux besoins des résidents ? Les repas semblent-ils appétissants, et les menus variés ? " Pour vous faire une meilleure idée, demandez à prendre un repas à la salle à manger ", conseille Yves Desjardins, PDG du Regroupement québécois des résidences pour aînés. Cela vous permettra également de nouer des conversations avec vos voisins de table pour connaître leur impression sur la vie à la résidence. " Je préconise une visite attentive. La personne devrait prendre le temps de s'asseoir, d'évaluer comment elle se sent dans cet environnement, de discuter avec les résidents ", poursuit-il.

Au moment de signer le bail, informez-vous sur les conditions de sa résiliation, au cas où votre parent devrait être hospitalisé, transféré dans une autre résidence, ou s'il mourait, suggère René Lévesque, directeur d'Horizon du Bel-âge, un conseiller en résidences privées.

RESSOURCES EN SERVICES-CONSEILS POUR TROUVER UNE RÉSIDENCE PRIVÉE :

Centre Visavie : www.visavie.com

Aîné 411-Réseau hébergement Québec : www.aine411.org

Géronto logis : www.gerontologis.com

Horizon du Bel-âge : www.horizondubelage.com

UNE FACTURE QUI GRIMPE VITE

Au coût de l'hébergement, il faut ajouter les frais des repas, des soins et de divers services. Ici, la calculette est importante : vous pourriez facilement dépasser votre budget.

Deux éléments font rapidement monter la facture dans les résidences privées : les repas, mais surtout les soins.

En ce qui concerne les repas, le logement peut comprendre une cuisinette. Cela permet au résident de préparer quelques repas, à tout le moins le petit déjeuner, car il n'aura pas nécessairement envie de s'habiller pour descendre à la salle à manger tôt le matin.

S'il désire prendre ses deux repas à la salle à manger de la résidence, alors il lui faudra débourser environ de 350 $ à 450 $ pour trois repas par jour. On peut aussi acheter des blocs repas, à raison de 70 $ à 80 $ pour dix coupons.¸

Pour ce qui est des soins, un certain nombre d'heures de soins peuvent être comprises dans le prix de base des résidences pour personnes semi-autonomes, soit environ 1h 30 par jour, pour de l'aide au bain, à l'hygiène, à la prise de médicaments, etc. Au-delà, les soins sont facturés à la demi-heure. Là encore, la facture peut être salée : 300 $ de plus par mois en moyenne par tranche de 30 minutes supplémentaires par jour.¸

Plusieurs résidences offrent aussi les services à la carte, et facturent un montant mensuel qui correspond aux soins demandés. Cela peut facilement atteindre jusqu'à 200 $ et plus par mois.

À L'HEURE OU À LA CARTE

Vous devez aussi ajouter les coûts des services. Par exemple, l'entretien ménager, la gestion de la médication, l'aide au déplacement et à la sortie du lit, l'aide au bain, l'aide à l'habillement, les soins d'hygiène, l'encadrement pour personnes qui souffrent de pertes cognitives, etc.

En moyenne, pour l'entretien ménager aux deux semaines, il faut compter 60 $ par mois. Pour la gestion de la médication, 50 $ par mois pour une aide une fois par jour. Votre père peut prendre des médicaments quatre fois par jour? La facture peut grimper jusqu'à 150 $ par mois. Votre mère a besoin d'aide pour s'habiller le matin? Ajoutez 50 $ de plus par mois pour une aide une fois par jour.

« La demande la plus fréquente est celle de l'entretien ménager, de la gestion de la médication et de l'aide aux soins d'hygiène », dit François théorêt. Ce type de formule convient aux personnes semi-autonomes.

Si les besoins du résident sont plus importants parce qu'il est en perte d'autonomie et nécessite davantage d'encadrement, il sera sans doute plus avantageux pour lui d'opter pour la formule des blocs de soins plutôt que pour les services à la carte. Dans ce cas, les soins seront facturés par tranches de demi-heures.

SAVIEZ-VOUS QUE…

Le gouvernement provincial donne un crédit d'impôt remboursable pour le maintien à domicile des personnes de plus de 70 ans. Il équivaut à 30 % des dépenses liées à certains services de soutien à domicile. La limite des dépenses admissibles est de 15 600 $ par an pour une personne autonome, et de 21 600 $ par an pour une personne non autonome. Le crédit maximal est de 4 680 $ dans le premier cas et de 6 480 $ dans le second cas. On peut faire une demande de versements anticipés et recevoir un chèque chaque mois. Voir www.revenu.gouv.qc.ca/fr/citoyen/clientele/aines/maintien_domicile/

À LIRE

« Vivre en résidence privée pour personnes âgées, Comment faire un choix éclairé et judicieux », Isabelle Déry et Gilles Savard, Publications du Québec, 1997

DES RÉSIDENCES EN QUÊTE DE CLIENTÈLE

Le taux d'inoccupation des résidences pour personnes âgées a augmenté légèrement au Québec en 2010. Selon l'enquête qu'a menée en février la Société d'hypothèque et de logement, le taux d'inoccupation des places standards, soit les places pour personnes ayant besoin de moins d'une heure et demie de soins médicaux par jour, a atteint 8,4 % en février 2010, comparativement à 7,9 % à la même période en 2009.

C'est dans le segment des chambres que le taux a le plus augmenté. Il atteint 10.1 % cette année comparativement à 8,9 % en 2009.

Du côté des appartements, les taux d'inoccupation sont demeurés relativement stables : ils s'élèvent cette année à 8,5 % pour les studios et à 7 % pour les appartements comportant au moins une chambre. La SCHL, explique la situation par le fait que l'offre d'hébergement a augmenté plus rapidement que la demande.

Selon Kevin Hughes, économiste principal à la SCHL, le secteur de la construction est parvenu au cours de la dernière décennie à répondre à l'accroissement de la demande potentielle de la population âgée de 75 ans et plus.

« Mais en raison du recul des naissances durant les années de la grande dépression, la province amorce une période de ralentissement de la croissance démographique dans ce même groupe », note-t-il.

Par contre, le marché des chambres avec soins assidus, soit les places où les résidents reçoivent plus d'une heure et demie de soins médicaux par jour, s'est resserré. Il est ainsi passé de 11,7 % en 2009 à 7,1 % cette année. D'une région à l'autre, les résultats diffèrent grandement pour les places standards.

DIFFÉRENCES RÉGIONALES

Comme l'an dernier, c'est la région du Saguenay qui affiche le plus faible taux d'inoccupation des places standards (3,4 %) parmi les six régions métropolitaines de recensement du Québec, et c'est celle de Gatineau qui est aux prises avec le plus élevé (21,3 %).

Les résultats enregistrés dans les régions de Montréal, Québec et Sherbrooke s'apparentent à la moyenne provinciale, tandis que Trois-Rivières se démarque, avec un taux de 5,1 %.

La province compte près de 95 000 places de résidences pour personnes âgées, dont 40 % sont des chambres avec pension. Les places standards comptent pour près de 94 % de l'ensemble, alors que les places avec soins assidus représentent 5 %.

LES LOYERS

L'enquête de la SCHL a aussi permis de déterminer le coût des loyers. Ainsi, en 2010, le loyer moyen s'établit à environ 1 400 $ par mois pour une place standard.

Les loyers sont plus élevés dans les grands centres. Les régions de Gatineau, de Montréal et de Québec sont les seules où le loyer d'une place standard dépasse la moyenne provinciales. L'écart peut s'expliquer par le nombre plus élevé, dans les grands centres, de résidences de construction récente offrant davantage de services et de commodités, selon la SCHL.

Ailleurs, les loyers s'apparentent à la moyenne provinciale. Le taux d'inoccupation des places standards est plus haut dans la fourchette de loyers supérieure de 900 $ et moins (10,4 %). Dans les autres fourchettes de loyers, le taux d'inoccupation se situe entre 7 % et 9 %.

RD

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samedi, juin 26, 2010

 

L’AVC, un accident brutal

Une personne victime d'un AVC se retrouve du jour au lendemain dans un monde qui lui est totalement étranger, où les gens ne parlent plus la même langue qu'elle, mais aussi dans un corps qui lui est devenu inconnu et qu'il ressent comme une prison.

PHOTO: CHRISTIAN HARTMANN, ARCHIVES REUTERS

OPINION : Vito Bucari et SA RÉACTION FACE AU RÉCENT DRAME DU JUGE JACQUES DELISLE

L'auteur est directeur adjoint du Groupe Relève pour personnes aphasiques.

La Presse

Je ne peux rester insensible en lisant les commentaires sur l'arrestation du juge Jacques Delisle à la suite du drame qui s'est vécu à son domicile. En tant que responsable d'un organisme à but non lucratif qui a pour but de venir en aide aux personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC) et vivant avec les handicaps qui en découlent, je ne peux avoir qu'un regard de compassion envers les deux victimes.

Oui, je dis bien les deux victimes, car en matière d'AVC, les dommages collatéraux sont innombrables.

Je ne peux pas voir le juge Delisle comme un monstre qui a prémédité le meurtre de sa femme et l'a sournoisement perpétré. Au sein de notre organisme, nous avons à être témoins, bien plus souvent que nous le voulons, de drames familiaux causés par l'AVC.

L'AVC est un accident. Ce n'est pas une pathologie qui s'installe tranquillement avec le temps, laissant ainsi à la victime et à la famille le loisir de s'habituer aux combats à venir. Non, il frappe comme un accident de la circulation. Nous ne sommes pas prêts à en subir un et nous avons toujours tendance à penser que cela n'arrive qu'aux autres.

Les séquelles d'un AVC sont proportionnelles à la violence (professionnellement, nous dirions la sévérité) de l'accident. On peut s'en sortir indemne ou légèrement affecté, mais on peut tout autant perdre toutes ses facultés, que ce soit au niveau de la parole et de la communication qu'au niveau de la motricité. Bien souvent, la victime aura à apprendre à se déplacer avec une canne ou une marchette et à se servir du seul bras qui lui reste, quand ce n'est pas une paralysie totale des membres inférieurs qui nécessite l'utilisation d'un fauteuil roulant.

Ainsi, une personne qui a été victime d'un AVC se retrouve du jour au lendemain dans un monde qui lui est totalement étranger, où les gens ne parlent plus la même langue qu'elle, mais aussi dans un corps qui lui est devenu inconnu et qu'il ressent comme une prison. C'est le plus grand drame qu'une personne puisse vivre, car il n'y a pas beaucoup de chances d'évolution et que la problématique, même si elle a tendance à s'estomper avec le temps selon les cas, demeure irréversible.

Ainsi, vous comprendrez pourquoi je parle de deux victimes. Dans la voiture qui frappe le mur, le passager ne s'en tire pas indemne; dans le cas d'un AVC non plus. Imaginez un couple, aimant, travaillant, ayant oeuvré toute sa vie pour acquérir ce qu'il a et qui a plein de projets d'avenir. Après l'AVC de l'un, l'autre se retrouve dans le désarroi le plus complet, car le médecin vient de lui annoncer que la vie du couple sera désormais un combat permanent et qu'il n'y aura pas d'issue autre que l'issue fatale.

Pendant que la victime reçoit les premiers traitements et soins dans les milieux spécialisés, l'autre se transforme en chercheur de ressources qui sont inexistantes ou si peu existantes. Tant que la victime est hospitalisée ou dans un centre de réadaptation, son conjoint ne ressent pas encore le poids de tout ce qu'il aura à vivre.

C'est quand tout le monde regagne la résidence que tout se complique. Monter les escaliers pour accéder à l'entrée est un premier obstacle, puis tout dans la maison se révèle inadapté; les portes sont trop petites, la chambre à l'étage, aller aux toilettes relève de la performance et ainsi de suite.

Mais ce qui est le plus difficile à endurer est le fait de vivre ensemble sous le même toit, mais à des kilomètres de compréhension l'un de l'autre. Tandis que l'un recherche désespérément ses mots et les moyens d'exprimer comment il a mal, combien il souffre dans son corps et dans son être, comment il se sent perdu, l'autre doit apprendre à deviner, anticiper et improviser des solutions, vivre sa peur et son angoisse chaque fois qu'il doit s'absenter de la maison pour les besoins domestiques.

Dans la non-vie et le vide qui s'installent entre les deux personnes, plus de place pour le plaisir, plus de place pour le loisir, plus de place pour le répit, l'un attend de l'autre tout ce que la vie lui a supprimé et l'autre ne vit plus pour lui, mais devient le gardien vigilant et quelquefois impuissant de celui qui avant lui souriait, l'aimait et partageait. Et encore une fois pas pour un mois ou deux, ou même un an de convalescence, mais pour la vie entière.

Tout ceci vous paraît exagéré? Pensez-vous que c'est extrait d'un roman de Zola? Hélas, non! Je n'ai jamais rencontré le juge Delisle et pourtant je le connais bien. Il fait partie de cette catégorie de personnes que le gouvernement a classé sous un terme: le proche aidant. Chaque membre aphasique qui fréquente notre centre a près de lui son proche aidant vers qui nous portons une attention toute particulière. Nous avons appris à connaître les signes de leur détresse et nous avons compris qu'il fallait aller au-devant d'eux, car eux sont bien souvent incapables de demander de l'aide.

Le temps que les membres passent au centre leur permet de respirer, non pas comme une personne qui retrouve un peu de liberté, mais comme une personne qui est en train de se noyer et à qui nous permettons de prendre une bouffée d'air.

Tous égaux devant la détresse

Ces dernières semaines, le gouvernement a mis en place des programmes et tente d'investir beaucoup d'argent pour soulager les proches aidants, mais la tâche est énorme en raison du retard accumulé. Lorsque l'un d'eux demande de l'aide au CLSC près de chez lui, on lui répond dans la plupart des cas qu'il y a une liste d'attente de six mois pour des soins à domicile. Si on est une personne ayant des revenus, c'est mission impossible.

Nous vivons dans un monde où seul le côté matériel est pris en compte. On n'a pas le temps de s'occuper de la détresse intellectuelle ou affective. On n'en a pas les moyens ni les ressources. Pourtant, cela ne diminue en rien les besoins du couple qui vit la détresse d'un AVC, puis d'un handicap sévère. Cela n'a diminué en rien la détresse du couple Delisle qui restait confronté à tous les problèmes et toutes les souffrances que doivent endurer ceux qui sont frappés par un AVC.

Alors, de grâce, ne soyons pas mesquins. J'ai lu des commentaires qui m'ont profondément blessé en tant qu'humain, mais aussi en tant qu'intervenant auprès des personnes ayant subi un AVC et leur famille.

On demande que le juge Delisle soit jugé comme tout autre citoyen; ce n'est pas un citoyen comme tout le monde, non pas parce qu'il est juge, mais parce qu'il a vécu un drame et que sa vie n'a plus été celle de tout citoyen.

Si nous sommes tous égaux devant la loi, nous devrions tous être égaux devant la détresse de ceux qui nous entourent. Ou du moins être solidaires. Jusqu'à présent, les suites de l'AVC n'ont jamais eu l'attention de quelconque gouvernement. Lorsque la personne quitte l'hôpital, il est jugé être en progrès suffisant pour rentrer chez lui ou avoir droit à des séances de réadaptation; il échappe ainsi à toutes les statistiques.

Quant à savoir si le juge Delisle va ternir l'image de la magistrature, je m'en moque. Comme si le fait d'être un magistrat transformait l'homme en une espèce de machine dénuée de tout sentiment, de compassion, de faiblesse et de miséricorde.

Tous les propos que j'ai entendus ou lus jusqu'à présent puisent leur source dans le fait que M. Delisle est un juge. Si c'était un citoyen quelconque, il y aurait eu juste un article oublié le lendemain. Il aurait dû se suicider ensuite, et là, tout le monde n'aurait considéré que le bon côté des choses. Un drame compréhensible de plus. En l'occurrence, M. Delisle a deux grands handicaps: il est juge et il est en vie.

COMMENTAIRE DE PHILOMAGE

Il faut avoir vécu soi-même un drame familial semblable à ce qui est arrivé au juge Jacques Delisle pour bien comprendre toutes les implications d'un tel événement. Quand il faut vivre avec les séquelles résultant d'un accident de la route, de la paraplégie, d'une perte d'autonomie, d'un AVC, en bref, une incapacité partielle ou totale de prendre soin de soi-même ou de son autonomie personnelle, tout l'entourage familial est mobilisé. Et ça ne fonctionne pas nécessairement bien. Le couple en prend un coup! Parce que c'est une situation sans issue. En effet, qui peut supporter facilement un proche, dont on sait pertinemment qu'il n'y aura pas de fin avant des années et des années de dépendance et de souffrance mentale ou physique? La personne atteinte par un tel drame devient un poids et exige à tous les jours un esprit d'abnégation pour l'aider à supporter sa douleur ou un profond sentiment religieux. Chacun d'entre nous n'a qu'une vie à vivre! Et face à de tels drames, on ne peut nier cette réalité. Même le possible n'est pas suffisant dans la plupart des cas.

Le meilleur semble être l'implication d'une personne neutre, un soignant non engagé émotivement dans la situation de détresse vécue par l'entourage de la personne handicapée et évidemment par la personne handicapée elle-même. Cela peut alors être perçu comme un travail ou un emploi consistant à s'occuper d'une personne non autonome qui exige des soins personnalisés, avec en retour une rémunération appropriée. Était-ce possible dans le cas du juge Delisle? Les développements de l'enquête judiciaire et les faits qui seront rapportés au procès permettront sans aucun doute d'apporter des éclaircissements sur le sujet. Pour l'instant, personne ne peut se permettre de porter un jugement tranché dans les circonstances.

COMPTE TENU DU DÉBAT ACTUEL SUR L'EUTHANASIE ET LE SUICIDE ASSISTÉ AU QUÉBEC, LE CAS DU JUGE DELISLE POURRAIT ÉVENTUELLEMENT FAIRE JURISPRUDENCE. Y AURAIT-IL PENSÉ LUI-MÊME? QU'EN PENSEZ-VOUS?

RD

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vendredi, juin 25, 2010

 

Troisième heure: Vieillir et se réaliser pleinement


Art de vivre

« Par 4 chemin », l'émission de Jacques Languirand, du 2 janvier 2010 porte sur un livre très intéressant : « Vieillir et se réaliser pleinement ». Écoutez son émission à l'adresse suivante :

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2010/CBF/Par4Chemins201001022206.asx

« S'inspirant de faits vécus, Joan Chitister aborde de front ce que signifie vieillir, être plus vieux, devenir un aîné dans la société. Elle le fait à partir de thèmes comme la solitude, la nostalgie, les souvenirs, le temps qui passe ou les croyances religieuses. Pour l'auteur bien connue pour son franc-parler, il est important que l'âge ne fasse pas obstacle à la force d'attraction de la vie. Vivre n'est pas que subsister. (rediffusion) »

Comment obtenir ce livre ? Voir à l’adresse suivante :

http://www.livresquebecois.com/livre.asp?id=isdugisdabugbwab&/vieillir-et-se-realiser-pleinement/joan-chittister

24,95 $

Description
S'inspirant de faits vécus, Joan Chittister aborde de front ce que signifie vieillir, être plus vieux, devenir un aîné dans la société. Elle le fait à partir de thèmes comme la solitude, la nostalgie, les souvenirs, le temps qui passe ou les croyances religieuses. Pour l'auteure bien connue pour son franc-parler, il est important que l'âge ne fasse pas obstacle à la force d'attraction de la vie. Vivre n'est pas que subsister. Vivre, c'est se réaliser pleinement, quels que soient son occupation, son âge, son rang dans l'échelle socioéconomique. Ce livre s'adresse à ceux et celles qui sont au bord de la «vieillesse» et qui, se sachant jeunes et en santé, en sont des plus surpris. Ce livre s'adresse également à ceux et celles qui ne se «sentent» pas vieux, mais qui se découvrent brusquement plus vieux qu'ils n'avaient jamais pensé pouvoir le devenir. Il s'adresse enfin aux adultes — aidants naturels ou professionnels de la santé — qui veulent se pencher sur les effets graduels du processus de vieillissement. Moniale bénédictine, Joan Chittister a présidé la Conférence des supérieures religieuses des États-Unis (LCWR) et dirige aujourd'hui un Centre d'information et de recherche en spiritualité contemporaine. Ses prises de position courageuses, la qualité de son témoignage et son souci de vulgarisation en font une auteure largement connue et appréciée. Les Éditions Bellarmin ont déjà publié d'elle Le feu sous les cendres, Vivre dans la lumière, Ce que je crois, De l'épreuve à l'espérance, Au coeur du monde et L'amitié entre femmes.

JE NE PEUX QUE VOUS RECOMMANDER CE VOLUME, SUITE À L'ÉCOUTE DE CETTE ÉMISSION.

RD

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Belle fin de carrière pour une brigadière

UNE HISTOIRE QUI FINIT BIEN POUR UNE FUTURE RETRAITÉE.

Article de Silvia Galipeau, La Presse

Photo André Pichette, La Presse

C'est une fin des classes bien particulière pour Marie Jeanne Gaudette, cette année. Hier, les fleurs, les cadeaux, les dessins, même les larmes étaient au rendez-vous. C'est que Marie, alias Marie-Bonbons, la brigadière la plus populaire du quartier, prend cette année sa retraite.

Après 20 années à faire traverser les enfants au même coin de rue, angle Berri et Roy, dans le Plateau, elle a décidé enfin de... s'asseoir !

«Oui, bien sûr, je vais m'asseoir. Mais vous savez, c'est incroyable, émouvant, se sentir aimée comme ça. Les gens ont été tellement charmants avec moi, c'est extraordinaire.»

Hier matin, la conversation a été interrompue par une foule de passants, des habitués du quartier, tous venus lui rendre hommage. «Bon été, Marie !» «C'est aujourd'hui ton dernier jour ?» «Au revoir, madame !»

Certains avaient préparé des dessins, des cadeaux, des marguerites. Et elle, fidèle à son habitude, distribuait des bonbons à «ses» enfants comme cadeau de fin d'année. Religieusement, comme à l'Halloween ou à Noël, comme par magie, elle sort (d'où, d'ailleurs, sort-elle tous ces bonbons ?) une gâterie de derrière son dos et ensoleille la journée d'un enfant. Ne vous demandez pas, après, pourquoi ils veulent tous faire le détour par son coin de rue...

C'est en décembre 1991 que la dame, dont le mari vient alors de perdre son emploi, décide de devenir brigadière. «Parce que j'adore les enfants», dit-elle. Depuis, beau temps, mauvais temps, elle se lève à 5h. Tous les matins. D'août à juin. Un peu moins d'une heure plus tard, elle se rend à l'école au Pied-de-la-Montagne, se préparer. Puis, de 7h30 à 8h45, elle fait traverser les enfants, ici, au coin nord-est de la rue.

Pendant près de 10 ans, avec quatre autres brigadiers, elle a aussi passé ses journées à l'école pour donner «un coup de main» : faire des casse-tête avec les enfants, couvrir des livres, aider où elle pouvait en attendant le quart du midi, de 11h à 13h, et celui de l'après-midi, de 15h à 15h45.

Bouleversements

Les premières années, les enfants étaient nombreux à traverser la rue avec Marie. «Jusqu'à 20 ou 25 tous les matins», se souvient-elle. Maintenant, elle en compte à peine 15. «Et le midi, il n'y en a pratiquement plus.»

«D'année en année, il y a eu plusieurs déménagements, on a fermé une école, explique-t-elle. Le midi et le soir, beaucoup d'enfants restent au service de garde, maintenant.»

Par contre, les nouveau-nés, ça, ça ne manque pas. Qui a dit que les Québécois ne font plus de bébés ? demande-t-elle. Marie est un témoin de première ligne du mini-baby-boom actuel. «Plus les années avancent, et plus je vois des poussettes !»

Il faut dire que la brigadière a été témoin de plusieurs bouleversements dans le quartier. L'embourgeoisement du coin, par exemple. Mais ça ne change rien pour elle. «Parce que, ici, il y a deux écoles, une plus à l'aise, une moins à l'aise. Et avec moi, tout le monde a toujours été à l'aise.»

Et les enfants, eux, en 20 ans, ont-ils changé ? «Je les trouve plus gâtés.» Au sens positif du terme, nuance-t-elle : pas gâtés pourris, mais plus écoutés. «Les parents sont plus patients, je trouve qu'ils leur donnent plus d'attention.» Elle montre le parc, de l'autre côté de la rue. «Vous voyez la dame, là-bas, avec ses trois enfants ? Elle vient ici tous les matins, au parc, avant d'aller à la garderie. C'est ce que je veux dire : les parents donnent plus d'attention à leurs enfants, aujourd'hui.»

Quant à elle, «elle a toujours été fidèle au poste», commente une passante, Agathe Sauvé, médecin de famille dont la clinique se trouve un peu plus haut, rue Roy. Marie a «traversé» sa fille, puis son petit-fils, pendant des années. «Marie, c'est comme une figure de village», résume-t-elle, visiblement émue. Une figure du village qui s'en va...

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Allemagne: euthanasie passive renforcée

La justice allemande a renforcé aujourd'hui le droit à l'euthanasie passive avec un jugement qui devrait faire date dans un pays où le débat est plombé par le souvenir des programmes d'eugénisme du IIIe Reich.


Dans un jugement très attendu et appelé à faire jurisprudence, la Cour fédérale de justice a estimé que l'interruption des soins maintenant en vie un malade contre son gré n'était pas punissable. Le souhait exprimé de ne pas être maintenu en vie artificiellement doit avoir un "effet contraignant", a décidé la plus haute instance juridique allemande, qui siège à Karlsruhe (sud-ouest).

Elle a acquitté un avocat qui avait conseillé à une femme de couper la sonde alimentaire maintenant sa mère en vie depuis cinq ans, tombée dans le coma après une hémorragie cérébrale. Or la septuagénaire avait expressément demandé à ne pas être maintenue en vie artificiellement. L'avocat avait été condamné à neuf mois de prison avec sursis mais la fille de la victime avait été acquittée, le tribunal estimant à l'époque qu'elle avait été "induite en erreur" par son avocat.

La ministre de la Justice, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, a salué ce jugement et estimé qu'il "ne pouvait y avoir d'obligation de traitement contre le volonté humaine".

"La décision d'aujourd'hui donne un cadre juridique sûr" qui permet de différencier "l'euthanasie passive et l'euthanasie active interdite", a-t-elle commenté. De son côté, l'Église protestante a souligné que "laisser mourir quelqu'un qui en a émis auparavant la volonté était non seulement justifié mais encore souhaité".

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lundi, juin 21, 2010

 

Mieux gérer la santé est une urgence nationale

Pierre Fortin - Professeur à l'Université du Québec à Montréal Luc Godbout et Marc Van Audenrode - Professeurs à l'Université de Sherbrooke 19 juin 2010 Québec

VOICI CE QU'ILS PENSENT SUR LES GESTES À POSER LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE EN SANTÉ :

Selon le budget Bachand, les dépenses budgétaires du Québec en santé et en services sociaux atteindront près de 33 milliards de dollars en 2013.

Elles auront augmenté de 70 % en dix ans. Leur part dans les services publics atteindra alors 48 %, comparativement à 40 % en 2000 et à 31 % en 1980. Par la suite, la pression financière sur le budget de la santé va encore s'amplifier avec le passage à l'âge d'or de la vague des baby-boomers nés entre 1947 et 1962.

Nous avons évidemment le devoir absolu d'offrir à ces compatriotes les meilleurs soins possible. Mais cela va coûter cher: selon l'Institut canadien d'information en santé, une personne de 65 ans ou plus coûte en moyenne 10 000 $ par année au Trésor québécois. C'est six fois plus cher qu'une personne plus jeune.

On peut attaquer le problème de diverses manières. Augmenter les impôts et les taxes. Extraire plus de dividendes d'Hydro-Québec. Réclamer plus d'argent d'Ottawa. S'endetter encore plus. Forcer les autres postes de dépense à se «tasser» pour laisser plus de place à la santé. Toutes ces approches ont été essayées. Mais elles ont des limites. Des dépenses publiques de santé qui progressent au rythme de 6 % par année pendant que la richesse collective, elle, n'augmente que de 3,5 %, cela peut s'absorber pendant un temps, mais pas indéfiniment.

Reprendre le contrôle

Nous sommes d'avis que la seule solution viable au problème consiste à agir directement sur les dépenses publiques de santé. Il faut en reprendre sérieusement le contrôle et faire en sorte que leur croissance annuelle n'excède pas le taux de croissance de la richesse collective. Compte tenu du poids énorme de la santé dans le budget gouvernemental, c'est la viabilité des finances publiques dans leur ensemble qui est en jeu. Sans un ralentissement majeur et durable du budget de la santé, le Québec aura bien du mal à passer à travers la crise actuelle, et encore davantage à relever le défi du vieillissement.

Le problème, c'est que, si nos façons de faire actuelles restent inchangées, une croissance plus lente du budget de la santé équivaudra à une compression effective des services. En fait, les compressions sont déjà avec nous. Cette année, l'augmentation des dépenses de santé ne sera pas de 1,5 milliard comme d'habitude, mais de «seulement» 1,1 milliard.

Il faut donc se demander s'il est possible de réaliser ces compressions dans un cadre modifié qui nous permettrait d'améliorer la performance du système et de reprendre en même temps le contrôle de la facture. À cette question, nous répondons sans hésitation: yes, we can. La démonstration est facile à faire. Après les États-Unis, où comme on le sait les coûts de santé sont hors de contrôle, c'est au Québec que l'effort financier total des citoyens en santé est le plus important parmi tous les pays avancés. En 2008, nous avons consacré à la santé 12 % de notre revenu national, presque un dollar sur huit.

Performance globale

Même si les autres sociétés avancées dépensent une plus petite fraction de leur revenu que nous en santé, certaines ont néanmoins des systèmes nettement plus performants que le nôtre. La France et la Belgique, deux pays culturellement proches de nous, offrent des exemples intéressants. Bien que leurs populations soient plus vieilles, donc en principe plus coûteuses à soigner, les dépenses de santé en France et en Belgique sont inférieures aux nôtres (en dollars à pouvoir d'achat comparable). En 2007, c'était 4355 $ par habitant dans ces deux pays, contre 4420 $ au Québec. Cela n'a pas empêché l'Organisation mondiale de la santé de leur accorder de meilleures notes qu'à nous pour la performance globale de leurs systèmes de santé. L'OMS place le système français au premier rang mondial, le Canada au 30e rang et la Belgique quelque part entre les deux.

Les Belges ont accès à 74 % de plus de médecins par habitant que nous; les Français, à 45 % de plus. Imaginez un Québec où l'on aurait accès à 45 % de plus de médecins et où l'accès à un médecin de famille serait garanti sans délai! Dans ses hôpitaux de soins de courte durée, la Belgique met à la disposition de ses citoyens deux fois plus de lits que le Québec; la France en met 65 % de plus. Imaginez un Québec avec deux fois plus de lits d'hôpitaux et où les problèmes d'engorgement des urgences disparaîtraient parce que les patients seraient envoyés aux étages sur-le-champ!

Voir ailleurs

Comment les Belges et les Français parviennent-ils à faire mieux que nous sans que ça leur coûte plus cher? Ont-ils créé des systèmes à deux vitesses? Ont-ils renié les valeurs d'équité et de solidarité qui nous tiennent à coeur? Pas du tout. L'accès universel aux soins est une valeur aussi fondamentale pour eux que pour nous. L'État dispense chez eux 80 % des services de santé, contre 70 % chez nous.

Ces deux pays ont depuis longtemps établi des mécanismes d'évaluation rigoureux, dépolitisés et transparents, placé les incitants financiers aux bons endroits, favorisé les innovations locales, attaché les budgets des hôpitaux au nombre de patients soignés, accordé la priorité à la prévention et aux

services de première ligne, créé une émulation bénéfique entre le secteur public et un petit secteur privé, ouvert le privé à la pratique médicale à l'intérieur de certaines limites, etc. Il faut aller voir comment ces pays — et d'autres — font et nous inspirer de leurs pratiques. La clé de la réussite est là. Il n'y a aucun doute que nous pouvons faire mieux et payer moins cher, nous aussi.

Notre propos n'invente rien. Nous ne faisons ici que reprendre l'esprit des recommandations des rapports Clair, Ménard et Castonguay sur la santé remis au gouvernement entre 2000 et 2008. Avec le temps qui passe, les ratés du système qui se multiplient et le vieillissement qui approche, leurs recommandations commencent à prendre des allures d'urgence nationale. Le temps presse!

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Ils patinent ensemble depuis 80 ans

Vous pensez que votre mariage dure depuis longtemps, mais que diriez-vous d'être marié depuis 80 ans ?

Vital Émard et Jessie Perry, de Port Perry en Ontario, forment sans doute le plus vieux couple du Canada. Ils ont célébré récemment leur 80e anniversaire de mariage, en faisant ce qu'ils font depuis toujours L discuter de leur journée et se coucher sans être en colère.

« Ils ont fait ça tous les soirs », confirme Valerie Menzies, la fille du couple, qui a 63 ans. Vital Émard, d'origine canadienne-française a rencontré sa belle Jessie Perry lors d'un match de hockey à l'hiver 1930.

Vital jouait pour une équipe de hockey junior de Timmins, dans le ord de l'Ontario, lorsqu'il a remarqué Jessie Perry dans les gradins. Il s'était alors dirigé vers elle. « Je l'ai trouvée belle », raconte Vital, parvenu à l'âge de 102 ans.

Amoureux

Ils se sont mariés le 2 mai 1930, après seulement quelques mois de fréquentation. Le marié avait alors 21 ans et son épouse, seulement 16 ans. Il n'y avait que 4 invités à leur mariage.

« C'était un joueur de hockey et vous savez comment les filles sont attirées par les joueurs de hockey, raconte Jessie, 97 ans. C'était plus ou moins un pari. Deux autres jeunes filles ont dit que Vital allait patiner avec elles et j'ai dit : non, il vient patiner avec moi. » Les amoureux patinent ensemble depuis 80 ans maintenant. Le couple a quatre enfants, huit petits-enfants. » Elle a toujours travaillé dur pendant son mariage et mon père l'a toujours aimées après toutes ces années, » raconte sa fille.

Le record du plus long mariage appartient toujours à Herbert et Zelmyra Fisher de New Bern, en Caroline du Nord, qui sont mariés depuis plus de 86 ans. Le mari vient d'avoir 105 ans, alors que sa douce a 102 ans.

Source : Journal de Québec, QMI, 21 juin 2010

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samedi, juin 19, 2010

 

Travailleurs âgés: une main-d'oeuvre en demande


Article de Florent Francoeur

Au Québec, d'ici moins de cinq ans, le bassin de main-d'oeuvre, soit la population âgée de 15 à 64 ans, diminuera et les départs à la retraite ne seront plus compensés par l'arrivée de nouveaux travailleurs. Le vieillissement de la main-d'oeuvre et le besoin croissant de travailleurs qualifiés sont la nouvelle réalité du marché du travail. Les « têtes blanches » seront donc de plus en plus demandées dans les entreprises.

La pénurie de main-d'oeuvre, mais aussi la crise économique poussent les personnes âgées à demeurer sur le marché du travail.

Des stéréotypes bien ancrés...

Sauf que les préjugés envers les travailleurs âgés sont nombreux et tenaces : on dit qu'ils ne sont plus capables d'apprendre, qu'ils sont démotivés, qu'ils n'ont plus envie de progresser, que leurs habiletés sont désuètes, qu'ils sont moins productifs ou plus lents.

En conséquence, les employeurs hésitent à recruter et à former des employés qui franchissent le seuil de 45 ans. Voilà qui est paradoxal, quand on pense que l'un des deux principaux candidats à l'élection présidentielle américaine de 2008 était âgé de 72 ans...

Or, en contexte de pénurie de main-d'oeuvre, sachez que l'expérience des travailleurs expérimentés constitue une valeur ajoutée pour toute entreprise. D'ailleurs, les sondages démontrent que le degré et la qualité de l'engagement sont supérieurs chez les employés les plus âgés. Beaucoup d'entre eux seraient d'ailleurs intéressés à demeurer sur le marché du travail si on leur offrait des conditions qui les inciteraient à le faire.

Donc, les employeurs doivent s'adapter à cette nouvelle réalité du monde du travail. Pour attirer et conserver leurs employés vieillissants, ils doivent répondre aux besoins de ces travailleurs et bien connaître leurs caractéristiques, de façon à leur offrir des conditions assez attrayantes pour les attirer et les fidéliser.

Il faut aussi que les travailleurs les plus expérimentés puissent transmettre leurs compétences et leur savoir-faire aux travailleurs novices. On peut penser à des stages supervisés, au jumelage, au mentorat... Cette façon de faire permet aux aînés de relever de nouveaux défis et de sentir que l'expérience qu'ils ont acquise au fil des années est valorisée.

Les conditions de travail aussi peuvent être adaptées pour encourager les employés âgés à demeurer au service de l'entreprise. On peut penser aux pratiques flexibles sur le plan des horaires de travail et de l'organisation du travail : retraite progressive, télétravail, travail à temps partagé, à temps partiel, etc. On donnera ainsi à ces travailleurs plus de temps pour vaquer à leurs occupations personnelles ou voyager, la possibilité de rester à la maison quand les conditions météorologiques rendent les déplacements difficiles, etc. Se sentant mieux considérés par un employeur qui tient compte de leurs besoins, les travailleurs âgés seront alors poussés à s'impliquer davantage dans l'entreprise.

Contrairement à ce que certains peuvent penser, plusieurs études ont montré que de plus en plus de travailleurs souhaiteraient prolonger leur vie professionnelle si leur emploi leur permettait d'apprendre, de se perfectionner, d'explorer de nouvelles possibilités, bref de relever de nouveaux défis. On pourrait leur donner la possibilité d'obtenir de la formation, selon leurs besoins. Pensons notamment à l'utilisation des nouvelles technologies.

N'oublions pas les incitatifs financiers à demeurer en poste... Une majoration salariale, un boni, une gratification matérielle peuvent être intéressants pour des employés en fin de carrière, qui n'ont pas toujours accumulé assez d'argent pour prendre leur retraite.

Bref, le fait de demeurer sur le marché du travail comporte aussi des avantages importants pour les travailleurs âgés : amélioration de leur situation financière, tant avant qu'après la retraite, effets positifs sur leur santé physique et mentale, satisfaction et sentiment d'utilité et d'accomplissement. Ce sont des aspects très importants de nos jours pour cette main-d'oeuvre vieillissante.

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Le vieillissement de la population, une menace pour la Chine.










Qui aurait cru que la Chine, ce pays qui a le vent dans les voiles depuis quelques décennies, serait victime de ses propres politiques anti-natalistes ?

Voici un article de Lysiane Gagnon, journaliste à la Presse, intitulé « La révolte des fourmis », qui nous trace un portrait pas si réjouissant du succès économique de la Chine.

Une partie de l'essor économique de la Chine reposait sur son peuple de fourmis?: une main-d'oeuvre innombrable et disciplinée qui produisait à des cadences infernales, sans protection syndicale, d'innombrables objets «made in China». Mais la machine si bien huilée du modèle chinois commence à se gripper.

Dans les usines de Foxconn, un fabricant de matériel électronique situé à Shenzhen, une vague de suicides a fait les manchettes. Suivit un événement sans précédent dans ce pays où le droit de grève n'existe pas et où les syndicats, loin de défendre les ouvriers, ne sont que l'une des tentacules du Parti: une grève de 15 jours à l'usine Honda de Foshan. Une grève décidée par la base?! Les ouvriers demandaient 50% d'augmentation de salaire, ils en ont obtenu 33%, ce qui n'est pas un mauvais résultat dans un régime aussi autoritaire. À Foxconn, le scandale public provoqué par la vague de suicides a forcé l'entreprise à accorder une augmentation des salaires de l'ordre de 70%.

Avant que la révolte ne fasse boule de neige, le pouvoir a appliqué les freins. Les médias ont reçu l'ordre de passer sous silence la grève qui vient de commencer chez Kok, près de Shanghai. Selon le correspondant du Monde, la police est intervenue cinq jours après le début du débrayage, et plusieurs, parmi les 2000 grévistes, ont été arrêtés. Mais malgré le bâillon sur la presse, le mouvement de grève s'est récemment étendu à d'autres usines Honda, de même que dans la zone industrielle du Guangdong...

Dans les entreprises qui fabriquent du matériel sophistiqué, la main-d'oeuvre a une formation technique. Mais dans les usines de vêtements ou de jouets, par exemple, le personnel est le plus souvent composé de migrants de l'intérieur, des paysans venus des zones rurales qui sont embauchés pour des salaires dérisoires dans de gros complexes manufacturiers qui les logent (mal).

Un cinéaste sino-montréalais, Lixin Fan, a réalisé sur cette dure réalité un documentaire émouvant, Last Train Home, qui est passé l'an dernier sur nos écrans. On suit le parcours désolant d'un couple de paysans «exilé» dans une manufacture de vêtements. Après des années de sacrifices consentis dans l'espoir que leurs enfants, restés au village aux soins de la grand-mère, échapperaient à leur vie de misère, ils les voient avec douleur perdre intérêt à l'école et cesser d'étudier. Leur fille sera elle aussi une exilée de l'intérieur... mais optera pour la prostitution plutôt que pour l'usine.

Outre la pauvreté et la division des familles, le problème de ces ouvriers migrants est de vivre en quelque sorte dans des limbes. Ils sont privés de statut civil dans les villes où les a menés le travail, car ils ne peuvent obtenir le «?hukou?», le permis de résidence qui leur permettrait de s'intégrer à la vie urbaine. Par ailleurs, après s'être frottés aux merveilles que leur fait miroiter la ville, ils sont incapables de retourner à leur village.

L'autre facteur qui menace le modèle chinois, c'est le vieillissement de la population. La cruelle politique de l'enfant unique a produit ses fruits empoisonnés: la réserve illimitée de jeunes prêts à travailler pour des salaires de famine a commencé à se tarir. La population active passera de 227 millions cette année à 150 millions en 2024. Selon des analystes financiers interviewés par Le Monde, les entreprises n'auront pas le choix d'offrir des salaires plus élevés... mais leurs produits coûteront plus cher, diminuant d'autant l'attrait de la Chine comme fabricant d'objets destinés à l'exportation.

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Pierre Martin, un Artisan de la Révolution tranquille

Le Québec perd un visionnaire et un leader remarquable en la personne de Pierre Martin, qui a occupé de hautes fonctions dans le milieu de l'éducation, notamment comme artisan bâtisseur du réseau de l'Université du Québec (UQ).

Jusqu'à récemment, il était président du Conseil des aéroports de Montréal et pilotait le projet de la navette ferroviaire reliant le centre-ville.

PHOTO: ARCHIVES LA PRESSE

Pierre Martin aura été un infatigable serviteur de l'État.

HOMMAGE RENDU PAR DE GRANDS COMMIS DE L'ÉTAT QUÉBÉCOIS : Louis Bernard, James C. Cherry, Guy Coulombe, Jacques Girard, Claude Séguin, Robert Tessier.

Le 13 juin dernier est décédé à Montréal un grand bâtisseur du Québec moderne. Artisan de la Révolution tranquille, Pierre Martin aura été un infatigable serviteur de l'État.

Tout au long de son parcours de haut fonctionnaire au gouvernement du Québec (notamment comme sous-ministre du ministère de l'Éducation et vice-président de l'Université du Québec) et de gestionnaire dans le secteur privé (domaines de l'énergie, du transport et de l'immobilier), il a poursuivi inlassablement les objectifs de progrès social, d'innovation et de recherche d'excellence.

Son aisance à passer du secteur public au secteur privé et les succès qu'il a obtenus dans ces deux sphères d'activité pointent vers un profil personnel d'une force rare.

Ce profil se caractérisait par un équilibre parfaitement réussi entre deux pôles. D'une part, sa capacité de concevoir une vision d'ensemble, de moyen et long termes, sur des problèmes sociaux, éducatifs et économiques. D'autre part, son esprit pragmatique orienté vers l'action et la réalisation concrète des choses. La finalisation d'un projet lui apparaissait tout aussi importante que la définition intellectuelle des paramètres qui en soutenaient la réalisation.

Passer de l'un à l'autre de ces pôles dans les réalisations d'envergure qu'il laisse en héritage à la population du Québec a pu s'opérer grâce à ses talents de chef d'équipe capable d'expliquer sa vision et de la faire partager à des centaines de collaborateurs chargés de l'exécution des projets.

Un des secrets de ce leadership unique, le ciment soudant cette passerelle entre la réflexion et l'action, est l'attention portée au choix de ses collaborateurs, le temps consacré à faire émerger une vision commune et la confiance en eux pour la réalisation de leur mandat respectif.

Son leadership a été constamment reconnu non seulement par ses collaborateurs, mais également par ses partenaires d'affaires, ses patrons politiques, les clientèles et les interlocuteurs concernés par des projets. Pour ne citer que l'exemple de la mise sur pied du réseau de l'Université du Québec, il va de soi que ce chantier d'une grande complexité n'aurait pu se réaliser sans l'enthousiasme et la synergie que suscitait cet homme autour de lui.

Dans les grands projets qu'il a dirigés, tous se rappelleront sa modestie, son respect des autres, la clarté de son expression orale et écrite, sa rigueur et sa discipline dans l'analyse des multiples aspects des dossiers (tant légaux, financiers que politiques) ainsi que sa capacité de rêver loin dans le temps et l'espace, en intégrant les dimensions comparatives internationales.

Au moment où les sondages nous indiquent la hausse du cynisme de la population face au service public, où les attentes se font pressantes pour resserrer les règles d'éthique pour les administrateurs publics, où la responsabilité du secteur privé est soulevée dans des dossiers comme la protection des consommateurs et de l'environnement, le parcours de vie et de carrière de Pierre Martin offre un exemple vibrant de l'incarnation des valeurs d'intégrité, d'honnêteté, d'abnégation, de générosité et de sens des responsabilités.

Hommage à Pierre Martin, docteur honoris causa

Nous profitons du 40e anniversaire de l'Université du Québec pour rendre hommage à Pierre Martin, l'un des visionnaires de la première heure et surtout l'un des artisans bâtisseurs de notre réseau qui, depuis 1968, a prouvé sa raison d'être et son rôle clé dans ledéveloppement de notre société.

Collectivement, on se rappelle de 1968 comme d'une année de turbulences multiples et diverses en France, en Allemagne, en Tchécoslovaquie, aux États-Unis, au Japon et au Mexique. Le Québec n'a pas échappé à l'agitation de cette jeunesse qui, aux quatre coins de la planète, testait son nouveau pouvoir à l'égard des modèles de gouvernance en réclamant une libéralisation à grande échelle des structures sociales de l'époque.

Ces jeunes de soixante-huit, c'était nous!

En 68, au Québec, l'éducation était au centre de nos revendications étudiantes, parce que nous voulions, entre autres, avoir accès à l'éducation supérieure, qui, pour nous, n'était absolument pas acquis.

Le système d'éducation faisait l'objet d'un renouvellement en profondeur depuis l'élection du gouvernement de Jean Lesage, en juin 1960, et la publication du rapport Parent, en 1963. Malgré cela, le jeune ministère de l'Éducation, nouvellement créé en 1964, allait affronter l'un des automnes scolaires les plus chauds de sa courte histoire.

Au Québec, mai 68 a eu lieu en octobre 68!

L'homme que nous honorons aujourd'hui a été un véritable pionnier à une époque où, comme le souligne le sociologue Marcel Rioux, « la contradiction fondamentale de la société québécoise était la suivante : bien qu'ayant toutes les apparences d'une société industrialisée et urbanisée, elle n'en conservait pas moins une culture largement traditionnelle. Le Québec vivait un type de société et en valorisait un autre. Le grand mérite du rapport Parent nous semble être la tentative qu'il a faite pour instituer et établir un système d'éducation qui corresponde à ce que le Québec était devenu en fait ».

Pour réussir pareille entreprise, le Québec avait besoin de visionnaires et de bâtisseurs qui pouvaient à la fois tracer les orientations et créer rapidement les structures fonctionnelles capables de répondre aux besoins des nouvelles générations. Aux côtés de Paul Gérin-Lajoie, le premier des ministres de l'Éducation que le Québec ait connu, Pierre Martin s'est illustré comme l'un des artisans les plus doués de ce virage vers la modernité.

Né à Montréal, en 1938, Pierre Martin fait ses études classiques au Collège Sainte-Marie, puis obtient, en 1960, une licence en droit cum laude de l'Université de Montréal. Dès sa quatrième année de droit, il commence à travailler avec Paul Gérin-Lajoie comme attaché de presse et conseiller politique. Il participe activement à de nombreuses réformes, comme la mise sur pied du régime des prêts et bourses, la création des commissions scolaires régionales pour l'enseignement secondaire public et la signature des premières ententes de coopération entre la France et le Québec.

Après un stage à l'École nationale d'administration (ENA) à Paris, en 1965, Pierre Martin se voit confier plusieurs dossiers importants au ministère de l'Éducation de 1966 à 1969. Il participe notamment au groupe de travail qui a pour mandat de définir les grandes lignes du niveau collégial qui donnera lieu, à compter de septembre 1967, à la création d'un nouveau réseau public d'éducation, celui des cégeps, dans toutes les régions du Québec.

Mais, à ce moment-là, la question cruciale était de savoir comment les universités québécoises, peu nombreuses à l'époque, pourraient-elles absorber les nouvelles cohortes collégiales? Fort de l'expérience des cégeps, Pierre Martin se joint au groupe du ministère de l'Éducation qui est chargé de réfléchir sur l'accessibilité et l'expansion de la formation universitaire. En sa qualité de secrétaire du groupe, il rédige la majeure partie des documents qui proposeront la mise en oeuvre d'une université publique à part entière, créée par l'État en réponse aux besoins éducatifs de la société québécoise, dotée d'établissements en régions et fonctionnant en réseau. Le défi était de taille puisqu'on voulait s'assurer que la formation des enseignants et les programmes d'études soient résolument placés sous le signe de la modernité, de l'interdisciplinarité et de la pérennité.

Pierre Martin rédige également le mémoire présenté au Conseil des ministres, le projet de loi et les documents nécessaires aux travaux de la commission parlementaire qui se penche sur la création de l'Université du Québec.

Le 14 décembre 1968, l'Assemblée législative adopte la loi 88 qui crée l'Université du Québec, et les premiers établissements du réseau se mettent en place à Montréal, à Trois-Rivières et à Chicoutimi.

La vision étant devenue réalité, ce réseau universitaire public allait répondre à long terme aux besoins du Québec, notamment aux chapitres de l'accès aux études universitaires, du développement scientifique du Québec et du développement de ses régions.

Pierre Martin, le visionnaire, devient alors l'artisan qui concrétisera la vision.

En tant que premier vice-président à la planification du réseau de l'Université du Québec, il établit les objectifs et prévoit les étapes de mise en oeuvre à une cadence que l'on a peine à imaginer aujourd'hui. En quatre ans, le réseau universitaire est constitué. C'est tout le territoire du Québec qui deviendra le campus naturel de cette université publique, d'où l'idée

de la structurer en réseau universitaire. Bien que plusieurs universités de France s'organisent en réseau et que la plupart des États américains et de nombreux pays développés se soient dotés d'au moins un réseau universitaire public, l'Université du Québec demeure un modèle unique au Québec comme au Canada.

En 1973, Pierre Martin revient au ministère de l'Éducation à titre de sous-ministre. Durant cinq ans, il s'attaque avec succès aux dossiers difficiles des négociations avec le personnel enseignant, de l'admission à l'école anglaise et de l'assainissement des finances des commissions scolaires. Sous sa gouverne, la structure du Ministère est simplifiée pour que les réseaux d'éducation publique puissent s'adresser directement aux interlocuteurs qui en sont responsables.

En 1978, Pierre Martin devient secrétaire général associé aux emplois supérieurs. Encore une fois, il innove en établissant un cadre de recrutement, d'évaluation et de rémunération pour la haute direction de la fonction publique.

En 1981, il devient président de la Société québécoise d'initiatives pétrolières (SOQUIP), et démontre dans le secteur énergétique les mêmes prédispositions à bien cerner les problèmes et à forger l'avenir.

Il devient président et chef de la direction de Gaz Métropolitain, en 1984, et restructure cette société en profondeur. Au terme des sept années passées dans le domaine de l'énergie, Pierre Martin aura réussi à réduire la part du pétrole dans le bilan énergétique du Québec au profit du gaz naturel.

À partir de 1988, il se lance dans le secteur immobilier et fonde deux sociétés d'investissement. Tout en s'imposant comme un expert dans les transactions complexes incluant des investisseurs internationaux, il fonde, avec des partenaires, la Société de chemins de fer du Québec, une société vouée à l'exploitation de chemins de fer régionaux dans l'Est du Canada.

Tout en dirigeant ses nombreuses entreprises, il continue de contribuer aux affaires publiques, notamment par sa présence au sein de plusieurs conseils d'administration, dont celui des Aéroports de Montréal, depuis 1998.

Monsieur Martin, vous avez porté au plus haut niveau votre engagement envers la chose publique en investissant votre talent dans la création d'un système d'éducation et l'avancée de l'État québécois dans l'ère moderne. Alliant vision, audace et prudence, vous vous êtes révélé comme un véritable architecte capable d'imaginer et de planifier la mise en place de structures complexes qui ont passé l'épreuve du temps en s'adaptant aux nouvelles réalités. Convaincu que l'éducation constitue la clé du développement d'une société, vous êtes parvenu, notamment par la clarté de vos écrits et par votre ouverture au changement, à inspirer de nombreuses équipes de travail tout au long de votre parcours.

Votre remarquable contribution à la naissance et à l'essor de l'Université du Québec, dans une période cruciale du développement de la société québécoise, mérite de ne plus être passée sous silence. En rédigeant la Loi sur l'Université du Québec, vous avez littéralement réalisé un acte fondateur dont l'envergure et la portée demeureront, espérons-le, une éternelle source d'inspiration pour l'évolution de notre réseau. Notre mission, notre raison d'être, nos réalisations, nos valeurs ainsi que notre modèle d'organisation et de gouvernance nous permettent, depuis quarante ans maintenant, de contribuer concrètement au développement de nos concitoyens, à celui du savoir et des communautés régionales. À titre de visionnaire entrepreneur et d'artisan bâtisseur, vous avez consacré votre talent et votre énergie à construire une institution que nous avons le devoir de développer plutôt que de réduire au moment où nous entrons dans l'économie mondiale du savoir.

Permettez-nous, malgré votre simplicité et votre modestie, de vous réitérer publiquement notre reconnaissance pour votre dévouement envers l'Université du Québec, et aussi envers tout le système d'éducation québécois d'aujourd'hui qui a profité de votre hauteur de vues et de votre pragmatisme.

C'est avec beaucoup de plaisir et de gratitude qu'au nom de la communauté de l'Université du Québec, des quelque quatre cent cinquante mille diplômés et quatre-vingt-sept mille étudiants actuels du réseau, je vous accueille officiellement parmi nous en vous décernant les insignes de docteur honoris causa. Je vous prie d'accepter nos plus sincères félicitations.

Auteur : Pierre Moreau

RD

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Vivre et mourir seul ou seule

« Ces couples qui se défont à côté de nous me laissent perplexe, autant pour les personnes de mon âge que pour les baby-boomers, écrit notre auteure, atteinte d'un cancer. Les uns et les autres résisteront-ils à l'épreuve de la maladie? »

PHOTO: ANDRÉ TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Vivre seul n'est donc plus du tout l'affaire des personnes âgées à qui la mort a arraché le père, la mère, l'époux, les frères, les sœurs et les amis. En très peu de temps, le Québec est passé des grosses familles aux vies en solo. Ce style de vie, choisi ou subi, est maintenant largement répandu chez les gens dans la trentaine et la quarantaine, au gré des séparations. Or, les déceptions amoureuses coupent aussi les liens avec les proches du conjoint. «Avant, les belles-sœurs et les beaux-frères se tenaient beaucoup ensemble et ils avaient intérêt à s'entendre, parce qu'ils en avaient pour 30 ou 40 ans à se côtoyer. Aujourd'hui, on ne sait pas si la belle-sœur de ce Noël-ci sera encore là le Noël suivant, relève Hélène David, professeure de psychologie à l'Université de Montréal. De divorce en séparation, de nos jours, on repart souvent à zéro dans une même vie.

Le témoignage de Marthe Asselin Vaillancourt

L'auteure habite Jonquière,
La Presse

J'ai devant moi le livre « Je ne veux pas mourir seul », de Gil Courtemanche. Je ne me décide pas à l'ouvrir, j'ai peur des vérités qu'il peut renfermer, peur de constater que nous pourrions être plusieurs à mourir seuls et peur de l'inconnu que je ne peux envisager sereinement.

Je n'ai pas le courage du ministre Claude Béchard. Le mois prochain, j'aurai 79 ans et 45 ans d'engagement communautaire. En février dernier, je conduisais rondement mes comités à l'Association québécoise de défense des droits des retraités (AQDR). À peine huit jours plus tard, me voilà arrêtée en pleine action, victime d'un cancer invasif. J'ai à peine le temps de digérer l'affreuse nouvelle, que je suis déjà prise en charge: examens, chimio, opération, avec en perspective, trois autres traitements de chimio, plus tard.

Heureusement, je ne suis pas seule, mon mari est d'un grand support, mais bien qu'il soit très actif et en pleine forme, c'est aussi un homme âgé. À l'hôpital, on me parle d'aidants naturels, j'en trouve très peu, plusieurs de nos amis sont déjà décédés, quelques-uns sont victimes de la maladie d'Alzheimer, les autres ne sont pas jeunes non plus, nos enfants sont tous très éloignés. Bien sûr, ils sont venus, notre fille surtout, mais ils ont leur propre travail et leur propre famille. Ils font maintenant partie de la génération sandwich écartelée entre l'aide aux parents et la responsabilité auprès d'ados qui attendent du support, à tous les niveaux.

J'ai eu accès à une chambre privée à l'hôpital et j'ai bénéficié d'une maison de convalescence pendant 15 jours me permettant de vivre une certaine sécurité puisqu'en plus de la surveillance de la propriétaire, je reçois la visite d'infirmières du CLSC. Chaque jour, je m'inquiète pour les femmes de mon âge qui n'ont pas les mêmes possibilités. Un cancer, c'est dispendieux : transports, médicaments, vêtements spéciaux, seins de remplacement, etc. Malgré l'aide apportée par les sociétés du cancer, je ne pense pas qu'il existe une société où tous les soins seraient disponibles pour tous. L'une de nos priorités, ces temps-ci, en tant qu'association, nous incite à militer pour l'amélioration des soins à domicile, un secteur où nous avons pris du retard et où les besoins sont nombreux.

Je reviens à la solitude. Un oncologue, qui a suivi pendant cinq ans 515 hommes et femmes mariés atteints de sclérose en plaques ou de cancer, publiait récemment le résultat de son étude: un peu plus de 11% d'entre eux se sont séparés ou ont divorcé au cours de cette période. Dans 88% des cas, ce sont les femmes qui étaient victimes de maladie. Ces couples qui se défont à côté de nous me laissent perplexe, autant pour les personnes de mon âge que pour les baby-boomers: 35% des mariages célébrés au début des années 80 se sont terminés par un divorce. Il n'est pas sûr que les couples en union libre soient plus durables ; les uns et les autres résisteront-ils à l'épreuve de la maladie?

Céline Le Bourdais, professeure à l'Université McGill où elle s'occupe de statistiques sociales pour la chaire de recherche du Canada, se questionne sur la dénatalité et la transformation de la vie conjugale, sur le fait que les enfants qui demeurent avec la mère négligeront, peut-être, le père biologique lorsqu'il sera vieillissant, et elle se préoccupe aussi du type de relation avec les beaux-parents lors de nouvelles unions.

Jacques Légaré, démographe de l'Université de Montréal croit que «les boomers devront explorer de nouvelles avenues d'entraide et se tourner vers ceux qui, comme eux, avancent en âge. Comme les enfants sont moins nombreux, ils devront rechercher les cousins, cousines, les amis. Surtout, ils souhaiteront peut-être se faire aider par des étrangers, c'est-à-dire payer pour des services qui étaient offerts autrefois bénévolement par les enfants. Ce n'est pas si naturel que ça être aidant naturel, surtout auprès d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer», conclut M. Légaré.

J'ai lu ces deux auteurs avec beaucoup d'intérêt. Je n'ai toujours pas de courage. J'ai trop de questions. Que nous arrivera-t-il si les soins à domicile ne sont pas offerts à toutes les personnes en attente?? Qu'arrivera-t-il à ceux qui vieillissent seuls, à tous ceux hébergés en CHSLD sans visite d'un proche? Nous arrivera-t-il de mourir seuls dans un couloir parce que la surveillance est déficiente? Et les soins palliatifs seront-ils disponibles?

Que de besoins à combler pour une société qui n'a pas placé le vieillissement au centre de ses préoccupations!

COMMENTAIRE DE PHILOMAGE

J'ai rencontré un jour, en me rendant à Toronto en avion, le secrétaire de la Commission Parent. Pour les gens qui l'ignorent, c'est le Rapport Parent qui a servi à mettre en place le Ministère de l'Éducation. On était au début des années 70 et je venais à peine de terminer mes études universitaires. Ce monsieur, dont j'ai oublié le nom, et qui était Frère de son état professionnel, me conta comment ils avaient du se battre pour mettre en place un réseau de polyvalentes, de Cegep et le réseau universitaire de l'Université du Québec à temps pour ne pas perdre la génération montante des Baby-boomers. Je l'écoutais et j'étais fasciné par le fait qu'un petit groupe de penseurs, fonctionnaires, laïcs, religieux, curés, politiciens, citoyens ordinaires,…avait réagi dans les bons temps pour mettre en place les institutions et les réformes de ce qui allait devenir la Révolution Tranquille au Québec.

Je me dis que nous arrivons à une époque charnière (2010-2013) où nous devrons repenser notre société québécoise à la lumière des nouvelles données socio-économiques. Il faudra que nos décideurs de tout ordre (publics, privés) fassent le même exercice, toujours pour les Baby-boomers, mais aussi pour leur descendance. C'est à ce moment-là que nous pourrons définir le nouveau cadre de vie de nos aînés comme des plus ou moins jeunes, avec de nouvelles infrastructures appropriées, des politiques sociales redéfinies ou réajustées, et une prise en compte des besoins fondamentaux de la population vieillissante.

Votre témoignage va s'ajouter à bien d'autres qui feront infléchir les actions politiques dans le bon sens. À ce chapitre, on n'a qu'à mentionner la consultation populaire qui doit avoir lieu en août prochain sur l'euthanasie et le suicide assisté.

RD

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