jeudi, juin 01, 2006

 

Vieillir en beauté et en sagesse : un idéal à partager.

On retrouve énormément de blogs sur Internet qui restent au niveau de la légèreté et qui demeurent faibles en contenus. C’est un choix qu’il faut respecter. Dans le même temps, je crois qu’il y a place pour une réflexion plus profonde dans ce nouveau monde virtuel et de plus en plus multimédia que sont en train de devenir les blogs.

Peu de gens réalisent les possibilités de ce nouveau mode d’expression et de communication quasi-universelle. Moi-même, je viens de mettre les mains à la pâte. Pour la plupart des gens âgés, c’est l’exception qui est en mesure d’apprécier ce nouvel art de communiquer ses pensées et de véhiculer cette nouvelle forme de culture sur Internet. Et, pourtant, c’est un outil à la portée de tous, qui permet de sortir de l’isolement et de rendre le monde entier présent dans son humble demeure, à chaque jour qui passe…

Je viens de trouver ce texte dans l’encyclopédie de l’Agora (www.agora.qc.ca). Il explicite bien le thème de ce blog « vieillir en beauté et en sagesse » et toute sa pertinence.

LA VIEILLESSE

Définition

« La vieillesse est une période inévitable et naturelle de la vie humaine caractérisée par une baisse des fonctions physiques, la perte du rôle social joué comme adulte, des changements dans l'apparence physique et un acheminement graduel vers une diminution des capacités. »

Source : B. R. Mishara, R.G. Riegel, Le vieillissement, Presses Universitaires de France, Paris, 1984.

Le seul véritable enjeu de la vieillesse, c'est la sagesse, car celle-ci ne saurait être apprise ni par le jeune ni par l'adulte:

Enjeux

« Jeune, on n'est pas capable d'apprendre la sagesse. Ce qu'on apprend quand on est jeune, c'est à réciter et à lire, ce n'est pas la sagesse. Si l'on pouvait alors apprendre la sagesse, ce serait assurément la preuve d'une intelligence très précoce. Mais une pareille précocité est rarissime. Adulte, on n'est pas [non plus] capable d'apprendre la sagesse. Ce qu'on apprend alors, c'est ce qu'on voit et ce qu'on entend, ce n'est pas la sagesse. Si l'on pouvait alors apprendre la sagesse, ce serait assurément la preuve d'une maturité peu commune. Mais cette maturité est rarissime (...) À soixante ou soixante-dix ans, non seulement richesse et honneurs paraissent comme nuages flottants, mais naissance et mort semblent se suivre comme matin et soir. Tout ce que nous avons appris, vu, pensé, ce à quoi nous nous sommes efforcés jadis et dont nous n'avons pas su profiter, tout cela nous pouvons aujourd'hui en tirer parti. Les prétentions de nos cinq sens ayant été éliminées, tout notre coeur se révèle peu à peu [dans sa pureté]. C'est comme un tissu de soie écrue tombé dans la boue: si on le lave, il retrouve facilement son état naturel; comme une perle perdue dans une chambre: si on la cherche, on la retrouve aisément. Par conséquent, c'est dans la vieillesse qu'on peut véritablement apprendre à devenir sage. »

Tang Zhen, Écrits d'un sage encore inconnu [Titre original: Quianshu], traduit du chinois par Jacques Gernet, Connaissance de l'Orient, Gallimard/Unesco, Paris, 1991.


LA SAGESSE

Définition

« Il se pourrait bien, cher Alcibiade, qu'il existe en moi un pouvoir grâce auquel tu deviendrais, toi, meilleur ! » (Le Banquet) Le pouvoir de rendre les autres meilleurs! N'est-ce pas, formulée par Socrate lui-même, la meilleure définition de la sagesse? Si l'on en juge par les propos qu'il met dans la bouche d'Albiciade, Platon estime que le pouvoir de Socrate est lié à sa beauté intérieure, au fait qu'il est habité par un dieu.« Mais, quand il se met à être sérieux et que le Silène s'est entrouvert, y a-t-il quelqu'un qui alors ait vu les figurines qu'enferme l'intérieur? Je ne sais. Mais à moi il m'est arrivé déjà de les voir, et je les ai trouvées tellement divines, d'une substance si précieuse, d'une beauté si complète, si extraordinaires enfin, qu'il n'y avait qu'à m'exécuter sur l'heure en tout ce que Socrate me commanderait ! »

Enjeux

« L'homme mûr ne croît plus; et c'est cette défaite qu'il reprend généralement pour la maturité. S'il parle d'expérience ou de sagesse, il ne s'agit plus de celles qui pourraient armer sa liberté, mais de celles qui justifient son renoncement. À trente ans ou à vingt, la plupart des hommes cessent de grandir parce que cette croissance arrachée à une nécessité plus pesante devient chaque jour plus terrible; ceci au moment où, n'étant plus physique, leur développement pourrait devenir spirituel. Adolescents montés en graine, déguisés pour de bon en académiciens ou en généraux, les plus illustres continueront jusqu'à leur mort leurs amusements puérils avec de vraies paroles ou de vrais fusils qui tuent. S'ils sont intellectuels, au lieu de jouer avec des balles, ce sera avec des idées. Ce sont des hommes d'âge, c'est-à-dire des bébés fossiles. Car la vraie vieillesse exige le même élan que l'enfance, seulement il n'est plus donné par les muscles. »

Source : Bernard Charbonneau, extrait de Je fus, ouvrage inédit

Mais attention, si le second élan n'est plus donné par les muscles, il doit en tenir compte : « Il y a plus de raison dans ton corps que dans ta meilleure sagesse. Et qui donc sait pourquoi ton corps a précisément besoin de ta meilleure sagesse? »

Source : Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra.

L’importance du troisième âge n’est plus à sous-estimer. C’est une nouvelle classe sociale à part entière, de par le nombre d’humains qui s’y engouffrent allégrement et dont l’ampleur se conjugue maintenant à l’échelle de la planète.

Troisième âge: la nouvelle vague

« Une société pour tous les âges »: c’est le mot d’ordre de l’Année internationale des personnes âgées.

« En la lançant le 1er janvier 1999, l’Assemblée générale de l’ONU voulait attirer l’attention sur l’ampleur de la « révolution de la longévité » et sur l’immensité de ses enjeux. Le « papi boom » - en fait surtout le « mamie boom » puisque les femmes vivent en moyenne nettement plus longtemps que les hommes - est devenu un phénomène quasi universel. Dans le monde, le nombre absolu de personnes âgées de 65 ans et plus aura été multiplié par quatre environ entre 1955 et 2025, et leur proportion par rapport à la population totale va doubler (5,3% en 1965, 10% en 2025).

Dans les pays développés, où les anciens représenteront un habitant sur cinq en 2025, les politiques traditionnelles du troisième âge s’essoufflent : l’avancée de l’âge de la retraite et les systèmes publics de financement des pensions — deux grandes conquêtes sociales — sont largement remis en cause. Le problème est plus aigu encore dans les pays en développement, où les trois quarts des personnes âgées vivront dans 25 ans. L’État défaille, les solidarités familiales se délitent, l’entraide privée reste marginale. Pourtant, aucun mouvement ne s’y dessine pour désamorcer cette bombe démographique.

Le risque majeur est que s’érige une sorte d’apartheid entre les personnes âgées et les actifs pour lesquels elles deviendraient, en outre, un fardeau économique. Mais le troisième âge ne pourra être confiné dans un assistanat inévitablement précaire. Il doit pouvoir être à même de donner de sa disponibilité, de son expérience, de tous ses talents et sentiments en contrepartie de la solidarité qu’il est en droit de mériter. C’est grâce à cette réciprocité que les sociétés pourront garder ou retrouver leur unité malgré leur vieillissement général. »

(Voir « Troisième âge: la nouvelle vague » (dossier du Courrier de l'Unesco, janvier 1999).

Je voudrais bien que le thème de ce blog apparaisse de plus en plus comme un leitmotiv pour une classe de citoyens d’âge mûr qui s’affirment dans un espace-temps de vie jusque-là non atteint avec une telle ampleur.

RD



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