lundi, mars 29, 2010

 

Les turbulences de la vieillesse

Article de Pierre O. Nadeau, Journal de Québec, 13 mars 2010.

Vieillir fait peur à tout le monde. Certains subissent le choc à 40 ans, d'autres à 50 ans. Pour Jocelyne Robert, écrivaine et sexologue, le coup est venu avec la soixantaine. « En fonçant sur la soixantaine, j'ai été prise de panique », raconte-t-elle dans son nouveau livre « à effet thérapeutique », Les femmes Vintage, qui vient de sortir EN MARS 2010.

Qui est Jocelyne Robert?

Jocelyne Robert incarne la réussite grâce à ses nombreux succès littéraires. Elle a publié une douzaine d'ouvrages traduits en vingt langues, réédités et distribués dans le monde. Son meilleur vendeur, Full sexuel, destiné aux adolescents, a aussi connu un grand succès en Europe, sous le titre Le sexe, c'est d'jeun's. À travers ses conférences en Amérique et en Europe, Jocelyne Robert a publié le livre Le sexe en mal d'amour – De la révolution sexuelle à la régression érotique. La voilà qui débarque maintenant ave son premier titre qui ne porte pas sur le mot « sexe ».

Jocelyne Robert a franchi le cap de la soixantaine. En fait, elle a maintenant 62 ans. La transition a eu l'effet chez elle d'une zone de turbulences. « J'ai écrit ce livre pour m'apaiser », dit-elle. Elle écrit même : « je hais la sonorité de la soixantaine. » Pourtant, au fil de l'ouvrage, elle fait étalage de la sérénité à laquelle l'a amenée sa prise de conscience soudaine. En entrevue, elle affiche la même sérénité : « Quand je me regarde dans le miroir, je me trouve bien, très bien. La vie m'apporte beaucoup : je fais un travail qui me passionne, j'ai un homme que j'aime et qui m'aime, que demander de mieux… »

DIFFICILE DE VIEILLIR

Il n'en demeure pas moins que la vie poursuit son œuvre. « Vieillir, c'est difficile, parce qu'on n'a pas le droit de vieillir dans une société qui ne favorise que la jeunesse », déplore l'auteure, sans cacher que son ouvrage s'adresse particulièrement aux femmes.

Le mot « vintage », du titre fait analogie avec les grands portos millésimes. « On s'émerveille devant un édifice ou une œuvre historique. Un soleil couchant peut être aussi beau qu'un soleil levant… Pourquoi ne pas avoir la même attitude pour la population vieillissante?, revendique-t-elle, en traitant de « la difficulté de vieillir au féminin ». L'auteure dénonce l'acharnement obsessionnel pour rester belles et jeunes et désapprouve la surconsommation des produits cosmétiques et des chirurgies esthétiques. « Plusieurs finissent pas avoir l'air d'une imitation rigidifiée de la morphologie humaine.»

Elle écrit encore : « C'est pour rester désirables que les femmes se font transformer en statues de plâtre. » Elle cite les résultats d'un sondage Dove « selon lequel 97 % des femmes de 50 à 64 ans ne se sentent pas acceptées, côté apparence, par la société. »

Mais les femmes peuvent être belles à tout âge, insiste Jocelyne Robert, citant Meryl Streep (61 ans), Andrée Lachapelle (78 ans) et Jane Birkin (63 ans). « Qu'importe son âge, une personne qui tombe en amour est soudainement resplendissante. Soyons donc en amour avec nous-mêmes. »

L'auteure déplore que tant de femmes se tournent vers le même modèle féminin « à la Madonna », les invitant plutôt « à se faire un modèle d'elles-mêmes. » « Il faut comprendre que vieillir, c'est naturel et inévitable. On commence à vieillir en venant au monde. Tant qu'on n'est pas mort, on est en vie. Alors vivons! Et tant qu'à vieillir, vieillissons bien! », lance celle qui proclame à la fin de son ouvrage : « soit belle et ne te tais pas »!

TITRE : « LES FEMMES VINTAGE »

Prix : 24.95 $ CAD

ISBN 13 : 9782761926775

Date de parution : Mars 2010

Sujet : Documents et essais

Nombre de pages : 208 pages

Format : 22.9 X 15.2 cm

Statut : Disponible

Description du livre

« Où sont les femmes vintage, ces femmes mûres-mûres, millésimées ? Comme Dieu, elles sont partout. »

« On passe de fée à sorcière, imperceptiblement. L'usure s'insinue en nous, subreptice et sournoise, au fil des ans. Elle viole notre intégrité à petite lampée. On a l'impression que les flots du temps nous lèchent sensuellement, nous donnent un petit goût salé, alors que ses lames grugent, érodent, ruinent nos berges… On ne sent rien, on ne voit rien et puis, d'un coup, l'érosion, qui a vachement fait son travail de sape, dans le vif de nos cellules, dans nos pores, dans nos cheveux, sous le derme, nous fait BEU ! Ce jour-là, on se regarde dans la glace, et c'est le choc. On se dit que le big-bang, la formidable contraction / expansion de l'univers, n'est rien en comparaison de la composition / décomposition de notre vaisseau corporel ! »

« Vieillir est insupportable. Alors, on triche, on gomme, on se raconte des balivernes, on fait comme si ça ne nous concernait pas. Il arrive avec l'âge ce qui est arrivé avec la minceur et la beauté à tout prix. Enfant, il fallait être belle. Ensuite, il nous fallut être mince et le rester. Désormais, le monstre est tricéphale : on n'a pas le droit d'être laide, pas le droit d'être grosse, pas le droit d'être vieille. »

RD


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dimanche, mars 28, 2010

 

LA MUSIQUE ALLIÉE DE NOTRE SANTÉ

Article de Marie-Christine COLINON et Agnès DUPERRIN, dossier Notre Temps janvier 2010

Elle nous détend au quotidien…..Mieux encore, la musique a des effets thérapeutiques étonnants qui passionnent les scientifiques.

La musique fait tant partie de notre quotidien que nous n'avons pas toujours conscience du rôle qu'elle joue dans notre vie. Pour le professeur Hervé Platel, neuropsychologue à Caen, c'est simple : aucune autre activité ne stimule autant le cerveau ! « c'est un stimulus complexe, avec changements de hauteur, de fréquence, de timbre, d'intensité, de rythme, explique-t-il. De nombreuses régions du cerveau travaillent de concert pour traiter ces informations. Des chercheurs notamment au Max Planck Institut, en Allemagne, ont démontré que la pratique de l'activité musicale aide à développer les capacités intellectuelles dans la reconnaissance spatiale, l'apprentissage du langage, les mathématiques, les langues étrangères… » Jouer permet une nouvelle organisation cérébrale qui stimule la mémoire. L'interprétation exige de se concentrer sur la partition(rythme, notes, nuances) et sur la dextérité. Or la concentration est essentielle dans la mémorisation. Cette « symphonie neuronale » est un formidable atout pour notre cerveau et lui permet pendant toute la vie d'aménager de nouveaux réseaux pour compenser les lésions et ralentir le vieillissement. Les progrès de l'imagerie confirment les intuitions thérapeutiques. On sait désormais visualiser les zones du cerveau activées par la musique, différentes de celles du langage, et notamment l'aire des émotions, la plus primitive. Pas étonnant puisque la musique est antérieure au langage. « Les archéologues ont trouvé des flûtes taillées dans des défenses de mammouths de plus de 35 000 ans » observe le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, qui consacre dans son livre de chair et d'âme (éd.Odile Jacob, 2006) trois chapitres au pouvoir de la musique. « Dès le cinquième mois de la vie fœtale, bébé entend déjà le cœur de sa mère, les voix et les mélodies. Dix mois après sa naissance, avant de maîtriser les mots, le petit homme danse à l'écoute d'une musique. » Voilà pourquoi, elle nous fait autant d'effet quand on l'écoute et plus encore quand on la pratique. Voilà pourquoi elle passionne les scientifiques et trouve sa place dans les services hospitaliers. Voilà pourquoi, à l'inverse, elle peut énerver, voire rendre fou, lorsqu'elle s'impose par des mélodies ressenties comme agressives à un moment inopportun ou à un niveau sonore qui la transforme en bruit insupportable. Mais le plus souvent, elle nous fait du bien et peut devenir un allié thérapeutique.

Elle est un antidote à la souffrance physique et morale

« La sensation de bien-être s'explique par l'activation dans le cerveau du circuit de la récompense qui fait secréter endorphines et dopamine. Cette morphine naturelle se mesure même dans la salive des musiciens professionnels. » explique le Dr Pierre Lemarquis, neurologue à Toulon dans un cabinet d'explorations fonctionnelles neurologiques et auteur de Sérénade pour un cerveau musicien (éd. Odile Jacob, 2009). C'est cette action antidéprime que renforcent les musicothérapeutes, qui utilisent la voix ou l'instrument comme outil de médiation permettant d'exprimer une souffrance. L'écoute accompagnée ou non de relaxation permet de travailler sur l'imaginaire ainsi stimulé. A Nantes Dominique Heckmann anime des ateliers auprès de personnes très âgées dans un centre communal d'action sociale. « Les airs font remonter les souvenirs, c'est l'occasion d'échanger et de mettre en lumière les potentialités restantes. La dynamique de groupe lutte contre la dépression. » Dominique Bertrand, musicothérapeute en région parisienne préfère l'improvisation. « On se coupe du mental pour se délivrer de ses blocages, retrouver son corps, son désir de vie, pour surmonter une maladie, un deuil… » Si la dopamine console et redonne du dynamisme, les endorphines contribuent aussi à atténuer la douleur. Des médecins de l'Ohio (États-Unis) l'ont vérifié en prescrivant une heure de musique par jour à des personnes souffrant notamment d'arthrose. Résultat en une semaine : une baisse moyenne de 21% de l'intensité de la douleur.(The Journal of Advanced Nursing, 2006). « L'angoisse renforce la perception de la douleur » ajoute Marianne Clarac, formatrice à l'association Musique et Santé, dont les musiciens interviennent à l'hôpital et auprès des personnes handicapées. « Empêcher l'esprit de se focaliser sur la situation redoutée, faire diversion, se détendre, apporte un réel soulagement » Des services d'anesthésie infantile se sont ainsi convertis en salles de concert. Des sons rassurants accompagnent l'enfant jusque dans la salle d'opération.

Elle a toute sa place à l'hôpital

La musique a ainsi peu à peu réussi son entrée à l'hôpital. En néonatologie et pédiatrie d'abord. Les nouveaux-nés prématurés très réceptifs s'apaisent rapidement, améliorant leurs paramètres biologiques. Insensiblement, les notes s'introduisent dans d'autres services. A l'hôpital sainte Périne (Paris) et à Sainte-Marguerite (Marseille), les interventions musicales dans les services de gériatrie sont complétées de formations du personnel soignant. « Nous apportons de l'évasion, du lien, dans un univers d'isolement et de haute technicité ressenti comme agressif » explique philippe Bouteloup, directeur de Musique et Santé.

Sans vocation thérapeutique directe, cet intermède humanisant participe pourtant à la guérison. A l'hôpital de Montereau, (Seine et Marne), depuis 2004, le musicien Jean-Jacque Milteau fait jouer de l'harmonica à des enfants souffrant d'asthme avec des résultats supérieurs aux exercices traditionnels de stimulation du souffle. Au point qu'une soignante de service a décidé de se former ! Plus flagrant encore, l'impact du rythme sur le mouvement corporel. Si tout le monde a tendance à bouger en cadence, c'est qu'un lien étroit unit les aires de l'audition et de la motricité. Des neurologues étudient cette connexion pour aider les patients atteints de maladie de Parkinson à se mouvoir avec davantage de fluidité et de coordination : à Toulon, Pierre Lemarquis, fait chanter la Marseillaise ou l'Internationale à ses patients. « Nos premiers résultats sont très encourageants. Une expérience canadienne (publiée en janvier 2008 dans le Journal of Neurologic Physical Therapy)) a prouvé que vingt cours d'une heure de tango sont plus efficaces que vingt séances de rééducation classique. »

Elle aide à mieux dormir

Les mélodies nous font vibrer, au sens propre. Les sons déplacent de l'air et, cette onde exerce une action physique sur chaque cellule de notre corps, comme le démontre magistralement le film L'Instinct de la Musique, primé lors du festival Pariscience, en octobre 2009(et diffusé sur Arte). On y découvre la percussionniste sourde Evelyn Glennie qui explique comment elle a fait de la musique son métier, ressentant les sons graves dans le bas de son corps, les aigus au niveau supérieur. Cette onde fait écho aux vibrations de notre organisme, lui-même véritable orchestre composé des battements du cœur, du rythme cérébral, de la respiration….Cet orchestre intérieur s'adapte spontanément au tempo musical. D'où l'effet calmant d'une douce mélodie : le rythme cardiaque ralentit, la respiration s'amplifie, les ondes cérébrales se modifient. Stéphanie Khalfa, chercheuse au laboratoire de neurophysiologie et neuropsychologie de l'Inserm à Marseille a mesuré la diminution de la concentration du cortisol, hormone du stress, au contact d'une mélodie apaisante. A l'hôpital Saint-Louis(Paris), les musiciens de l'association Tournesol donnent des concerts jusqu'aux douze coups de minuit. « Il y a besoin de douceur dans ces moments de solitude, après les soins et les visites. Nos concerts semblent toujours trop courts. « témoigne Elisabeth de la Génardière, directrice de l'association, qui intervient depuis 1990 dans les hôpitaux et centres de gériatrie. « je mets de côté nausées et idées sombres, je dors mieux » confie une patiente en lutte contre le cancer.

Elle protège le cœur et le cerveau

Cet effet relaxant protège nos artères. Une étonnante recherche italienne présente en 2008 au congrès de l'American Society of Hypertension démontre qu'écouter de la musique lente une demi-heure par jour, en accordant son souffle au tempo, aide à diminuer l'hypertension de trois points en un mois !

La musique rend donc le cœur joyeux, au sens métaphorique mais également littéral du terme. Elle peut aussi aider à se rééduquer après une attaque cérébrale, en créant de nouveaux circuits dans les parties du cerveau intactes afin de compenser, au moins partiellement, ceux qui ont été détruits. Ainsi la thérapie « par intonation mélodique » à laquelle recourent les orthophonistes depuis plus de trente ans, consiste à faire parler les victimes d'accident vasculaire cérébral devenues aphasiques en chantonnant comme dans Les Parapluies de
Cherbourg. Une étude finlandaise (Brain, 2008) a montré que deux heures d'écoute musicale par jour améliorent l'élocution et diminuent le risque de dépression après un AVC. A la Fondation de France, Catherine Agius, chargée du programme handicap confirme : « Nous finançons de plus en plus de projets intégrant la musique car c'est l'expression la plus facilement accessible en cas de handicap ou de maladie » Elle cite les excellents résultats d'un atelier pour adultes psychotiques et autistes profonds. « C'est une source réelle de mieux-être qui favorise la rencontre avec les autres et redonne de la valeur aux personnes ! » Lorsque les mots viennent à manquer, comme dans la maladie d'Alzheimer ou de Huntington, la musique reste un moyen de communication »

Elle stimule les malades d'Alzheimer

Pour le Dr Lemarquis, « la maladie d'Alzheimer atteint moins rapidement les parties du cerveau liées aux émotions, allant jusqu'à renforcer les capacités artistiques » Les patients reconnaissent de vieilles chansons et réagissent parfois spectaculairement. « Apathie, anxiété et agressivité diminuent plus efficacement qu'avec les neuroleptiques et sans leurs effets secondaires, défend Arlette Meyrieux, présidente de l'association France Alzheimer. Je me souviens d'une femme très malade, pétrifiée comme une statue. Au son de la flûte, elle s'est remise en mouvement, radieuse » « Une malade n'émettait plus que de vagues 'Takapeu » raconte le Dr Boris Cyrulnik. En entendant fredonner J'ai deux amours, mon pays et Paris, elle a chanté toute la chanson devant son mari médusé. » Le Pr Platel va plus loin : « Les patients peuvent apprendre de nouvelles mélodies. Et s'en souvenir quatre mois après ! » Stimuler les facultés sensorielles et la vie sociale aide à ralentir la maladie et à rétablir une relation avec l'entourage. Comme la madeleine de Proust, les airs du passé gardent à jamais le pouvoir de nous émouvoir. La musique arrête le temps et nous offre une éternelle jeunesse.

Eh bien, chantez maintenant !

Quel est l'instrument le plus accessible à tous et au meilleur marché ?

La voix ! Le chant stimule le souffle, optimise l'oxygénation, renforce le moral. « Durant les répétitions, je me ressource et je reprends des forces », confie Pierrette, 61 ans. »Le chant vous rappelle à la vie, aussi sûrement qu'un éclat de rire de bébé » témoigne Sabrina, 50 ans qui s'y est mise en soignant une dépression.

Chanter favorise le maintien corporel : on se tient droit, on écoute son corps. « J'ai la sensation d'être traversée par une fontaine de sons et j'éprouve une immense joie » décrit Sabrina.

Les 10 000 chorales de France rassemblent près d'un million et demi de chanteurs qui partagent le plaisir de se retrouver dans une communauté. « Ma chorale est un endroit où l'on n'a jamais froid » dit joliment Françoise. Chorales A cœur joie : tél : 04 72 19 83 40 ou www.acoeurjoie.com

« Au piano, j'oublie tensions et tristesse »

« Au plus fort de la dépression, c'est mon piano qui m'a maintenu la tête hors de l'eau » témoigne Mary, 68 ans. « Lorsqu'on a la chance de pratiquer un instrument, on n'est jamais seul, note Jacques, 52 ans, joueur de hautbois. J'ai commencé tard (on peut intégrer un conservatoire à tout âge !), ce défi m'enrichit. L'aboutissement, c'est l'orchestre : être entouré de toute cette belle musique et y mettre son modeste grain de sel, c'est presque transcendant »

« Quand je suis stressée, je me mets au piano et j'oublie tout, mes tensions, ma tristesse » confie Christine, 55 ans.

Des nuits meilleures et plus longues

Observez des volontaires de 60 à 83 ans souffrant de troubles du sommeil et ne prenant aucun traitement médicamenteux.

Proposez à la moitié du groupe d'écouter au moment du coucher jusqu'à 45 minutes de musique douce. Mesurez durant trois semaines le temps d'endormissement de chacun. Résultat : un plébiscite de la musique qui accélère l'endormissement de 35% en moyenne, améliore la qualité du sommeil et allonge les nuits. De quoi confirmer l'efficacité des berceuses spontanément chantonnées par les parents aux tout-petits ! Une méthode facile à adapter chez soi, avant un rendez-vous angoissant ou en cas d'insomnie et sans effets secondaires, souligne Marion Good, professeur à l'école d'infirmières de l'université de Cleveland (Ohio, États-Unis) qui a mené l'expérience. The Journal of Advanced Nursing, février 2005.

« Le rythme musical encourage l'effort »

Pour Isabelle Lalau-Kéraly, préparatrice physique, diplômée du Creps (Centre régional d'éducation populaire et sportive) : « L'ambiance musicale est la potion magique qui donne l'impression qu'une heure n'a duré que quinze minutes. » Elle a transformé des cours de gym un peu ennuyeux en séances de fitness ludiques. Ce renfort de motivation est un facteur d'efficacité à tel point que les candidats au brevet d'Etat des métiers de la forme sont admis après un test d'oreille musicale. « Dans les exercices cardio-vasculaires, on cale d'instinct son rythme cardiaque sur le tempo et on s'y tient. Il faut trouver le bon niveau sonore pour stimuler sans agresser. Pour mes cours, je choisis des mélodies connues, au rythme encourageant. C'est bon pour la persévérance, indispensable pour garder la forme et progresser. A titre personnel, je me prépare des listes de musique sur mon baladeur. Cela m'aide à courir plus longtemps. »

RD

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samedi, mars 27, 2010

 

À CHAQUE ÂGE SON BILAN DE SANTÉ

À CHAQUE ÂGE SON BILAN DE SANTÉ

Article rédigé par Agnès DUPERRIN et Stéphanie PAICHELET, Notre Temps, Septembre 2009

Objectif d'un bilan de santé : repérer un éventuel risque pour mieux le combattre et rester en forme.

ZOOM SUR LES EXAMENS CONSEILLES À 50, 60, 70 OU 80 ANS

C'est le fondement de la médecine chinoise traditionnelle : agir avant l'arrivée d'un pépin de santé. Mais se rendre chez le médecin quand tout (apparemment) va bien n'est pas une démarche évidente. Pourtant c'est un atout pour garder la forme !!

Les bilans de santé permettent de faire le point de temps en temps sur son état physique et de rectifier le cas échéant quelques-unes de nos habitudes, voire de mettre en place un traitement.

Le minimum, c'est de surveiller chaque année avec son médecin généraliste quelques indicateurs clés : poids, tension, vue, audition et réflexes. Et d'en profiter pour mettre à jour son calendrier vaccinal.

Cette simple visite suffit à repérer une perte de taille, évoquant un problème d'ostéoporose ou un problème de thyroïde, détectable par une simple palpation du cou.

Du côté dentaire, une seule règle à tout âge : c'est un contrôle annuel, et une visite rapide en cas de douleur. C'est essentiel pour continuer à bien se nourrir et garder le sourire !

D'autres examens complémentaires pourront être prescrits par le praticien, selon l'âge, le sexe, les antécédents de santé et le style de vie de chacun. Ils sont particulièrement précieux en présence de facteurs de risque connus : tabac, manque d'activité physique (moins de vingt minutes par jour d'activité soutenue), surpoids ou alimentation déséquilibrée (excès de graisses animales et carences en fruits et légumes).

Une personne fumeuse depuis plus de vingt ans ou sujette à un essoufflement ou une toux devra par exemple programmer une radio des poumons et un contrôle du souffle pour vérifier l'absence de broncho-pneumopathie (BPCO)

Comment vous aider à programmer vos prochains rendez-vous médicaux ?

POUR TOUS, UN BILAN DE SANTE GRATUIT

L'Assurance maladie offre à chaque assuré un bilan de santé tous les cinq ans. Au menu, l'examen clinique du médecin, suivi d'une batterie de tests : prise de sang, contrôle de la vision et de l'audition, évaluation de la capacité respiratoire, électrocardiogramme, examen dentaire et analyse d'urines. Un examen très personnalisé. Pour en bénéficier, contactez la caisse d'assurance maladie, qui vous adressera une demande à retourner dûment remplie. Une convocation précisera la date, le lieu et l'heure de l'examen (compter 2h30).

À PARTIR DE 50 ANS

Dosage du taux de PSA

Pourquoi ? Pour détecter un cancer de la prostate. Quand les tumeurs n'ont pas encore grossi, les chances de guérison sont multipliées. Les signes d'alerte sont des difficultés ou un besoin fréquent d'uriner, un gonflement de la prostate, des douleurs à la hanche ou au dos.

Comment ça se passe ? Une simple prise de sang estime la concentration de l'antigène prostatique spécifique (ou PSA), marqueur de l'activité de la prostate. En cas de doute, une biopsie (prélèvement) est prescrite.

À quel rythme ? Les professionnels ne sont pas unanimes. Un dépistage une fois par an permettrait, selon l'Association française d'urologie, de dépister et guérir 95% de ces tumeurs. D'autres études soulignent le risque de sur-traitement : ces cancers évoluent généralement très peu ou très lentement. Il n'est donc pas toujours utile d'intervenir, d'autant que l'opération peut entraîner des troubles sexuels ou urinaires.

Ostéodensitométrie

Pourquoi ? Pour protéger le capital osseux en repérant une éventuelle ostéoporose. Le risque de fracture est plus élevé chez les femmes que chez les hommes en raison des modifications hormonales de la ménopause mais aussi parce que les hommes possèdent une plus grosse ossature.

Comment ça se passe ? L'ostéodensitométrie mesure la densité osseuse par rayons X. Un examen indolore qui ne dure que quelques minutes. À quel rythme ? C'est variable selon les personnes. Un seul examen peut suffire. Attention a pratiquer les examens dans le même Centre pour pouvoir les comparer !

Contrôle bucco-dentaire

Pourquoi ? Pour protéger ses dents et ses gencives.

Comment ça se passe ? Le dentiste réalise un bilan parodontal (l'état des gencives) et des dents. Pour continuer à croquer la vie à pleines dents, à tout âge !

À quel rythme ? Une fois par an (en l'absence de douleurs)

Mammographie

Pourquoi ? Le cancer du sein atteint aujourd'hui une femme sur dix. Repérer des lésions minuscules augmente les chances de guérison (neuf sur dix avec un dépistage précoce), limite l'agressivité des traitements et permet de plus en plus souvent de conserver le sein.

Comment ça se passe ? En cabinet de radiologie, le sein est radiographié de face et de profil. La fiabilité du test est assurée par ce double cliché suivi d'une double lecture.

À quel rythme ? Tous les deux ans, dans le cadre du dépistage généralisé et gratuit offert à toutes les femmes de 50 à 74 ans. Plus tôt en cas d'antécédent familial ou personnel.

Bilan cardio-vasculaire

Pourquoi ? Pour éviter l'accident- infarctus ou accident vasculaire cérébral. Les maladies cardio-vasculaires évoluent sans douleur avec peu ou pas de symptômes. Pour protéger son cœur, il faut d'abord agir contre ses ennemis en arrêtant de fumer, en mangeant de tout en quantité raisonnable, en étant actif physiquement. Contrairement aux idées reçues, les femmes aussi sont concernées. « Lorsqu'elles perdent leur protection hormonale, à la ménopause, les risques flambent », insiste le Dr Kay Perlemuter, cardiologue et directrice du centre de check-up à l'hôpital américain de Paris.

Comment ça se passe ? On commence par un interrogatoire, afin de repérer des facteurs de risque, et la mesure de la pression artérielle (chaque année, puis tous les 6 mois après 70 ans). On poursuit avec une prise de sang pour mesurer cholestérol et glycémie. Un électrocardiogramme de repos (indolore) pourra être prescrit. Il s'agit d'enregistrer des impulsions électriques émises par le muscle cardiaque via des électrodes posées sur la peau. Il permet de détecter des troubles du rythme ou de conduction électrique et des défauts d'oxygénation du cœur. Une épreuve d'effort peut aussi être proposée. Sur vélo ou tapis roulant, un effort progressif est mené sous contrôle médical. « Ce test nous aide à dépister un trouble du rythme ou une souffrance des artères coronaires qui peuvent n'apparaître qu'à l'effort », précise le Dr Kay Perlemuter. « Chez les femmes, cette épreuve n'est pas pertinente car la maladie coronaire touche d'abord les petits vaisseaux difficiles à détecter. Nous préférons un score calcique coronaire. » Ce scanner flash évalue l'état des artères coronaires (qui amènent le sang au cœur).

À quel rythme ? Un bilan tous les trois ans, voire tous les ans si l'on cumule les facteurs de risque (tabagisme + diabète ou antécédents familiaux + hypertension artérielle…). Une automesure régulière de la tension est conseillée à la maison . La liste des autodensitomètres validés par les professionnels est disponible sur Internet : www.comitehta.org.

Mesure de l'acuité visuelle

Pourquoi ? Pour adapter la correction visuelle et préserver la vue en repérant tôt une éventuelle pathologie : glaucome, DMLA (dégénérescence maculaire liée à l'âge) ou cataracte (opacification du cristallin, notamment).

Comment ça se passe ? Prise de tension oculaire et divers tests au cabinet médical, tous indolores. Opération, traitement médicamenteux ou laser, l'ophtalmologie dispose d'une panoplie de moyens, à condition d'agir à temps. « Quand on a un caillou à la place du cristallin, la récupération de la cataracte n'est pas totale », prévient le Dr Yves Lachkar, ophtalmologiste.

À quel rythme ? Une fois tous les deux ans ou en cas de trouble soudain. A partir de 60 ans, une fois par an.

À PARTIR DE 60 ANS

Contrôle de l'audition

Pourquoi ? Pour compenser une perte auditive avant qu'elle n'entraîne un isolement social. Les signes d'alerte : une difficulté à suivre une conversation de groupe, parler plus fort, monter le son de la télé, faire répéter. Les appareils auditifs sont d'autant plus efficaces qu'ils sont mis en place tôt.

Comment ça se passe ? Le médecin ORL réalise une audiométrie, test en cabine insonorisée. Un casque sur les oreilles, la personne identifie les sons des différentes fréquences.

À quel rythme ? Tous les deux ans (chaque année après 70 ans). Plus tôt en cas de difficulté d'audition.

Test du champ de la vision

Pourquoi ? Pour repérer un glaucome, qui avance sans bruit et menace la vue. « Cette maladie se traduit au début par une réduction du champ visuel », explique le Dr Yves Lachkar, ophtalmologiste.

Comment ça se passe ? Prise de la tension de l'œil (comme la pression d'un pneu), observation du nerf optique ( le glaucome étant une détérioration progressive de ce nerf) et examen du champ de la vision.

À quel rythme ? Une fois par an. Et en cas de trouble soudain.


À PARTIR DE 70 ANS

Bilan neurocognitif

Pourquoi ? Pour repérer dès le début une maladie neuro-dégénérative (Alzheimer, Parkinson…). Plus le dépistage est précoce, plus les traitements sont efficaces et l'autonomie préservée.

Comment ça se passe ? « C'est souvent la famille qui note des changements, la personne n'a pas toujours conscience de ses troubles », note Hélène Videaud, neuropsychologue au centre de la mémoire de Limoges. Des tests rapides, quatre en sept minutes, sont proposés par le médecin généraliste avant un bilan neuropsychologique plus complet (1h30) réalisé dans un centre de la mémoire, basé sur des activités de la vie quotidienne : gestion des transports, du téléphone, de l'argent, des médicaments. Le médecin propose ensuite une prise en charge adaptée : stimulation de la mémoire, conseils aux aidants, etc…

À quel rythme ? Une seule fois, en cas de difficulté d'orientation, de mémorisation ou de trouble de la personnalité.

Examen du fond de l'œil

Pourquoi ? La dégénerescence maculaire liée à l'âge affecte la vision centrale et empêche de lire, conduire ou regarder la télévision. Un traitement peut limiter sa progression s'il est antérieur à la perte visuelle.

Comment ça se passe ? Avec une loupe, l'ophtalmologue examine la rétine et recherche une atteinte de la macula. C'est un examen simple, rapide et indolore.

À quel rythme ? Une fois par an. Ou en cas de signe d'alerte : lignes droites gondolantes ou se déformant (les grilles de mots croisés sont un bon test) par exemple.

Examen de la peau

Pourquoi ? Les mélanomes sont de redoutables cancers de la peau. Ne pas leur laisser le temps de s'installer permet de guérir à coup sûr.

Comment ça se passe ? Le dermatologue vérifie, loupe à la main chaque parcelle de votre peau. Il peut retirer un grain de beauté suspect, sous anesthésie locale, pour le faire analyser et confirmer ou infirmer le diagnostic de mélanome.

À quel rythme ? De méchants coups de soleil pendant l'enfance, une peau blanche, des grains de beauté nombreux et/ou atypiques, les personnes à risque doivent s'examiner face à la glace tous les trois mois, pour repérer un grain de beauté changeant de forme ou de couleur, et consulter leur dermatologue une fois par an.

Test Hémoccult et coloscopie

Pourquoi ? le cancer colorectal se développe lentement. Son « moteur » : les polypes, qui s'installent sur la paroi de l'intestin. « Ce cancer grave est guérissable si le diagnostic est précoce. On retire alors les polypes avant qu'ils n'évoluent vers un cancer », affirme le Pr François Piette, gériatre.

Comment ça se passe ? Entre 50 et 74 ans, vous bénéficiez en France d'un dépistage systématique gratuit : un courrier vous invite à retirer un test Hémoccult chez votre médecin traitant. Ce test simple est réalisé à domicile, par le prélèvement d'un fragment de selle de la taille d'un grain de riz à déposer sur une plaquette. L'échantillon est envoyé à un laboratoire d'analyses. Si les résultats sont positifs, une coloscopie (exploration visuelle de l'intestin) complémentaire sera prescrite.

À quel rythme ? Tous les deux ans. Ou plus tôt en cas de présence de sang dans les selles, diarrhée ou constipation.

Le frottis cervico-vaginal

Pourquoi ? C'est une arme radicale pour agir avant l'installation d'un cancer du col de l'utérus.

Comment ça se passe ? Le gynécologue ou le médecin généraliste prélève des cellules du col utérin à l'aide d'une petite brosse. Si elles sont jugées anormales, une biopsie sera prescrite, afin d'infirmer ou de confirmer le diagnostic.

À quel rythme ? Tous les trois ans au minimum, au moins jusqu'à 70 ans.


À PARTIR DE 80 ANS

Enquête alimentaire

Pourquoi ? Les besoins nutritionnels ne diminuent pas avec l'âge, y compris en maison de retraite. « Le métabolisme devient moins performant, il ne faut pas donc moins manger, mais mieux, en veillant à ne pas descendre au-dessous de 1500 kcal/jour », prévient le Dr Monique Ferry, gériatre et nutritionniste au centre de prévention de Valence. Les bénéfices : moins de diabète, de maladies cardio-vasculaires, de fatigue, d'ostéoporose… et surtout on évite la dénutrition et la fonte musculaire, qui accélèrent la perte d'autonomie.

Comment ça se passe ? Lors d'une consultation nutritionnelle (1h30 au total), le médecin observe les habitudes alimentaires du patient et calcule son indice de masse corporelle (IMC=poids/taille2 , qui doit être de 22 à 27 chez les seniors).« On ne perd pas du poids impunément » poursuit Monique Ferry. L'important c'est de garder un poids stable « Quand une personne âgée perd du muscle, celui-ci va être remplacé par du gras. On conseillera à ces personnes un régime riche en protéines, pour les aider à refabriquer du muscle. » L'objectif de la consultation est de livrer un maximum de conseils pratiques (guide alimentaire, fragmentation des repas, etc.)

À quel rythme ? Lors d'une variation de poids rapide.

POUR TOUS, UN CHECK-UP A DOMICILE

Fiables et simples d'utilisation, les tests à faire à la maison sont un bon moyen de surveiller régulièrement sa santé, entre deux visites chez le médecin.

En voici une liste non exhaustive :

Le lecteur de glycémie : pour évaluer les taux de sucre dans le sang. Un outil qui aide les diabétiques à mieux gérer leur maladie ;

La mesure du taux de cholestérol : un test positif (taux supérieur à 2g/l) est un signal d'alerte.

Le débitmétre de pointe : qui permet aux asthmatiques, en mesurant leur débit expiratoire, de suivre l'évolution de leurs capacités respiratoires.

L'autotensiomètre, pour évaluer sa pression artérielle.

La balance à impédance-métrie, qui calcule d'un geste le poids et la masse grasse.

Source : http://bien.vieillir.perso.neuf.fr/bilan-sante-tout-age.htm

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BIEN VIEILLIR : UN CHEMIN VERS SOI

Article rédigé par Flavia MAZELIN SALVI, Psychologies Magazine


« Un chemin vers soi » par Flavia Mazelin Salvi est un extrait (pages 70 à 74) du dossier « Dès 30, 40, 50 ans... Bien vieillir, ça s'apprend » de Psychologies Magazine (Mieux vivre sa vie), n°289, octobre 2009, pages 68 à 89

Au sommaire de ce dossier, on a entre autre :

« Le vieillissement peut être une expérience féconde », pages 76 et 77

et « Nos 6 pistes corps et esprit », pages 78 à 89, Voir : www.psychologies.com

Pas facile de bien vieillir dans une société qui cultive toutes les valeurs liées à la jeunesse. Pourtant, cela s'apprend. Ce n'est ni renoncer ni résister, mais accepter de vivre toutes les étapes en conscience, accompagner les changements et explorer d'autres facettes de soi.

IDÉES CLÉS

- Nous pouvons échapper au culte du jeunisme.

- Bien franchir les étapes de la vie, c'est d'abord bien s'y préparer.

- L'ouverture aux autres est l'une des meilleures façons de se sentir pleinement en vie.

« Cet été, quand j'ai vu Sharon Stone en couverture de Paris Match1, seins nus, vêtue d'un corset de cuir et de sandales à talons, déclarant : « J'ai 50 ans, et alors ! », j'ai hésité entre jubilation et consternation, raconte Maïlise, 44 ans. Jubilation parce que c'est grâce à ces images que les mentalités évoluent, consternation parce que, dans la vraie vie, quelle femme de son âge possède ce visage et ce corps parfaits ? » Dans la vraie vie en effet, les visages portent des rides et les silhouettes des quinquagénaires ne sont pas celles des top models. Il n'empêche qu'il n'est pas facile d'échapper au fantasme du « vieillir jeune » dans notre culture qui rêve de multiplier les centenaires, mais ne supporte pas que les visages et les corps affichent les marques du temps. « Nous sommes tous soumis à une logique de performance, estime le sociologue François de Singly2. Et pour être productif, il faut rester en superforme. Ainsi la minceur, plus que l'absence de rides, est synonyme de jeunesse. Si je suis mince, je suis actif; si je suis actif, c'est que je suis dans la course, j'ai un avenir, je ne suis donc pas vieux. » Rares sont ceux d'entre nous qui n'essaient pas de rendre moins visible le passage du temps. Pour ne pas s'exclure de la vie professionnelle, pour continuer à séduire, pour se sentir mieux dans sa peau. Mathieu, 45 ans, s'est inscrit à un club de fitness « de manière préventive ». Pour ce professeur de droit civil, « garder la ligne permet de garder le moral. Rester mince, tonique, faire cinq ans de moins que mon âge, ça m'aide à envisager l'avenir plus sereinement, je sens que j'ai un certain contrôle sur ma vie ».

DES DÉSIRS AMBIVALENTS

Garder le contrôle dans une existence aux repères toujours plus mouvants est sans doute aujourd'hui l'un des désirs centraux lorsque l'on évoque le bien-vieillir. Louis, 42 ans, a du mal à retenir ses larmes quand il parle du placement de sa mère, âgée de 74 ans et atteinte d'Alzheimer, dans un institut spécialisé. « Physiquement, tout va bien pour elle, mais elle ne reconnaît plus personne et délire à longueur de journée. Vieillir comme ça, ce n'est plus vivre. Dire que je voyais ma mère, sportive et curieuse de tout, vivre centenaire entourée de ses dix-huit petits-enfants. »

Vieillir se conjugue différemment au masculin et au féminin. Si la ménopause reste une étape cruciale dans la vie des femmes, longtemps le rapport au travail a été le seul critère retenu par les hommes pour mesurer leur rapport au temps : le vieillissement était alors d'autant plus mal vécu qu'il représentait une atteinte à la force de travail. Le spectre de la maladie, de la précarité matérielle et affective, tout cela contribue à nous faire appréhender la vieillesse comme une épreuve à surmonter, davantage qu'une saison à savourer. Car tel est le paradoxe de notre temps : notre désir d'une vieillesse synonyme de sagesse, d'acceptation sereine et de maturité rayonnante télescope nos angoisses d'insécurité, de solitude et de dépendance physique. À cela s'ajoute l'ambivalence de notre désir. Christine, 46 ans, se remémore avec tendresse sa grand-mère qui, à 65 ans, était si jolie « avec son petit chignon blanc, sans maquillage, et qui sentait la violette et le pain au lait ». Une grand-mère sage et douce, comme dans les contes des frères Grimm. En théorie, Christine aimerait offrir la même présence à ses futurs petits-enfants, et ne surtout pas devenir une de ces grand-mères seniors hyperactives qui « ont l'air d'être la mère de leurs petits-enfants ». Pourtant, elle n'envisage pas d'arrêter de sitôt le tennis, les voyages, et encore moins de renoncer au maquillage ni à ses cours de gym, qui lui assurent une silhouette de trentenaire. « C'est vrai que je ne me vois « lâcher » que vers 70-75 ans », avoue-t-elle.

Lâcher prise, acquérir plus de sagesse, gagner en connaissance de soi, concentrer son désir et son énergie sur les projets qui nous tiennent vraiment à coeur, c'est ce que vieillir peut nous offrir de meilleur. « Mais nous ne sommes pas préparés à vivre un temps en mouvement, déplore la psychanalyste Catherine Bergeret-Amselek3. Le culte de la jeunesse nous pousse à nous figer sur notre image. Or, ce n'est qu'en assumant l'éphémère, en s'ouvrant au changement, en nous et autour de nous, que nous pouvons rester vivants. Et cela n'est possible que si nous acceptons de vieillir.»

LA CONQUÊTE DE SOI

Entre bataille - perdue d'avance - pour arrêter le temps et résignation amère, l'équilibre est à trouver. Un équilibre fait d'une nouvelle conscience de soi, et que nous pourrions appeler « acceptation active ». « Vers 40-45 ans, le corps, la perception de son image et la sexualité se modifient, ajoute la psychanalyste. C'est l'âge où nous avons rendez-vous avec le parent de notre adolescence, la mère pour les femmes et le père pour les hommes, et que nous pouvons interroger notre héritage. Quel passeport pour la féminité (masculinité) ma mère (mon père) m'a-t-elle (il) donné ? Ce rendez-vous nous permet aussi de questionner nos peurs et nos désirs : voulons-nous vieillir comme notre parent ? mieux que lui ? Nous autorisons-nous à vivre différemment ? À être nous-mêmes plus que la projection du désir parental ? Ce travail sur soi est une vraie chance pour résoudre ses conflits intérieurs. »

Catherine Bergeret-Amselek considère cette étape comme un processus d'intégration qui permet de « s'approprier sa vieillesse de manière à ce qu'elle ne soit pas vécue comme une inquiétante étrangeté, mais, au contraire, qu'elle s'inscrive dans un sentiment continu d'exister. Prévoir en amont, dans un coin de sa tête, comment nous aimerions vieillir prépare le terrain et ouvre des portes ». 45 ans, c'est également l'âge où la vie professionnelle devient celle d'un « senior ». Où des plus jeunes, remplis d'énergie et d'ambition, cognent aux portes et remettent tout en question. Michèle Freud4, psychothérapeute et sophrologue, constate chez ses patients que le temps de la quarantaine est à la fois celui des bilans, des deuils, mais aussi de la renaissance. A condition de se donner les moyens de rester du côté de la vie choisie et non subie.

L'une des peurs liées au vieillissement est celle de « se devenir étranger », pour reprendre l'expression de l'écrivain et philosophe Jean Améry5. Changer de visage, de corps, ne plus se reconnaître est une réelle source d'anxiété. « Pour la majorité des femmes, c'est une période de vulnérabilité, elles ressentent une grande fragilité face à leur féminité, explique Michèle Freud. Mais en entamant un travail sur elles, la plupart découvrent le monde de l'intériorité, celui de la conquête de soi et du lâcher-prise, elles apprennent à vivre en phase avec leur désir et développent une conscience accrue de la richesse de chaque instant. Elles se rendent comptent que, avec l'âge, l'image devient soluble, qu'il faut inventer une autre façon de vivre avec soi et les autres. La grande découverte, c'est que plus on a de centres d'intérêt qui nourrissent l'intériorité psychique, plus on écarte les risques d'effondrement de soi liés aux contraintes de l'âge. » La psychothérapeute souligne l'importance d'une relation pacifiée avec son corps : « Le bien-être est un état d'esprit, mais il est aussi affaire de sensations. Même si nous n'avons pas appris auparavant à nous faire du bien physiquement, nous pouvons amorcer un processus de changement. Certaines personnes découvrent, passé la cinquantaine, un corps dans lequel il fait bon vivre ! » Plus il est habité, respecté dans ses besoins, accepté dans son imperfection, mieux il accueille le désir et le plaisir. « Les femmes croient que les hommes ne désirent que les femmes jeunes, mais c'est faux; ils sont attirés par celles qui assument leur maturité, leur sensualité, et qui aiment leur vie ! » affirme Catherine Bergeret-Amselek.

UN PAS VERS LES AUTRES

La psychanalyste met en avant un autre facteur déterminant pour bien vieillir : aller vers les autres et dans le monde. « Symboliquement, vieillir constitue « un retour dans la mère », une sorte de régression qui empêche d'être dans la rencontre sociale ou amoureuse, Il faut donc cultiver le goût des autres, investir son énergie dans la créativité. Cela exige de se mettre vraiment à l'écoute de soi. » Même conception chez François de Singly, qui voit dans l'élaboration de projets personnels une façon de concilier activité, sens et plaisir: « L'un des secrets réside dans le fait de se donner, alors que l'on est professionnellement actif, des projets exprimant des modalités de soi qui ne sont pas monnayables sur le marché. » Activités artistiques, sportives, humanitaires, associatives. Les possibilités sont multiples, une seule condition est requise: « Que la compétition existe dans le projet, mais ne l'étouffe pas. » Vivre dans l'échange, transmettre son savoir, prendre soin de ceux que la vie a moins bien traités que soi... Autant de voies d'épanouissement qui garantissent non pas de rester jeune, mais - l'enjeu est autrement plus important - de rester vivant.

À QUEL ÂGE EST-ON VIEUX ?

Dès 10 ans, la vue baisse. Mais, bonne nouvelle, l'odorat et le toucher, eux, ne se dégradent jamais !

À 20 ans, les premières rides apparaissent.

Autour de 30 ans, le sportif devient vétéran. La force physique diminue.

À partir de 35 ans, la fertilité diminue.

Vers 40 ans, les premières pertes de mémoire surviennent.


« VOIR NOS PARENTS VIEILLIR NOUS POUSSE À RENDRE LES ARMES »

Christophe Fauré, psychiatre. Christophe Fauré est spécialisé dans l'accompagnement des personnes en fin de vie, auteur notamment de Vivre le deuil au jour le jour (Albin Michel, 2004).

«Voir nos parents vieillir, cheminer vers la fin de leur vie, c'est l'occasion de cesser de leur demander une reconnaissance, une réparation qu'ils ne sont plus en mesure de nous donner. Les voir fragiles, affaiblis, nous aide à comprendre que, désormais, ils ne changeront plus. Alors c'est peut-être le moment de rendre les armes, d'accepter qu'ils n'aient pas su ou pas pu agir autrement, d'essayer de profiter des derniers moments qu'il reste à passer ensemble. Ainsi pouvons-nous devenir parents de nos parents, développer envers eux une tendresse que nous n'aurions peut-être pas crue possible quelques années plus tôt. »

Propos recueillis par Ségolène Barbé.

« J'AI ACCEPTE DE VIEILLIR LE JOUR OU... mon fils est né »

CELINE, 32 ANS

« J'ai dû attendre quatre ans avant d'être enceinte, et rester alitée neuf mois avant de devenir mère. Désir que je nourrissais depuis mes 20 ans. Alors, les signes de l'âge, depuis la naissance de Baptiste, mon fils aîné, je n'y attache aucune importance. Cette poitrine diminuée par l'allaitement, ce ventre enlaidi par des vergetures et des cicatrices de césariennes représentent ma nouvelle identité de femme qui a eu des enfants. D'accord, je ne porte plus de pantalons taille basse ni de Bikini sur la plage, mais je me sens plus jolie, plus en harmonie avec moi-même. Mon mari, délicat et attentionné, m'aide à faire le deuil de mon corps de jeune fille. Son regard me rassure et me pousse à entretenir ma féminité : je suis élégante, toujours maquillée. Je n'ai pas peur de la vieillesse grâce à ma grand-mère qui m'en a toujours renvoyé une image positive. Je l'ai longtemps connue raffinée, alerte et grande voyageuse. Dernièrement, après une opération de la thyroïde épuisante, j'ai réalisé que bien vieillir, c'est aussi prendre du temps pour soi. Auparavant battante et hyperactive, j'apprends désormais à lâcher prise. »

Propos recueillis par Marie Le Marois

« J'AI ACCEPTE DE VIEILLIR LE JOUR OU... j'ai tout envoyé valdinguer »

ANNIE, 46 ANS

« À l'approche de la quarantaine, j'ai tout envoyé valdinguer : mon mariage, mon travail, le conformisme ambiant. Cette crise était l'aboutissement d'un long chemin. J'arrivais à un stade certain de réussite professionnelle et familiale, mais avec la sensation étouffante de ronronner et d'avoir le nez dans le guidon. M'étant mariée jeune, jamais je ne m'étais posée. il a suffi que mes enfants grandissent pour que je me retrouve face à moi, avec des questions existentielles du style : « Qui suis-je ? », « Qu'est ce que j'aime ? » Des valeurs en sommeil, plus humaines, se sont révélées. Mon travail de chargée de communication ne me satisfaisait plus, j'avais envie de transmettre, d'accompagner et de partager. J'ai repris mes études. Après un master, je suis devenue formatrice auprès d'éducateurs spécialisés. J'ai aussi acheté une maison et une voiture en mon nom propre. Mes choix ne sont plus dictés par les autres, mais par ma seule volonté. Je sais ce que je ne veux plus. Je savoure chaque jour intensément. C'est incroyable à quel point cette mutation m'a redonné de l'énergie : j'ai rajeuni, je m'habille comme une femme, plus comme une mère. Je me sens deux fois plus jolie qu'avant, en harmonie, et, surtout, je suis très amoureuse.»

Propos recueillis par M.L.M.

À LIRE

Les Renoncements nécessaires de Judith Viorst

La psychothérapeute américaine retrace le long chemin des « renoncements nécessaires » qui, du berceau à la tombe, nous aident à avancer, plus sereinement, vers la réalité de notre propre mort. Un très beau livre qui éclaire la théorie psychanalytique de façon vivante, accessible, non doctrinale (Pocket, « Évolution », 2003).

1. Paris Match, du 6 août 2009.

2. Français de Singly a dirigé Sociologie de la vieillesse et du vieillissement de Vincent Caradec (Armand colin, « Sociologie », 2008).

3. Catherine Bergeret-Amselek, auteure de La Vie à l'épreuve du temps (Desclée de Brouwer, 2009).

4. Michèle Freud, auteure de Réconcilier l'âme et le corps (Albin Michel, 2007).

5. Jean Améry, auteur du Vieillissement, révolte et résignation (Payot, 1991).

Source : http://bien.vieillir.perso.neuf.fr/

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jeudi, mars 18, 2010

 

La Wii fait des heureux chez les aînés

Les résidents de la Tourterelle jouent aux quilles, malgré un lourd handicap mental.

(Photo: Éric Carrière)

Jouer aux quilles n'est pas accessible à tous. Mais voilà que des aînés atteints de maladie mentale peuvent eux aussi s'adonner à ce sport, et ce, dans le confort de leur résidence, grâce à la console Wii de Nintendo.

Des intervenants de l'Hôpital Louis-H. Lafontaine, qui travaillent auprès des aînés vivant en ressource d'hébergement, ont trouvé cette façon originale de remédier aux problèmes d'isolement et d'inactivité de leur clientèle. Depuis plus d'un an, à raison d'une fois par semaine, ils initient les résidents des ressources Charlemagne et Tourterelle aux quilles « virtuelles ».

« Les résultats sont au-delà des espérances, explique Luc Legris, conseiller clinique à la direction des services de réadaptation et d'hébergement dans la communauté de l'Hôpital Louis-H. Lafontaine. L'intérêt des résidents s'est rapidement manifesté et le jeu de quilles est devenu une véritable activité sociale. Il y a même un tableau des résultats, comme dans les vrais salons de quilles. C'est une solution merveilleuse qui contribue à briser l'isolement, justement, mais qui favorise aussi le développement de l'estime de soi. Les voir sourire et s'amuser entre eux, se lancer des défis, se féliciter après une belle performance, c'est très valorisant. On parle ici d'une clientèle qui a un lourd passé psychiatrique et qui ne peut pas sortir à l'extérieur de leur résidence. Franchement, c'est une belle réussite. »

Jouons aux quilles!

Les succès de ce projet permettent maintenant d'envisager l'implantation de ce type d'activé dans d'autres ressources hébergeant des personnes âgées atteintes de trouble de santé mentale.

M. Legris croit qu'une dizaine de ressources présentes dans l'est de Montréal et relevant de l'Hôpital Louis-H. Lafontaine pourraient offrir cette activité dans les prochains mois. « On a déjà acheté d'autres consoles de jeu, dit-il. Il faut maintenant voir au soutien technique et à l'organisation des ressources humaines pour faire de cette activité une réussite dans les autres ressources d'hébergement. »

Il n'est donc peut-être pas loin le jour où une ligue virtuelle sera créée dans les ressources d'hébergement de l'Est.

Source : Progrès Saint-Léonard, Arrondissement Saint-Léonard, article de Philippe Beauchemin, janvier 2009

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Du sport pour lutter contre le vieillissement


Une récente étude allemande, réalisée par un chercheur de l'Université de Saarland (Hambourg) montre que la pratique intensive d'exercices physiques peut prévenir le raccourcissement des télomères, et donc, ralentir le vieillissement.

Encore une excellente raison d'avoir parmi vos bonnes résolutions de 2010, le retour dans les salles de sport !

La pratique d'un sport régulier est bonne pour la santé. Il n'y a aucun doute là-dessus.

Cette nouvelle étude vient donc confirmer, une fois de plus, que l'activité physique permet, non seulement de nous maintenir en pleine forme, mais qu'elle agit également sur la préservation de la longueur de nos télomères, luttant ainsi, contre le vieillissement de nos cellules.

Avant d'aller plus loin, rappelons tout d'abord que les télomères sont des séquences d'ADN qui se trouvent à l'extrémité des chromosomes. A chaque fois qu'une cellule humaine se reproduit, les télomères raccourcissent… Ainsi, plus on vieillit, plus leur longueur tend donc à diminuer… Et lorsque les télomères d'une cellule normale ont disparu, cette dernière est détruite.

Cette enquête a justement porté sur l'étude de la longueur de ces télomères auprès d'un groupe de 32 jeunes coureurs (moyenne d'âge : une vingtaine d'années) parcourant environ 73 kilomètres par semaine ; d'un groupe de coureurs d'une cinquantaine d'années (80 kilomètres par semaine) et d'un dernier groupe témoin de quinquagénaires non sportifs.

En mesurant les télomères de ces trois groupes de personnes, les scientifiques allemands se sont aperçus que les sportifs seniors avaient des télomères plus longs que ceux des quinquas qui ne pratiquaient pas d'activité physique. Ils ont également noté des taux de télomérase, une enzyme qui permet de conserver la longueur du télomère, plus élevés chez les athlètes quinquagénaires et chez les jeunes.

Comme le souligne Ulrich Laufs, responsable de cette étude, « ces résultats montrent bien que l'exercice physique possède de véritables effets anti-âges
».

Cette recherche a été publiée dans la revue scientifique Circulation

Source : www.senioractu.com

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L’activité physique, même pratiquée tardivement, augmente l’espérance de vie

À l'occasion du congrès de la Société Européenne de Cardiologie (ESC) qui s'est tenu fin août à Barcelone (Espagne), une étude américaine réalisée auprès de 3.000 anciens soldats confirme que l'activité physique est bonne pour la santé. Mais ce qui ressort principalement de cette enquête, c'est que même pratiqué sur le tard, le sport permet d'accroitre l'espérance de vie des aînés.

Ce n'est pas un scoop. Tout le monde le sait : l'activité physique est bonne pour la santé des seniors.

En revanche, ce qui est intéressant dans cette étude américaine réalisée par les Centres médicaux des anciens combattants de Washington et de Palo Alto (États-Unis), c'est qu'elle montre que même pratiqué à un âge avancé, le sport permet d'améliorer l'espérance de vie. Il suffit pour cela, de bien vouloir « se bouger » quelques minutes tous les jours.

Cette enquête, présentée à Barcelone, a porté sur 3.041 anciens combattants américains âgés de 70 à 92 ans. Les participants à cette étude ont subi divers tests visant à mesurer leur résistance physique d'une part, et à vérifier s'ils étaient atteints de problèmes cardiovasculaires d'autre part.

En plus de ces données de départ, les chercheurs américains ont collecté différentes informations comme le poids de ces anciens soldats, leurs éventuelles maladies chroniques, les médicaments qu'ils prenaient, leur consommation de cigarettes, etc. Au total, les participants à cette étude ont été suivis pendant une vingtaine d'années.

En fonction des résultats obtenus, les scientifiques ont classé ces seniors en quatre grands groupes : « en pleine forme », « en forme », « moyennement en forme » et « pas en forme ». Résultat : l'enquête a montré une relation inversement proportionnelle entre la mortalité et la forme physique de ces aînés.

Plus concrètement, pour cent individus décédés dans la catégorie « pas en forme », les chercheurs ont comptabilisé 74 décès dans la catégorie « moyennement en forme », 54 dans la catégorie « en forme » et 46 dans la catégorie « en pleine forme ».

De plus, ces scientifiques américains ont également pu mesurer une baisse de la mortalité en fonction de l'amélioration de la forme de ces seniors : chaque période d'activité physique supplémentaire ayant directement entrainé une amélioration de l'espérance de vie.

Pour les chercheurs, ces résultats sont intéressants à double titre : tout d'abord, le sport peut améliorer notre espérance de vie à n'importe quel âge. Ensuite, les auteurs de cette étude on constaté une amélioration de l'état de santé de ces anciens militaires, même avec une activité physique relativement faible. Selon eux, idéalement, il faudrait marcher vigoureusement 20 à 40 minutes par jours plusieurs jours par semaine.

« Globalement, il s'agit de faire passer le message suivant : même si le vieillissement et la mort sont inévitables, il est possible de les retarder par une simple activité physique régulière à tous les âges de la vie. Bien que je ne puisse pas vous garantir que ces exercices ajouteront des années à votre vie, je suis bien certain qu'ils apporteront de la vie à vos années » conclut le professeur Kokkinos en charge de cette étude.

Naturellement, ne forcez pas votre grand-père ou votre arrière grand-père à reprendre une activité physique du jour au lendemain. S'il veut vraiment pratiquer un peu de sport au cours de la semaine, qu'il passe une consultation médicale au préalable et qu'il obtienne l'accord de son médecin !

Source : Article publié en septembre 2009 sur le site www.senioractu.com

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De la musculation pour protéger le cerveau des seniors


Vous recherchez des moyens afin de vivre plus longtemps et en meilleure santé!

Source : www.senioractu.com

Une étude publiée en janvier 2010 par l'Université de Colombie Britannique (Canada) montre que les exercices de musculation pourraient permettre de réduire le déclin cognitif chez les seniors, tout en améliorant leur condition physique et leur mobilité !


Cette enquête, dont les résultats ont été publiés dans la revue spécialisée Archives of Internal Medicine, a été conduite sur un groupe de 155 femmes âgées de 65 à 75 ans.

Ces retraitées canadiennes, réparties en trois groupes, ont été suivies pendant douze mois : l'une des équipes a suivi un entraînement musculaire à raison d'une fois par semaine, l'autre le même entraînement mais deux fois par semaine et la dernière, un entraînement basé sur l'équilibre et le tonus deux fois par semaine.

Résultat : « nous avons pu démontrer qu'un simple entraînement avec des altères -que les seniors peuvent facilement manier-, améliorait rapidement les facultés cognitives » indique la scientifique Liu-Ambrose en charge de cette étude auprès du Centre de recherche sur le cerveau de l'Université de Colombie Britannique. « De plus, nous avons découvert que les exercices permettaient d'accélérer la vitesse de la marche, ce qui permet une réduction du risque de mortalité ».

Plus précisément, les tests ont montré que les retraitées qui avaient suivi les programmes d'entraînement musculaire avaient vu leurs facultés cognitives augmenter de 12,6% après un an alors que celles qui n'avaient fait que des exercices d'équilibre et de tonus avaient légèrement régressé durant la même période.

De précédentes études avaient déjà démontré que les exercices d'aérobic -comme la marche ou la natation- pouvaient améliorer les facultés cognitives. Le seul problème est que ces activités physiques ne sont pas accessibles aux personnes à mobilité réduite (contrairement aux altères).

RD

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mardi, mars 09, 2010

 

La doyenne des USA meurt à 114 ans

Source : Figaro.fr

La doyenne des États-Unis et vice-doyenne du monde, Mary Josephine Ray, est décédée dimanche à l'âge de 114 ans dans sa maison de retraite du New Hampshire (nord-est), selon un bulletin nécrologique publié dans le quotidien local Union Leader.

Mary Jo Ray était née le 17 mai 1895 au Canada avant d'émigrer aux États-Unis à l'âge de 3 ans.

Plus précisément, elle est née à Bloomfield, à l'Île-du-Prince-Édouard, au Canada, de parents Canadiens français (acadiens); son père s'appelait Sabin Arsenault et sa mère, Lydie Anne Blanchard.

Elle avait emménagé dans sa maison de retraite à Westmoreland à l'âge de 102 ans. Mme Ray a deux fils, 8 petits-enfants, 13 arrière petits-enfants et 5 arrière-arrière petits-enfants.

Selon le Gerontology Research Group, Mme Ray était la deuxième personne la plus âgée du monde après la doyenne, la Japonaise Kama Chinen, née sept jours plus tôt la même année.

Désormais une autre Américaine de 114 ans, Neva Morris, née le 3 août 1895, prend la deuxième place des centenaires les plus âgés suivie par la Française Eugénie Blanchard, née le 16 février 1896, qui habite la Guadeloupe.

Le groupe de recherche gérontologique estime qu'il y a dans le monde 76 "super-centenaires" (dépassant les 110 ans), parmi lesquels 73 femmes, dont les actes de naissance sont documentés.

Les États-Unis comptent environ 96.000 centenaires, mais "moins d'un centenaire sur 1.000 atteint les 110 ans", a indiqué à l'AFP Robert Young, consultant en gérontologie pour l'organisation qui certifie les records du monde, Guinness World Records.

RD


vendredi, mars 05, 2010

 

LES AÎNÉS VIVENT LEUR ÂGE

TEXTE DE Jean CARETTE, président d'Espaces 50+ et professeur retraité de l'UQAM

VOIR AUSSI LE « BLOGUE », un site d'information pour aînés (Espaces 50+) à l'adresse suivante :

http://espaces50plusmontreal.com/site/


LES AÎNÉS VIVENT LEUR ÂGE

« La vie ? Qu'est-ce que la vie ? Les vieux, en fait les plus âgés d'entre nous, les aînés peuvent nous en apprendre beaucoup sur elle et nous aider à construire une réponse fructueuse.

La vie est d'abord une énergie qui un jour nous a propulsés dans le cours du temps. Nous n'étions rien ni personne et voilà qu'un geste d'amour, ou parfois de ses violentes caricatures, nous a fait être, humain, humaine, créés au beau et premier matin de notre monde, vivants. Puissant mystère, où quelqu'un peut surgir du néant et commencer sa vie, mais aussi surgir dans une lignée résultant de codes génétiques et d'histoires, de «données» biologiques autant que d'héritages familiaux, sociaux, culturels. Nous ne sommes pas venus au monde, mais nous y avons été mis et plus ou moins bien accueillis. «Voici des fleurs, des feuilles et des branches,» écrit Paul Verlaine, en renversant la séquence naturelle pour mieux évoquer cette ascendance d'où nous sommes issus. Les aînés sont, comme les plus jeunes, mais sous le signe particulier de l'âge, les témoins vivants de cette suite des générations, et leurs anniversaires sont les étapes marquantes de cette généalogie de condition. Ils nous rappellent, même si nous ne les entendons pas souvent, que nous sommes d'abord des héritiers et des successeurs.

La vie est aussi une histoire, de l'enfance à l'âge adulte. Je n'ajoute pas «et à la vieillesse» car l'âge avancé n'est qu'une continuité de l'âge adulte, et parce que la «vieillesse» est une vue de l'esprit, une construction sociale et culturelle qui s'est imposée dans nos sociétés. Il n'existe aucun marqueur biologique satisfaisant de ce que nous appelons la vieillesse. Nous en avons fait un état, une catégorie à part, une étape différente, séparée et finale, soir ou hiver de la vie, entraînant une stigmatisation des plus âgés, un scandaleux déni de droits et de vie pour la plupart.

La vie, c'est donc l'histoire d'un développement, dans des contextes sociaux plus ou moins favorables; les chapitres de ce livre d'histoire se sont déroulés et écrits de l'école de l'enfance aux universités du «troisième» âge, en passant par les recyclages et la formation continue ou permanente, de l'apprentissage à la retraite en traversant une carrière ou plusieurs et souvent en subissant les aléas du chômage ou de l'invalidité, de la famille globale à la famille éclatée, de couple en couple et en veuvage, entre loisirs et vacances, maladies ou accidents. Tout au long de ces routes, les aînés ont appris la vie, ont saisi peu à peu que la vie est faite d'étapes et de cycles, de crises et de retours à la sérénité, de conquêtes et de pertes, de dépendances assumées et d'autonomies conquises. Ils y ont acquis, certains plus ou mieux que d'autres, ce que nous appelons expérience et maturité, c'est-à-dire capacité de peser au juste poids les choses et les êtres, de faire sens ou de le trouver dans les situations et les rencontres, par intuitions ou raisonnements, paris ou déductions, métabolisant les événements à force de réflexions et de dialogues.

Au départ si fragile et légère, la vie a cru pour eux en densité et en envergure, entre échecs et réussites. Aujourd'hui « plus vieux» et souvent plus jeunes au dedans, ils sont prêts à partager cette histoire de vie dont ils ont traversé les épisodes, mais aussi à la poursuivre avec d'autres et par d'autres, en coopérations possibles et en relais disponibles. Ainsi le passé, le leur, n'est pas dépassé et témoigne qu'il peut encore éclairer le présent de tous, pour le meilleur et pour le pire. Loin de vouloir donner des leçons moralisantes, ils s'offrent à la confidence, pour élaborer une vérité de vie qui soit commune, bien commun par mise en commun. Quelles que soient les circonstances et les résultats, les causes et les effets, la couleur ou la grisaille, la vie en eux s'est faite patrimoine à transmettre pour féconder l'avenir, pour le mettre au monde, c'est-à-dire pour lui donner le monde comme horizon. Ainsi, leur présent deviendra cadeau, et non mémoire à garder ou à perdre.

Car la vie est d'abord un présent, non celui du chronomètre et de l'heure officielle de nos observatoires, mais «le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui» de Mallarmé, espace privilégié d'une ouverture au changement. Les aînés sont là, disponibles et présents, non survivants mais vivants, c'est-à-dire aptes et prêts à s'intégrer activement dans leurs divers milieux de... vie, à en optimiser les ressources, à en construire le sens. Moins pressés par le temps, le plus souvent libérés des contraintes du travail et des charges de famille et donc potentiellement plus ouverts à une expression «citoyenne» de leurs points de vue et de leurs choix personnels, ils souhaitent pour la plupart exercer «encore» leur utilité sociale au jour les jours, sur la base de leur expérience accumulée, intellectuelle ou concrète, artistique ou plus ordinaire, militante ou plus passive.

Être vivant suppose d'abord d'accepter et d'assumer le cadeau-présent de la vie, mais aussi de s'en faire l'actif porteur dans le travail du social, en recueillant nos pulsions et nos forces de vie et en rassemblant avec les autres nos solidités et nos solidarités. La vie, c'est aussi les lendemains, ceux qui font peur comme ceux qui «chantent». «Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir», c'est-à-dire ce mélange de rêve et de possible, usage mobilisateur et porteur, levier du temps à venir. Or nous nous représentons le plus souvent les aînés comme des gens du passé, qui ont été (have been) et qui ne sont presque plus, comme des souvenirs désuets et dépassés. Notre société consomme et consume ceux qui l'ont bâtie, telle une ogresse gloutonne et ingrate, indifférente aux saveurs d'humanité; il lui faut toujours du nouveau, de l'inédit, du surprenant, de l'instantané, comme une drogue excitante. À travers ce mitraillage «d'actualités» toxiques, les aînés, qu'ils le veuillent ou non, qu'ils le sachent ou non, représentent ce que les plus jeunes seront un jour, plus mûrs, plus âgés, plus forts ou plus faibles, mais ayant avancé en âge et en humanité.

Témoins du passé, acteurs au présent, les aînés sont aussi des prophètes : ils sont en avant (pro-) sur la route du temps et, par la position même de leurs cohortes, disent (-phètes du grec phèmi, dire) ce que pourraient être les avenirs qui nous sont offerts, les plus prometteurs comme les plus effrayants. Dans les premières communautés chrétiennes, le prêtre était le presbys, c'est-à-dire l'ancien. Même quand l'élection se portait sur un plus jeune, il devenait l'ancien, dont la dignité nouvelle l'investissait en lui confiant le destin spirituel de sa communauté. Je proposerais plutôt aujourd'hui pour les aînés un vicariat citoyen : dans le vicus, le voisinage, la communauté de vie, le vicaire laïc est celui qui suscite, maintient, nourrit les liens sociaux, celui qui fait relais, intercession et soudure, l'intermédiaire indispensable pour contenir toute menace de violence et de déstructuration du vivre-ensemble. Combien de lourds silences, de solitudes imposées, de passivités subies sont et seraient ainsi évités par la présence attentive et par l'écoute active et fraternelle des plus mûrs d'entre nous ! Ainsi, pour tous, peut prendre sens, orientation et signification, l'avance en âge, non progrès mais développement, non régression mais transformation et métamorphose. Et la proximité relative de la fin de vie ne saurait y faire obstacle.

Comme l'écrit ce cher Montaigne à la toute fin de ses Essais :

«Principalement à cette heure que j'aperçois ma vie si brève en temps, je la veux étendre en poids; je veux arrêter la promptitude de sa fuite par la promptitude de ma saisie, et, par la vigueur de l'usage, compenser la hâtiveté de son écoulement : à mesure que la possession de vivre est plus courte, il me la faut rendre plus profonde et plus pleine.» Une conclusion qui ouvre toute une perspective de ...vie et que je fais mienne depuis des années. »

RD

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jeudi, mars 04, 2010

 

Connaissez-vous citoyenne Pauline?

Allez visionner ce VIDÉO à l'adresse suivante :

http://parolecitoyenne.org/citoyenne-pauline

IL EN VAUT LA PEINE!

« Pauline est une citoyenne du futur bien qu'elle ait déjà beaucoup vécu. Elle est déjà vieille, mais les questions entourant sa situation dans la société sont criantes et actuelles.

Comment ferons-nous face aux nombreux besoins liés au vieillissement? La main-d'oeuvre à venir pourra-t-elle contrer les conséquences des départs massifs des baby-boomers du marché du travail? Ceux-ci auront-ils une retraite et une mort digne, compte tenu des problèmes que connait notre système de santé? Et que ferons-nous des établissements créés et des professionnels formés pour desservir ce bassin de population, une fois le goulot démographique disparu de la pyramide? La liste de questions est encore longue...

Citoyenne Pauline est le fruit d'une soirée de conversation entre Daniel Roy et sa grand-mère. Citoyenne Pauline témoigne de ses préoccupations actuelles, ainsi que de celles à venir. Elle se fait, le temps d'une conversation, la porte-parole d'une masse grandissante de notre société. »

(Auteur : Jean Carette)

RD

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mardi, mars 02, 2010

 

Comment mourir dignement?


REGARDEZ L'ÉMISSION « SECOND REGARD » DE RADIO-CANADA du 28 février dernier.

http://www.radio-canada.ca/emissions/second_regard/2009-2010/

Au Québec, le débat reprend autour de l'euthanasie, du suicide assisté ou de ce que certains appellent « le droit de mourir dignement ». Un débat qui soulève des passions et certaines collisions sur deux visions diamétralement opposées. Et les opinions sont souvent sans compromis.

Professeur de philosophie, auteur et membre du comité d'éthique clinique à la maison Michel-Sarrazin, Louis-André Richard ne laisse pas de place au doute. Pour lui, « la vie vaut toujours mieux que la mort ». Il est contre l'euthanasie.

De son côté, le Dr Bernard Senet est médecin de campagne en France depuis des années, et il milite pour la légalisation de ce qu'il appelle l'interruption volontaire de la vie. D'ailleurs, il ne cache pas avoir aidé plusieurs personnes en fin de vie à « partir », à passer à l'acte.

Alain Crevier les a rencontrés.

L'entretien d'Alain Crevier avec le philosophe Louis-André Richard

L'entretien d'Alain Crevier avec le Dr Bernard Senet

Commentaire de Philomage

Le débat sur l'euthanasie est relancé pour de bon. Pour une fois, il est heureux que l'on a tout le temps d'en débattre avant que la majorité des baby-boomers du Québec aient pris leur retraite à 65 ans en 2013. Parce que je crois sincèrement que ce débat de fond va aider à trancher le noeud gordien inévitable lorsque arrivera la fin de vie pour certains d'entre eux. Souhaitons que ce ne sera pas notre lot! La compassion vaut mieux que tout dérivatif légal ou pire, se fermer les yeux et laisser mourir dans la souffrance et l'angoisse extrême.

RD

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