dimanche, janvier 30, 2011

 

Étude de l'OCDE sur les soins de longue durée pour les personnes âgées

UNE ÉTUDE DE L'OCDE QUI FAIT LE POINT SUR LES SOINS DE LONGUE DURÉE DANS LES PAYS DE L'OCDE

Les soins de longue durée sont à la jonction de plusieurs domaines de l’action politique. Ils recouvrent un large éventail de services aux personnes dépendant de l'aide d'un tiers pour accomplir les activités élémentaires de la vie quotidienne. Au cours des trente prochaines années, la demande de soins de longue durée va fortement augmenter lorsque les cohortes de la génération du baby boom atteindront le quatrième âge.

Comment les gouvernements des pays de l'OCDE répondent-ils à ces attentes croissantes ? Qu'est-ce qui a été fait pour améliorer l'accès aux soins de longue durée et la qualité des services, et rendre le coût des soins plus abordable ? A-t-on des exemples de stratégies ayant amélioré le mix de services et de politiques de manière à permettre le maintien à domicile d'un plus grand nombre de personnes âgées ? Ces stratégies ont-elles contribué à une meilleure maîtrise des coûts ?

Cette étude (VOIR LES COORDONNÉES CI-DESSOUS) rend compte des dernières évolutions des politiques en matière de soins de longue durée dans dix-neuf pays de l'OCDE : l'Allemagne, l'Australie, l'Autriche, le Canada, la Corée, l'Espagne, les États-Unis, la Hongrie, l'Irlande, le Japon, le Luxembourg, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse. Elle étudie les enseignements tirés de l'expérience des pays ayant engagé des réformes de grande ampleur au cours des dix dernières années. L'évolution des dépenses, des financements et du nombre des bénéficiaires des soins est analysée sur la base de données nouvelles concernant les différences observées d'un pays à l'autre. Une attention particulière est accordée aux programmes qui proposent diverses solutions aux consommateurs de ces services, et notamment aux prestations en espèces aux aidants naturels. Des profils concis des systèmes nationaux de soins de longue durée et un aperçu de la démographie et des conditions de vie des personnes âgées rendent plus accessible ce domaine politique complexe.

COMMENT OBTENIR L'ÉTUDE EN QUESTION ? 





Les lecteurs peuvent accéder à la version complète de "Les soins de longue durée pour les personnes âgées" en choisissant parmi les options ci-après :

Source de l'information : Blogue de Paule Laramée - 8 décembre 2010, à l'adresse suivante :

http://www.aqesss.qc.ca/1793/Le_besoin_d_une_politique_du_vieillissement.aqesss?postid=128

RD


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Une réorganisation audacieuse en Gaspésie


QUÉBEC – Le CSSS de la Matapédia, en Gaspésie, a joué d'audace afin que des patients âgés en perte d'autonomie puissent demeurer le plus longtemps possible à domicile. Le pari semble gagné.

En 2007, la direction du CSSS a fermé 25 lits de longue durée et réorganisé l'offre de services afin de mieux répondre aux besoins exprimés. On a demandé aux gens âgés qui souhaitaient rester à la maison ce dont ils avaient besoin : aide ménagère, préparation des repas, soins de base ou autres, a rapporté Johanne Landry, dans la revue Synergie, de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS).

Des ententes de partenariat ont été conclues avec des organismes communautaires et l'on a revu les services professionnels offerts.

Le CSSS a également mis en place un guichet d'accès aux services et un suivi systématique à domicile. Trois ans plus tard, 120 personnes en sérieuse perte d'autonomie qui, auparavant, auraient été placées en hébergement sont maintenues à domicile de façon sécuritaire.

Si l'état de la personne se dégrade, on peut recourir à la ressource privée, ensuite à la ressource intermédiaire, avant l'institutionnalisation.

Résistance
On a ainsi pu fermer un étage au centre de soins de longue durée. L'espace a été reconverti pour des services dans la communauté.

La direction du CSSS a su par ailleurs aplanir la résistance au changement tant au sein de la population que chez les intervenants. Elle est maintenant rendue à l'étape de déterminer jusqu'où on ira dans l'intensification des services à domicile.

Le modèle mis en place par ce CSSS pourrait être transposé dans d'autres régions.

RD

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La majorité des Québécois se voient vieillir chez eux


 
 Article de Johanne Roy, Canoë.ca, 30 janvier 2011

 Photo :Daniel Mallard / JDQ / Agence QMI

 « Il faut que l’État québécois continue à investir dans les soins à domicile parce que c’est ce qu’il y a de mieux pour la personne », estime le directeur général du CSSS de Québec, Hugues Matte. 

Qui est M. Hugues Matte?

Le conseil d’administration du CSSS de la Vieille-Capitale a nommé, le 19 janvier 2010, M. Hugues Matte directeur général.

Gestionnaire dans le réseau de la santé et des services sociaux depuis plus de 25 ans, M. Matte était le directeur général adjoint du CSSS de la Vieille-Capitale depuis sa création. Il était notamment responsable de la mission universitaire et du développement du partenariat et des communautés. M. Matte fait partie du Comité d’orientation du RUIJ au nom de l’AQESSS.



 Des statistiques intéressantes

Vieillissement ne rime pas nécessairement avec vie en institution. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, c'est le fait de seulement un Québécois sur dix âgé de 85 ans et plus.

La proportion des 65 ans et plus vivant dans un centre de soins de longue durée est de moins de 1%. Chez les 75 ans et plus, celle-ci se situe à 3%.

Six octogénaires sur dix sont toujours à leur domicile, tandis que 30% vivent dans des résidences privées avec services.

«La grande majorité des Québécois se voient vieillir chez eux. Dans les faits, on voit de plus en plus de centenaires à domicile, avec des services de soutien», a fait valoir le directeur général du CSSS de la Vieille-Capitale, Hugues Matte.

« Auparavant, on traitait les personnes âgées comme un bloc monolithique. Or, maintenant, on constate qu'à 65 ans, les gens sont encore très actifs, en bonne forme, autonomes. Il faut recentrer nos services auprès des 75 ans et plus, dans le but de retarder le plus possible l'hébergement », a analysé M. Matte.

Réponse aux besoins

Le CSSS de la Vieille-Capitale dessert autour de 7300 aînés en soutien à domicile, ce qui représente 10% de la population âgée de son territoire. La capitale a été divisée en deux territoires de CSSS, Vieille-Capitale et Québec-Nord.

« Nous répondons à 90% des besoins (la moyenne provinciale est de 88%). Depuis quatre ans, nous avons reçu 4,2 millions $ de crédits supplémentaires pour le soutien à domicile, ce qui a permis l'ajout de 50 postes et le rehaussement de l'offre de services de 18 à 20% », a précisé M. Matte.

La coordonnatrice des services de soutien à domicile, Céline Allard, a assuré qu'il n'y aucun délai pour la prise en charge au niveau des soins infirmiers, des auxiliaires familiales et des aides à domicile.

Croissance de la demande

« Le CSSS peut répondre rapidement aux besoins sur une courte période. C'est à plus long terme qu'une bonification de l'offre de services serait nécessaire, en terme d'intensité et de fréquence », a-t-elle stipulé.

Dans les cinq prochaines années, on prévoit une croissance de la demande de l'ordre de 17% chez les 65 ans et plus et autour de 22%, chez les 75 ans et plus.

« Le Québec se situe dans le peloton du milieu au Canada, au chapitre du soutien à domicile. Il faut que l'État québécois continue à investir dans les soins à domicile, parce que c'est ce qu'il y a de mieux pour la personne », a affirmé M. Matte.

RD

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Connaissez-vous le Regroupement québécois des résidences pour aînés, qui rassemble 600 propriétaires d’établissements?


Yves Desjardins est le PDG du regroupement québécois des résidences pour aînés

L'entête du site : « La qualité ne se montre pas. Elle se vit. »

L'ADRESSE DU SITE INTERNET :

http://www.rqra.qc.ca/

CV du PDG, M. Yves Desjardins :

Gestionnaire chevronné, Yves Desjardins détient un baccalauréat en éducation et un MBA. Après avoir d’abord œuvré comme éducateur, il a relevé pendant plus de 20 ans de nombreux défis professionnels dans des postes de direction au sein d’organismes publics et a à son actif de très nombreuses réalisations. Il a, notamment, mis sur pied et dirigé l’École nationale des pompiers du Québec créée en 2000 par le gouvernement du Québec. Plus récemment, il a été directeur général du Registre des ostéopathes du Québec.

M. Desjardins s’est aussi acquitté de plusieurs mandats de formation à l’étranger et a donné de nombreuses conférences, aussi bien aux États-Unis qu’au Canada, en plus de participer à des comités pour des organismes canadiens et nord-américains et d’agir comme consultant, animateur et formateur. Habile communicateur et reconnu comme un excellent leader, il est constamment à l’affût des plus récents développements et des tendances significatives en matière de gestion. De plus, son grand intérêt pour le contenu des dossiers l’incite à acquérir les connaissances essentielles à la maîtrise des enjeux importants.

Si vous avez des questionnements concernant la gestion des 600 résidences privées, vous pouvez toujours contacter M. Yves Desjardins à l'adresse suivante : ydesjardins@rqra.qc.ca

Mission

Le RQRA a pour mission de regrouper, représenter et soutenir les membres gestionnaires des établissements d’habitation et d’hébergement privés du Québec offrant des services et des soins à des personnes âgées autonomes ou en perte d’autonomie.

Il y a aussi un Conseil d'administration formé de quelques membres dont on peut obtenir le pedigree en allant sur leur site Internet.

Le RQRA est un organisme à but non lucratif qui regroupe près de 600 membres propriétaires et gestionnaires de résidences et de CHSLD offrant un milieu de vie aux personnes âgées autonomes et des services d'assistance ainsi que des soins aux personnes âgées en perte d'autonomie, ce qui en fait le plus important groupe d'intérêt d'entreprises privées d'hébergement pour personnes âgées au Québec

COMMENTAIRE DE PHILOMAGE

POUR VOTRE INFORMATION, VOUS POUVEZ TOUJOURS CONSULTER L'AGENDA DE L'ORGANISME, IL N'Y A PRATIQUEMENT RIEN À SIGNALER SAUF UNE RENCONTRE EN ABITIBI. Mais, le contenu est secret et réservé aux membres propriétaires et gestionnaires de résidences. Sans autre commentaire!

RD

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samedi, janvier 29, 2011

 

Ennui et abandon de personnes âgées dans des résidences privées















Des personnes âgées en résidence, lavées et nourries en quelques minutes, puis abandonnées devant la télé, paraissent résignées.


Article de Annie Gagnon/Agence QMI, Journal de Québec, 29 janvier 2011

Une enquête de J.E. réalisée dans des résidences privées pour personnes âgées dresse un portrait sombre de la vie quotidienne de nos aînés.

Durant deux mois, une collaboratrice de l’émission, munie d’une caméra cachée, a visité des établissements privés à Montréal et en périphérie.

Premier triste constat : les résidents s’ennuient à mourir. En dehors des repas, la télévision est souvent leur seule distraction.

Dans un milieu où il y a un manque criant de personnel, notre collaboratrice, qui a offert ses services comme bénévole, a été accueillie à bras ouverts par des propriétaires prêts à l’embaucher sur le champ, sans vérification de ses références.

Pire encore, elle est entrée dans la presque la totalité des établissements avec une facilité déconcertante. À sa première visite comme bénévole dans une résidence de Longueuil, elle a obtenu le code d’accès d’une porte sécurisée.

Son nom et son âge ont été les seules informations demandées par le propriétaire pour faire du bénévolat.

Malgré son absence de formation, des préposés et même des propriétaires de résidences n’ont pas hésité à solliciter son aide dès son arrivée. En plus des travaux ménagers, on lui a aussi demandé d’effectuer des tâches normalement réservées aux préposés.

Dans un autre établissement, le directeur a offert 20 $ à notre collaboratrice qu’il connaissait à peine, pour qu’elle conduise un résidant à l’Hôpital St-Luc pour un examen médical.

« C’est inacceptable », a lancé d’emblée le directeur général de la Fédération des préposés aux bénéficiaires du Québec, Michel Lemelin. « Un bénévole n’est pas là pour donner des soins. Un bénévole est là pour participer à du temps de qualité auprès des patients », a déclaré M. Lemelin.

Cinq minutes pour la toilette

L’enquête révèle aussi que les employés manquent cruellement de temps en ce qui concerne l’hygiène personnelle. Dans certains établissements, les douches de cinq minutes sont la norme et pas plus d’une fois par semaine. Dans une résidence de Laval, la caméra a capté la toilette d’un résidant, qui s’est limité aux cheveux et aux aisselles.

Selon Michel Lemelin, cinq minutes sont nettement insuffisantes. « Ça soulève des questions. Quand je travaillais en CHSLD, une demi-heure c’était le minimum. Quand on donne une douche, ce n’est pas simplement laver la personne, ça comprend le shampoing, le nettoyage des ongles et des plaies. » Dans une résidence de Montréal où vivent une vingtaine de patients, une préposée raconte qu’un homme est resté une fin de semaine entière dans sa chambre alors qu’il avait déféqué sur son plancher. Personne n’est venu nettoyer.

Le travail, c’est de torcher

Un cuisinier a aussi décrit crûment le travail de préposé aux bénéficiaires. « Moi je vais te le dire : quand tu rentres, tu torches. »

Le Regroupement québécois des résidences pour aînés, qui rassemble 600 propriétaires d’établissement, ne s’inquiète pas outre mesure de la plupart des constats de l’enquête de J.E.

La seule lacune qui mérite d’être corrigée, selon le PDG du Regroupement, concerne la vérification des antécédents des employés et des bénévoles. « Je sais que certains de nos membres font affaire avec des agences qui vérifient les antécédents, d’autres sont en train de mettre en place des procédures », a expliqué Yves Desjardins. Il s’agit cependant d’une initiative des propriétaires et non pas du Regroupement.

Bientôt une nouvelle réglementation

La ministre déléguée aux Services sociaux Dominique Vien a vivement réagi à l’enquête réalisée par J.E.

« Cet ennui que vivent nos personnes âgées, ça me dit à moi comme femme, comme fille aussi d’une maman qui vieillit, que cette responsabilité de prendre soin d’eux, à tout le moins de s’en préoccuper, fait partie d’une responsabilité collective, oui de la résidence pour personnes âgées, mais également des enfants. »

La ministre a déclaré que les modifications qui seront apportées sous peu à la réglementation entourant la certification de conformité des résidences privées vont pallier de nombreuses lacunes montrées dans les reportages.

Le gouvernement a d’abord l’intention d’exiger des propriétaires de résidences privées un seuil minimal d’employés. La ministre Vien a toutefois refusé de révéler ce nouveau ratio.

Les centres d’accueil privés seront aussi divisés en deux catégories, selon le type de clientèle autonome ou semi-autonome, un critère qui n’existe pas actuellement.

Québec va également exiger une formation uniformisée et obligatoire des employés, selon le type de clientèle hébergée. L’équipe de la ministre Vien négocie à ce sujet avec le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

« Quand on est un propriétaire de résidence privée pour personnes âgées, on n’est pas dans n’importe quelle entreprise, on doit être conscient qu’il s’agit d’une clientèle vulnérable. Alors si quelqu’un trouve que les seuils sont trop importants ou que les modifications que j’apporterai sont trop exigeantes... Pour moi il n’y a pas de compromis à faire là-dessus. »

Elle a même lancé un ultimatum aux gestionnaires d’établissements. « Ce sera le choix d’affaire des propriétaires d’accepter ou de ne pas accepter ce qu’on leur demandera. »

Sans préciser le nombre d’inspecteurs que cela nécessitera sur le terrain, Dominique Vien a indiqué qu’elle étudie actuellement un modèle d’inspection plus simple que celui existant déjà dans les CHSLD. « Je veux une structure moins lourde et plus réaliste », a-t-elle dit.

Ces changements nécessiteront des modifications législatives, lesquelles seront présentées à l’Assemblée nationale au cours des prochaines semaines. « J’ai la commande de M. Charest de faire en sorte qu’au Québec, nos personnes âgées vivent heureuses et dans des lieux sécuritaires, alors le processus devrait aller assez rapidement en 2011 », a précisé la ministre.

COMMENTAIRE DE PHILOMAGE

Bientôt, la masse des baby-boomers va apparaître dans le décor des résidences privées. Tous n'auront pas la capacité de se payer une résidence privée de grand luxe, c'est bien clair. Ce que l'on voit présentement devra être corrigé rapidement, sinon un grand nombre d'entre eux, je parle des baby-boomers, subiront le sort de ces victimes d'un système mal réglementé et mal foutu. Qui imagine se voir victime d'une telle situation dans un avenir rapproché? Personne, j'en suis persuadé. Pas plus VOUS que MOI. Alors, agissons maintenant. ça presse!

RD

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Les personnes âgées, l’or gris des promoteurs

Article de Jean-François Cloutier, Canoë.ca, 28 janvier 2011

Avec le retrait relatif du secteur public des soins de longue durée, les résidences pour personnes âgées représentent un nouvel Eldorado pour les promoteurs privés. La Caisse de dépôt et placement du Québec a pris le train elle aussi, elle qui vient d’acheter une nouvelle résidence dans l’ouest de Montréal.

La Caisse, à travers une filiale immobilière, a fait récemment l’acquisition d'une résidence de 266 logements pour personnes âgées à Lachine au coût de 30,8 millions de dollars.

Selon Eddy Savoie, président des Résidences Soleil, les fonds de pension investissent de plus en plus dans les résidences pour gens du bel âge, ce qui mène à une relative abondance de l’offre, du moins dans le créneau des résidences entièrement privées destinées à une clientèle fortunée.

«Dès que des organisations comme les fonds de pension voient un secteur qui se porte bien, elles sont tentées d’investir dedans. Malheureusement, elles oublient parfois qu’il faut un cœur pour diriger ces résidences », dit-il.

M. Savoie ajoute que des promoteurs ont tendance à s’endetter lourdement pour construire de nouvelles résidences, ce qui entraîne un impératif de résultats à court terme. «Contrairement à eux, nous ne sommes pas surhypothéqués», mentionne-t-il.

Pénurie ailleurs

Parallèlement à cela, il faut noter une pénurie de résidences dans le secteur des ressources intermédiaires d’hébergement, où des promoteurs commencent aussi à s’activer, selon Jacques Fournier, responsable du dossier santé à l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées.

Les ressources intermédiaires d’hébergement représentent une forme de partenariat public-privé où le gouvernement paie une somme à des promoteurs pour qu’ils hébergent des personnes âgées semi-autonomes qui n’ont pas les moyens de se payer une résidence purement privée.

La baisse du nombre de place en CHSLD a accentué la demande pour ce genre de produit, signale M. Fournier.

La présidente de l’Association des ressources intermédiaires, Martine Castonguay, souligne que de grands acteurs s’impliquent désormais dans ce marché fragmenté où l’offre peine à répondre à la demande.

Alors que traditionnellement le nombre de lits dans était limité dans les résidences, on voit de plus en plus de méga-ressources intermédiaires, particulièrement dans la région de Montréal.

«À Montréal, on est rendu à des établissements de 200 lits. Ça s’explique par la rareté des espaces et le coûts des terrains», mentionne Mme Castonguay.

M. Fournier se montre inquiet de cette évolution. Il souligne que la petite taille des établissements conférait un aspect humain aux ressources intermédiaires. Il ajoute que l’appétit de profit des promoteurs peut les entraîner à rogner sur certaines dépenses, en ce qui a trait aux soins prodigués ou à l’encadrement de personnes vulnérables.

«Au lieu d’avoir deux agents de sécurité pendant la nuit, un promoteur va n’en garder qu’un. Il est arrivé que l’agent s’endorme et qu’une personne âgée meure pendant la nuit», dit-il.

M. Fournier tient à préciser que la grande majorité des ressources intermédiaires sont bien tenues. «80% des établissements sont très corrects. Il y en a peut-être 20% qui posent problème, mais 20%, ce n’est quand même pas rien. Si on vous disait que 20% des restaurants à Montréal sont insalubres, vous réagiriez comment?», demande-t-il.

RD

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vendredi, janvier 28, 2011

 

Oui à une forme d'épargne forcée

Article de Jean-Paul Gagné. Les Affaires . 22-01-2011

Il ne faut pas se surprendre que la suggestion de Claude Castonguay de forcer les salariés qui n'ont pas de régime de retraite à épargner davantage ait été rejetée par plusieurs politiciens et observateurs. Ne sommes-nous pas des experts dans l'opposition systématique aux projets et aux idées nouvelles ?

Trois grandes raisons expliquent ce rejet. La première est l'aversion des politiciens à imposer toute mesure qui déplaît aux citoyens. Il est en effet plus facile de reporter les problèmes dans la cour de leurs successeurs.

La deuxième raison est la perception que la classe moyenne n'a pas les moyens d'épargner davantage. Il est vrai que celle-ci est déjà très taxée, mais ce n'est rien par rapport à ce qui l'attend si on laisse aller à la retraite de plus en plus de personnes incapables de subvenir à leurs besoins. Une bonne proportion d'entre eux pourraient vivre 20 ans et plus sans autre revenu que les pensions de l'État.

Bien sûr, comme il n'est pas dans notre culture de laisser les gens dans la misère absolue, l'État va s'occuper d'eux... avec l'argent des contribuables de cette même classe moyenne, qui paient déjà la plus grande part des taxes et des impôts récoltés par le gouvernement. Pourquoi elle ? Parce que 40 % des contribuables ne paient pas d'impôt et que les riches sont trop peu nombreux. Taxer davantage ces derniers serait les inviter à envoyer leur argent à l'étranger ou à émigrer. On ne peut pas non plus taxer davantage les entreprises et leurs profits, car cela pourrait être suicidaire pour notre économie, la concurrence étrangère s'intensifiant et le fardeau fiscal des sociétés baissant partout.

L'autre grande raison a trait au rôle de l'État. De quoi se mêle-t-il encore une fois ? Qu'on laisse les gens gérer leurs affaires, dit-on.

Des citoyens infantilisés

Il est cocasse d'entendre cet argument dans une province où l'État-providence est omniprésent et où la grande majorité de la population adore qu'il en soit ainsi. L'État pige dans nos poches pour financer des garderies à 7 $ par jour, uniques en Amérique, pour financer le régime d'assurance parentale le plus généreux d'Amérique, pour justifier les droits de scolarité universitaire les plus bas d'Amérique, pour offrir le meilleur régime d'assurance médicaments d'Amérique, etc.

Cette prise en charge étatique a déresponsabilisé, voire infantilisé nombre de citoyens. Ils aiment leur vie de cigales, sans trop se demander de quoi ils vivront quand ils ne pourront plus travailler. L'État a déjà pris en charge la défense nationale, la sécurité publique, les infrastructures de transport, la gestion de l'eau et des déchets, la protection de l'environnement, l'éducation, la santé et une partie de la retraite des citoyens. L'autre partie a été laissée à la société civile, mais le résultat est un quasi-échec. Près des deux-tiers des salariés n'ont pas de régime de retraite de leur employeur, et parmi ceux qui en ont un, plus de 50 % travaillent pour l'État. De plus, les sociétés qui offraient à leurs employés un régime de retraite à prestations déterminées le remplacent par un régime à cotisations déterminées, transférant ainsi le risque de la rente aux retraités.

En outre, seulement 25 % des travailleurs cotisent à un régime enregistré d'épargne retraite (REER) et seulement 7 % des personnes de 65 ans et plus en tirent un revenu. Qui plus est, ce revenu ne compte que pour 2 % de leurs revenus totaux, ce qui indique bien l'insuffisance du REER comme complément de revenu pour les retraités.

Claude Castonguay propose d'obliger les salariés qui ne bénéficient pas d'un régime d'employeur et qui gagne entre 30 000 $ et 80 000 $ par année à placer 5 % de leur revenu dans un REER. Cette cotisation serait déductible du revenu imposable. Cet actif pourrait aussi servir à l'achat d'un logement.

En passant, ce n'est rien à côté du système d'épargne forcée instauré à Singapour en 1955, qui prévoit des cotisations de 20 % par les salariés et de 15,5 % par les employeurs pour financer des fonds d'investissement et de protection du revenu (retraite, habitation, santé, etc.). Singapour est un des pays les plus prospères, et la Chine a copié ce système.

La proposition Castonguay est un mal nécessaire pour les cigales qui refusent d'épargner et une question de justice envers les fourmis qui planifient leur retraite. Cette proposition mérite d'être débattue, et non pas d'être condamnée cavalièrement, comme l'ont fait des gens qui n'ont même pas de solution de remplacement à proposer.

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jeudi, janvier 27, 2011

 

41 % des personnes qui s’enlèvent la vie au Québec sont âgées de 50 ans et plus.

32 % moins de suicides depuis dix ans au Québec, mais 41 % des personnes qui s'enlèvent la vie sont âgées de 50 ans et plus.

Bruno Marchand, directeur général de l'Association québécoise de la prévention du suicide, accompagné de Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés

Le nombre de suicides est en nette diminution au Québec. Malgré qu'il y ait en moyenne trois personnes qui s'enlèvent la vie chaque jour dans la province, le taux de suicide a chuté de 32 % au cours des dix dernières années.

En marge de la 21e semaine de la prévention du suicide, Bruno Marchand, directeur général de l'Association québécoise de la prévention du suicide (AQPS) indique que « si on compare la situation à 1999, le suicide était un plus grand tabou dans la société. Les gens se sentaient moins responsabilisés et croyaient moins qu'il s'agissait d'une affaire de tous ».

M. Marchand explique notamment cette diminution par la prévention qui a été faite dans les écoles ces dernières années.

« C'est sûr que la prévention a eu un effet, puisque nous en avons fait beaucoup auprès des jeunes et c'est à ce chapitre qu'on a constaté la baisse la plus marquée », a-t-il dit.

Selon les données les plus récentes de l'Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ), il y a eu 1068 suicides en 2009 au Québec, soit un taux de 13,5 décès par tranche de 100 000 habitants, une moyenne légèrement supérieure à trois suicides par jour.

En 2008, on avait enregistré 1103 suicides, soit 3 % de plus qu'en 2009.

Toujours selon l'INSPQ, le problème reste plus présent chez les hommes, tandis que ces derniers représentent 77 % des décès de ce genre enregistrés l'an dernier.

Malgré la diminution marquée du taux de suicide, une statistique demeure inquiétante aux yeux du gouvernement provincial: 41 % des personnes qui s'enlèvent la vie sont âgées de 50 ans et plus.

« C'est inacceptable. Si ça a diminué partout, mais que 41 % des suicides sont chez cette tranche d'âge, il faut absolument s'attaquer à ce phénomène », a déclaré la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais.

Isolation, perte d'emplois et problèmes financiers, pour n'en nommer que quelques-uns, Mme Blais et M. Marchand s'entendent pour dire qu'il existe une multitude de facteurs pour expliquer ce phénomène.

« Le seul groupe d'âge dont le taux a augmenté est celui des 50 à 64 ans. Il faut tout faire pour que les personnes plus âgées aient encore le goût de vivre et qu'[elles] puissent rêver », a soutenu Mme Blais.

C'est d'ailleurs une des raisons qui a incité le gouvernement à investir 745 000 $, étalés sur une période de trois ans, à l'AQPS dans le cadre d'un projet visant à faire de la prévention afin de contrer le suicide chez les aînés.

Les activités seront organisées en fonction de chaque région.

Source : Article de Laurent Dionne, Journal de Québec, 25 janvier 2011.

RD

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lundi, janvier 24, 2011

 

Réforme du régime de retraite canadien, Flaherty veut créer de nouvelles caisses de retraite privées

Ottawa souhaite la création de nouvelles caisses de retraite, appelées Régimes de pension agréés collectifs (RPAC), destinées aux travailleurs autonomes et à ceux qui n'ont pas de régime de retraite offert par leur employeur.

Le ministre des Finances du Canada Jim Flaherty veut ainsi encourager les Canadiens à mettre davantage d'argent de côté pour leurs vieux jours. Le régime serait administré par des institutions financières privées.

« Il y a de bonnes chances qu'on oblige les employeurs à offrir ce régime à leurs employés, mais ils ne seraient pas forcés d'y contribuer. Les employés seront obligés de cotiser, à moins qu'ils ne décident de se retirer complètement du régime. Ils auront le droit de le faire. Ce serait une manière simple pour les gens d'épargner sur une base régulière en vue de leur retraite », a affirmé le ministre Flaherty en conférence de presse.

Dans une lettre envoyée à ses homologues provinciaux, le ministre Flaherty affirme qu'un tel régime améliorerait l'offre de régimes de retraite aux Canadiens et permettrait la participation de tous les employés, avec ou sans régime de leur employeur, et des travailleurs autonomes.

La question devrait être abordée lors de la rencontre avec les ministres des Finances des provinces et des territoires dimanche et à Kananaskis, en Alberta.

Le ministre Flaherty ne fait pas mention dans sa lettre d'une bonification du Régime de pensions du Canada (RPC), administré par Ottawa, ce qui représentait jusqu'à présent une autre option étudiée par le gouvernement.

Des sources gouvernementales affirment que le ministre privilégie les RPAC, puisque leur création risque d'être approuvée plus facilement par les provinces, et la mise en place pourrait se faire dès l'été 2011. Des changements apportés au RPC prendraient beaucoup plus de temps à mettre en place.

La nouvelle survient dans la foulée des consultations sur la réforme du régime de retraite canadien, (voir l'article ci-dessous) qui ont eu lieu cette année. M. Flaherty fait face à une pression accrue pour améliorer les prestations gouvernementales.

Un rapport de Statistique Canada publié au printemps a révélé que seulement la moitié des contribuables avaient mis de l'argent en 2008 dans un régime privé d'épargne retraite, comparativement à 57 % en 1997.

L'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes et l'Association canadienne du commerce des valeurs mobilières se réjouissent de cette décision du ministre Flaherty.

Source : Radio-Canada.ca avec Presse canadienne et Globe and Mail, 16 décembre 2010

Réforme du régime de retraite

Ottawa ouvert à toutes les propositions

Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, était de passage à Winnipeg et à Calgary le 13 avril 2010 dans le cadre de consultations portant sur la réforme du régime de retraite canadien. Il s'agit de la première d'une série de rencontres à laquelle doit participer le ministre dans ses efforts visant à s'assurer que les Canadiens ont suffisamment d'argent au moment de prendre leur retraite.

Le gouvernement fédéral se dit prêt à écouter toutes les propositions relatives à la réforme des pensions de retraite. Il n'a cependant pas encore déterminé si les citoyens canadiens devraient être forcés ou simplement encouragés à mettre de l'argent de côté en vue de leurs vieux jours.

Interrogé par les médias, le ministre des Finances a indiqué qu'Ottawa n'avait pas d'idées préconçues sur ces questions. Il a ajouté que deux des partis de l'opposition à la Chambre des communes avaient fait leurs choix et que le gouvernement était prêt à écouter.

Les Canadiens mettent moins d'argent de côté

Au moment où de moins en moins de Canadiens bénéficient d'un régime de retraite collectif ou d'autres sources, M. Flaherty fait face à une pression accrue pour améliorer les prestations gouvernementales.

Un rapport de Statistique Canada publié le mois dernier a révélé que seulement la moitié des contribuables avaient mis de l'argent en 2008 dans un régime privé d'épargne retraite, comparativement à 57 % en 1997.

De passage à Calgary, plus tard, M. Flaherty a affirmé avoir la crédibilité pour mener un projet de réforme, parce qu'il ne se qualifie toujours pas pour le programme réservé aux députés.

Certains groupes de pression ont dénoncé le fait que les députés et fonctionnaires fédéraux profitaient d'une généreuse caisse de retraite et se sont demandé pourquoi le ministre des Finances ne s'y attaquait pas dans le cadre d'une réforme.

M. Flaherty a reconnu que la question était légitime, mais il a aussi déclaré qu'il était en bonne position pour affronter la situation, car il n'y a aucun intérêt personnel.

Selon lui, les employés de la fonction publique s'étaient vu offrir de généreuses caisses de retraite pour compenser les salaires qu'ils touchaient, inférieurs à ceux qu'ils auraient obtenus dans le secteur privé.

Le ministre des Finances a aussi noté que le débat sur la réforme des pensions de retraite ne touchait pas uniquement les salariés de la classe moyenne et que les Canadiens à faible revenu ont aussi besoin de nouvelles méthodes pour économiser en vue de leur retraite.

Source : Radio-Canada.ca avec Presse canadienne, 13 avril 2010

COMMENTAIRE DE PHILOMAGE

Comme on peut s'en rendre compte, Claude Castonguay était déjà au courant que le Fédéral avait mis en place un mécanisme de consultation pour réformer le régime de retraite canadien. Sa proposition ne doit pas nous étonner parce que les gouvernements, tant fédéral que provinciaux vont devoir s'attaquer à cette question dans un avenir très rapproché. S'il y a des élections au printemps prochain (???), la question risque de se retrouver au feuilleton des programmes des Partis politiques.

RD

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jeudi, janvier 20, 2011

 

Vieillissement des consommateurs : quelles perspectives pour les entreprises d’ici 2030 ?

La Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP) vient de publier dans sa collection Prospective et Entreprise un ouvrage intitulé : « Vieillissement des consommateurs : quelles perspectives pour les entreprises d'ici 2030 ? » rédigé par Jean-Gilles Cahn du Pôle de politique économique et financière.

Allongement permanent de la durée de vie, franchissement des 60 ans par la vague des baby-boomers… Quel sera l'impact du vieillissement de la population sur la consommation des ménages dans les vingt prochaines années ? Peu de réponses à cette question malgré le caractère inéluctable du phénomène et l'ampleur des enjeux pour les entreprises.

Pourtant en 2030, on ne devrait plus compter que 1,4 actif par retraité de plus de 60 ans (contre deux aujourd'hui) et les plus de 60 ans devraient atteindre 20 millions, soit quelque cinq millions de plus qu'aujourd'hui !

Pour les économistes, le vieillissement de la population apparaît comme défavorable, en ce qui concerne la population active et la production, et même problématique s'agissant du financement de la couverture sociale. Quant à l'impact sur la consommation (et par ricochet sur la production), il suscite un consensus mou sur l'effet dépressif de la sous-consommation des personnes âgées.

Pourtant les travaux prospectifs montrent que, malgré une certaine dégradation des retraites par rapport aux revenus d'activité et sauf cataclysme social, le poids des ménages âgés dans la consommation totale devrait sensiblement augmenter. Ce pronostic est d'ailleurs conforté par deux phénomènes : l'arrivée parmi les seniors des baby-boomers, génération (née entre 1946 et 1964) plus consommatrice que les précédentes et un probable allongement de la durée de vie active. L'accentuation de la demande des seniors devrait être particulièrement sensible dans certains secteurs comme la santé et les télécommunications, mais aussi les services domestiques et les loisirs.

Alors comment les entreprises peuvent-elles réagir à cette croissance de la demande, solvable, des seniors, sachant que leur offre actuelle n'est qualitativement pas adaptée ? (comme l'atteste le fait que, par exemple, 65% des plus de 50 ans déclarent que la conception des produits TIC d'aujourd'hui ne leur convient pas).

L'étude s'attaque à cette question dans sa seconde partie. Elle le fait en s'appuyant sur des analyses récentes, encore minoritaires, sur les différentes manières possibles pour les entreprises de satisfaire les besoins des personnes âgées. Deux grandes orientations :
- créer des biens et services spécifiques pour cette classe d'âge. On parle alors de « design seniors » ;
- ou bien, tout en intégrant les besoins des seniors, concevoir des biens et services susceptibles d'être utilisés par une très grande partie, voire la totalité, de la population. Avec la présentation des derniers travaux du « design pour tous », et c'est plutôt vers cette hypothèse optimiste que penchent les réflexions…

Et si la montée du pouvoir économique des seniors incitait les entreprises à renouveler globalement leur offre, se créant ainsi de véritables avantages comparatifs… tout en favorisant un meilleur « vivre ensemble » ?

Livre : « Vieillissement des consommateurs : quelles perspectives pour les entreprises d'ici 2030 ? »

par Jean-Gilles Cahn
Prospective et Entreprise
Éclairages sur les entreprises dans un monde ouvert
Disponible sur : www.boutique.ccip.fr en format papier (10 euros TTC) et format téléchargeable.

Source : www.senioractu.com, 3 juin 2010

RD

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Un supermarché senior existe depuis six ans en Allemagne dans la région de Dresde

L'Allemagne, comme la France compte plus de 19% de personnes de 65 ans et plus. Des entrepreneurs germaniques, conscients du formidable potentiel commercial que représente ce marché, ont ouvert en 2005 près de Dresde, un grand supermarché, le Seniorenfachmarkt Deliga, proposant à la vente des produits exclusivement destinés aux seniors.

Alors que notre société commence enfin à reconnaître les seniors comme étant des citoyens et des consommateurs à part entière, que des mannequins aux cheveux gris font leur apparition dans certains écrans publicitaires, que les électeurs de plus de 60 ans font entendre leur voix, en Allemagne, à Grossraeschen, ville située au nord de Dresde, Angelika Deliga a ouvert le 5 mars 2005 un véritable temple de la consommation pour les aînés.

Certes, un observateur non avisé pourrait considérer les produits proposés comme étant quelque peu inhabituels : téléphones à grosses touches, loupes de lecture ou pour écran de télévision, aides à la marche, chaussures de confort, couches contre l'incontinence urinaire, etc. Autant d'articles que l'on croise rarement dans les linéaires des magasins... Et c'est bien dommage car ce marché représente un chiffre d'affaire de 90 milliards d'euros par an ! Dès lors, on comprend mieux pourquoi Mme Deliga a décidé de se lancer sur le marché des seniors.

« Pendant plusieurs années j'ai fait le tour des maisons de retraite. J'ai écouté les doléances des personnes âgées » confiait-elle récemment lors d'un reportage de France 2 . « Tout ce qu'elles ne trouvaient pas dans les magasins habituels, je leur propose ici » au Seniorenfachmarkt Deliga, une enseigne de 800 m² qui accueillent désormais 150 clients par jour en moyenne. .../... Avant de démarrer les achats proprement dit, les clients se reposent de leur voyage en autocar autour d'un petit café servi à table. Pendant qu'ils dégustent ce petit encas, la directrice, micro à la main, présente les différents produits disponibles, portés ou utilisés par des mannequins seniors.

Vêtements, linge de maison, adaptation du logement, téléphonie, cosmétiques, aides à la marche, compléments alimentaires, voyages, etc. Avec l'avancée en âge, des besoins particuliers se développent. Ce magasin propose donc sur place –mais aussi sur le net- une très large gamme de produits exclusivement « anglés » senior. « Vous savez quand on vieillit, physiquement, on se transforme, et ici c'est le seul endroit où tout est fait pour nous » indique une cliente dans le reportage de France 2. Et de préciser « Je compte dépenser entre 300 et 400 euros ».

Naturellement, tout a été prévu pour faciliter les déplacements de la clientèle : les allées sont larges, les prix et les descriptions de produits sont inscrits en grosses lettres, les salons d'essayage sont spacieux et les toilettes, accessibles aux fauteuils roulants. De plus, les vêtements sont retouchés rapidement sur place, les achats livrés à votre véhicule et/ou directement envoyés à votre domicile.

Les responsables de ce magasin proposent même d'organiser –en plus de la visite de leur enseigne- une excursion touristique dans les environs pour les groupes qui viennent y passer la journée.

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Rappelons qu'en matière de magasins spécialisés seniors, l'Espagne est un pays précurseur. En effet, Manuel Santacana, a créé il y a plus de dix ans la « Tienda del Abuelo », une chaîne de magasins franchisés spécialisée dans la vente de produits et de services pour les seniors de plus de 55 ans.

Derrière cette enseigne se cachent de nombreuses années d'expériences et de recherches de nouveaux concepts, idées et amélioration du quotidien des seniors. « Compte tenu des changements démographiques et des besoins des personnes âgées et de leurs proches qui évoluent, se multiplient, se précisent, cela nous a conduit à mettre en place ces magasins d'avant-garde. Nous voulons que notre enseigne couvre toutes les demandes des personnes âgées, mais en même temps, qu'elle centralise dans un décor agréable toutes les nouveautés en matière de produits et services pour les aînés, que ce soit dans le domaine de l'alimentation, des vêtements, des accessoires para-médicaux, des loisirs… Nous voulons rendre accessible toutes ces choses aux personnes âgées qui souhaitent entretenir ou développer une certaine qualité de vie » souligne le fondateur.

Source : Article de Jean-Philippe Tarot, Www.senioractu.com, mercredi 19 avril 2006

RD

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mercredi, janvier 19, 2011

 

Régime d’épargne obligatoire : Claude Castonguay reproche au gouvernement sa réaction «précipitée»

Suite aux nombreuses réactions qui ont émané de la proposition de Claude Castonguay concernant l'instauration d'un régime d'épargne obligatoire, le principal intéressé a répliqué.

Dans une lettre publiée dans certains quotidiens, dont Le Devoir et La Presse, Claude Castonguay persiste à dire qu'une société développée et prospère doit assurer à ses citoyens un minimum de revenus et qu'il s'agit en fait d'une question de solidarité. Il soutient qu'actuellement, un demi-million de Québécois de 65 ans et plus n'ont pas ce minimum et sont incapables de se suffire à eux-mêmes.

«Comment peut-on accepter une telle situation dans une société d'abondance comme la nôtre? Qu'en sera-t-il avec l'arrivée à la retraite des baby-boomers moins portés sur l'épargne et la prévoyance que leurs prédécesseurs?», demande-t-il. Il ajoute que les REER et les régimes d'employeurs, sur une base volontaire, ne constituent pas la solution.

Il dénonce aussi dans son texte la réaction du gouvernement libéral, qu'il qualifie de «précipitée». «Le gouvernement propose le statu quo, c'est-à-dire absolument rien. De leur côté, les partis d'opposition répondent par des voeux pieux. De la part de ministres et de députés qui vont bénéficier de généreuses pensions, c'est pitoyable», affirme-t-il.

Il estime que sa proposition ne représente pas une forme de taxe ou d'impôt, mais qu'il s'agit plutôt «d'épargnes qui seront placées, sans frais administratifs, dans les comptes de ceux qui ont cotisé et qui serviront exclusivement au paiement de leur pension»

Il dit souhaiter que le débat actuel «suscite des propositions crédibles».

RD

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jeudi, janvier 13, 2011

 

Épargne obligatoire: Québec dit non au rapport de Claude Castonguay

ARTICLE DE LA PRESSE CANADIENNE

« Épargne obligatoire : Québec dit non au rapport de Claude Castonguay »

Le gouvernement Charest rejette du revers de la main la proposition de l'ex-ministre Claude Castonguay de rendre obligatoire l'épargne-retraite.

La volonté du gouvernement est d'encourager l'épargne et non d'adopter des mesures contraignantes, a fait savoir aujourd'hui Nicolas Murgia, porte-parole de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Julie Boulet.

La réponse sans équivoque du gouvernement scelle le sort du rapport signé par M. Castonguay rendu public mardi, qui recommande la création d'un régime obligatoire du type REER pour les centaines de milliers de travailleurs privés d'un programme de retraite avec leur employeur.

M. Castonguay juge nécessaire ce mécanisme pour éviter une chute du niveau de vie des travailleurs une fois à la retraite.

Mais Québec a une autre idée dans ses cartons, soit la création d'un régime collectif «multi-employeurs», auquel les PME seraient invitées à souscrire. Des négociations sont en cours avec Ottawa pour mettre en place un tel régime, a confié M. Murgia.

ARTICLE D'ÉRIC DESROSIERS (DEVOIR.COM)

« Un projet mort-né - Québec rejette le REER obligatoire proposé par l'ancien ministre Castonguay »

Québec ferme la porte à l'idée de Claude Castonguay de créer un nouveau régime REER obligatoire pour les travailleurs sans régime de retraite chez leur employeur. Le problème des revenus de retraite au Québec n'empêche toutefois pas ses travailleurs de prendre leur retraite plus tôt que les autres au Canada.

«La volonté du gouvernement n'est pas d'obliger les Québécois à cotiser dans des REER, mais plutôt de mettre en place des outils efficaces pour inciter la population à épargner volontairement», a déclaré hier au Devoir Nicolas Murgia, porte-parole de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la Régie des rentes du Québec (RRQ), Julie Boulet.

Les problèmes de financement du Régime des rentes du Québec (RRQ) «ne sont un secret pour personne», a-t-il poursuivi. Le gouvernement entend d'ailleurs présenter sous peu une mise à jour législative visant à en assainir les bases. On étudie également la possibilité de mettre en place un système multiemployeur qui permettrait à des PME de s'unir pour se doter d'une caisse de retraite commune.

Le gouvernement Charest rejette ainsi la principale recommandation faite mardi par l'ancien ministre libéral et fellow au Centre de recherche en analyse des organisations (CIRANO), Claude Castonguay. Il y rappelait que, faute de régime complémentaire de retraite d'employeurs et de cotisations suffisantes à des régimes enregistrés d'épargne (REER), plus de 60 % des Québécois seront incapables de maintenir leur niveau de vie à la retraite. Il proposait notamment de forcer les travailleurs dépourvus de régime de retraite d'employeurs à cotiser à un nouveau régime REER à partir d'un revenu annuel d'environ 30 000 $ jusqu'à 70 000 $.

Le gouvernement n'était pas le seul à rejeter cette idée hier. «On partage le diagnostic de M. Castonguay, mais on n'est pas d'accord avec sa solution», a déclaré lors d'un entretien téléphonique avec Le Devoir François Rebello, critique du PQ en matière de régime de retraite. La plupart des Québécois qui cotisent actuellement à des REER le font parce que leurs employeurs versent une partie du montant, souvent la moitié, a-t-il expliqué. Il suffirait, pense-t-il, de faire en sorte que cette pratique s'étende à l'ensemble des employeurs pour inciter un plus grand nombre de Québécois à cotiser plus.

La CSN plaidait hier pour un nouveau régime REER obligatoire... pour leurs employeurs. Elle proposait également un relèvement de la couverture offerte par les régimes publics de retraite québécois et fédéral. La FTQ a réclamé à son tour une réforme du RRQ visant «à doubler les revenus des futurs retraités».

Mal aimée Caisse de dépôt

Claude Castonguay s'est également montré très critique à l'égard de la performance de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui a la responsabilité de faire fructifier les fonds du RRQ et de plusieurs caisses de retraite du secteur public. Il souhaiterait que la Caisse soit soumise à une surveillance plus étroite et aurait voulu que les sommes amassées par son régime REER obligatoire soient confiées à d'autres gestionnaires de fonds.

Il s'est encore une fois heurté à un mur à Québec. «Il est vrai que les performances de la Caisse ont été décevantes en 2008, a commenté Catherine Poulin, porte-parole du ministre des Finances, Raymond Bachand. Il devait y avoir un changement de cap, et il a eu lieu», a-t-elle assuré, citant, entre autres choses, les changements au conseil d'administration et dans l'équipe de direction, le renforcement de sa gestion de risque et l'augmentation de sa transparence.

L'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) s'est dite d'accord avec Claude Castonguay. «Une évaluation objective et transparente de la performance de la Caisse est une priorité afin d'éviter que la catastrophe de 2008 ne se reproduise», a répété sa présidente, Madelaine Michaud.

François Rebello partage cette opinion. Il voudrait aussi que les fonds d'éventuels systèmes multiemployeur ou caisses de retraite régionales soient confiés à d'autres gestionnaires que ceux de la Caisse de dépôt ou ceux des fonds communs de placement, aux frais de gestion exorbitants.

Jeunes retraités québécois

Auteur d'une autre étude l'an dernier sur le travail des aînés, Claude Castonguay se réjouissait mardi de voir les Québécois plus ouverts à l'idée de retarder le début de leur retraite. «C'est l'autre partie de l'équation», disait-il.

Une étude de l'Institut de la statistique du Québec a semblé venir contredire cette perception hier. On y rapportait que près de la moitié (45 %) des nouveaux retraités en 2008-2009 avaient moins de 60 ans. C'est beaucoup plus qu'en Ontario (33 %) ou dans les provinces de l'Ouest (28 %).

Selon l'ISQ, cette forte proportion et cet écart avec le reste du pays s'expliquent notamment par le fait que ces nouveaux retraités québécois comptaient aussi un plus grand nombre de diplômés postsecondaires, de travailleurs à temps plein, de personnes comptant plus de 20 ans de vie professionnelle et d'employés du secteur public que dans les autres provinces, soit autant de facteurs laissant croire qu'ils disposaient de meilleurs fonds de retraite que les autres. On remarque d'ailleurs que la proportion de ceux qui venaient du secteur privé ou qui étaient travailleurs autonomes et qui ont pris leur retraite après 65 ans (70 %) est la même qu'en Ontario.

Il reste tout de même un écart entre les Québécois et les autres Canadiens que ces facteurs n'expliquent pas. «On savait que les retraites se prenaient relativement tôt au Québec, a expliqué hier l'auteur de l'étude, Jean-François Dorion, à la Presse canadienne. Mais de voir que c'est moins de 60 ans, il y a quand même une marge. [...] On suppose que ça ne se prend quand même pas à 50 ans non plus.»

COMMENTAIRE DE PHILOMAGE

À la lumière de ces deux articles, il est clair que Claude Castonguay a mis le doigt sur quelque chose de sensible. Bien que l'on rejette son idée d'une forme de Reer obligatoire, on apprend qu'il existe plusieurs alternatives à son projet:

  • La volonté du gouvernement est d'encourager l'épargne et non d'adopter des mesures contraignantes ; le gouvernement veut ajuster les bases du RRQ. Québec a aussi une autre idée dans ses cartons, soit la création d'un régime collectif «multi-employeurs», auquel les PME seraient invitées à souscrire. Des négociations sont en cours avec Ottawa pour mettre en place un tel régime, a confié M. Murgia.
  • La CSN plaidait hier pour un nouveau régime REER obligatoire... pour leurs employeurs. Elle proposait également un relèvement de la couverture offerte par les régimes publics de retraite québécois et fédéral. La FTQ a réclamé à son tour une réforme du RRQ visant «à doubler les revenus des futurs retraités».
  • L'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) s'est dite d'accord avec Claude Castonguay : « Une évaluation objective et transparente de la performance de la Caisse est une priorité afin d'éviter que la catastrophe de 2008 ne se reproduise. »
  • Il voudrait aussi, selon le PQ, que les fonds d'éventuels systèmes multiemployeur ou caisses de retraite régionales soient confiés à d'autres gestionnaires que ceux de la Caisse de dépôt ou ceux des fonds communs de placement, aux frais de gestion exorbitants.


Le débat est lancé. Se mettre à résoudre les « vrais » problèmes et trouver les « vraies » solutions est nettement plus gratifiant que ce que l'on voit depuis un bon bout de temps à l'Assemblée nationale. C'est un bon point d'ancrage pour le gouvernement libéral du Québec lorsqu'il est question de meubler le menu législatif d'après les Fêtes. C'est plus rafraîchissant que la pseudo enquête sur l'industrie de la construction. Au moins, c'est du constructif!

Encore une fois, bravo à Claude Castonguay pour avoir su lancer les dés avant tout le monde! On peut ne pas être d'accord avec sa solution, mais sa problématique est bien réelle et nos gouvernants devront se pencher rapidement sur le bobo.

RD

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mercredi, janvier 12, 2011

 

Claude Castonguay prescrit le REER obligatoire


Il faudrait prescrire aux Québécois qui ne bénéficient pas d'un régime d'épargne-retraite au travail un régime obligatoire fondé sur la structure des REER, car c'est ainsi qu'ils éviteront de s'appauvrir.

Celui qui préconise ce remède est Claude Castonguay, chercheur invité au CIRANO, le Centre interuniversitaire de recherche, de liaison et de transfert des savoirs en analyse des organisations. M. Castonguay est aussi l'ancien ministre provincial qui a lancé l'assurance-maladie.

Dans un rapport de 39 pages intitulé Le point sur les pensions et publié mardi, l'ex-ministre estime qu'un REER obligatoire est la seule façon de permettre aux aînés de vieillir actifs et en santé.

M. Castonguay se dit aussi inquiet, car il estime qu'une majorité de travailleurs se dirige vers une retraite avec des revenus insuffisants pour maintenir un niveau de vie adéquat.

Son analyse montre que seules les personnes à faibles revenus (moins de 25 000 $) ne perdent pas au change lorsqu'ils se retrouvent à la retraite et perçoivent les prestations des régimes publics.

Le nombre de régimes a par ailleurs fortement diminué entre 1985 et 2009, passant de 6964 à 2870 du coup, seulement un travailleur sur trois est couvert par un régime d'employeur. Une majorité (51,4 %) est constituée par des employés des secteurs public et parapublic. Les grandes entreprises offrent elles aussi l'épargne-retraite. Ceux qui ne bénéficient pas d'un régime sont surtout les employés des petites et moyennes entreprises (PME) et les travailleurs autonomes.

Un autre facteur qui suscite des craintes est l'importance décroissante des REER depuis quelques années. Même si une personne sur quatre cotise à un tel régime, les montants perçus en 2007 ne représentaient que 2 % des revenus des retraités. M. Castonguay en conclut que l'argent mis de côté a été retiré avant la retraite.

Les différences salariales font aussi apparaître d'importantes disparités. Environ 50 % des personnes qui gagnent de 35 000 $ à 70 000 $ par an déposent de l'argent dans un REER. Le pourcentage grimpe à 67,8 % chez ceux qui gagnent au moins 70 000 $, et à 72,7 % chez ceux qui gagnent plus de 100 000 $.

Les travailleurs visés par la «prescription Castonguay» sont ceux qui ont atteint 35 ans. En l'absence de régime d'employeur, ils seraient tenus de verser 5 % de leur revenu de travail, déductibles d'impôt, dans un compte personnel.

Les revenus couverts seraient d'un minimum de 25 000 $ à 35 000 $ et d'un maximum de 60 000 $ à 80 000 $. L'intérêt serait calculé en fonction des rendements obtenus sur l'investissement et il serait garanti par le gouvernement. Le calcul tiendrait compte de la croissance du produit intérieur brut.

L'argent géré par un organisme indépendant serait immobilisé, les retraits n'étant permis que pour des situations exceptionnelles comme l'achat d'une maison.

POUR OBTENIR COPIE (PDF) DU RAPPORT DE CLAUDE CASTONGUAY, CONSULTER L'ADRESSE SUIVANTE :

http://www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2011RP-01.pdf

COMMENTAIRE DE PHILOMAGE

L'idée de M. Castonguay est très intéressante en soi. Il faudra de toute façon avoir un mécanisme pour soutenir les gens à leur retraite et qui sera destiné à ceux qui n'ont qu'à peine le minimum vital.

Comme la Caisse de dépôt et de placements, c'est une façon de cumuler de l'épargne collective pour financer un régime public de rentes (RRQ). Mais, ce 5 % placé dans un organisme indépendant va vite faire des petits. Tout en maintenant des réserves actuarielles adéquates pour payer les déboursés aux retraités, cet argent pourrait aussi servir à financer des projets gouvernementaux liés à la Santé et/ou au bien-être des retraités (par exemple, la construction de résidences spécialement aménagées pour des seniors en perte d'autonomie ou équipées d'équipements dernier cri en domotique).

Une fois l'idée lancée, le gros de l'affaire porte sur les points suivants : la définition des modalités d'opération, l'acceptation par la population québécoise, le projet de loi visant à mettre le tout en branle, la mise en place de l'organisme et les ajustements fiscaux pour démarrer le tout.

Il y a de l'espoir dans l'air quand on a encore des Seniors québécois de la trempe de Claude Castonguay à notre service. Ce dernier pourrait faire mouche encore une fois. Souhaitons que son idée va être reprise rapidement et expertisée sous toutes ses coutures de façon objective.

La partisanerie politique n'a pas sa place quand il est question de choses vitales comme le bien-être des futurs retraités du Québec.

RD

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mardi, janvier 11, 2011

 

Des personnes âgées plein les urgences

Article d'Ariane Lacoursière, La Presse, 8 janvier 2011

Le taux moyen d'occupation des urgences de Montréal était de 141% hier (7 janvier), soit 8% de moins que la veille. Mais, en banlieue, l'hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne, et l'Hôpital de Saint-Eustache enregistraient des taux d'occupation de 256% et 304% respectivement. Le vieillissement accéléré de la population, dans ces deux régions, est lourd de conséquences. À Saint-Eustache, 60% des civières des urgences étaient occupées par des personnes âgées de 65 ans et plus, hier.

L'hôpital Pierre-Le Gardeur ne possédait pas de statistiques à jour. « Mais jeudi à 15h, 93 de nos 98 civières étaient occupées par des personnes âgées de 65 ans et plus », note la responsable des communications de l'hôpital, Lyne Lebrun.

« Entre 60% et 70%, c'est ce qu'on observe un peu partout. Au Québec, le système de santé est bâti autour de l'hôpital. Or, on sait que pour les patients âgés atteints de maladies chroniques, l'hôpital n'est pas la meilleure façon d'être pris en charge », mentionne l'urgentologue Alain Vadeboncoeur.

Dans un article publié jeudi dans le quotidien La Tribune, le Dr Réjean Hébert, gériatre et doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke, affirme que « 85% des allocations pour les soins de longue durée vont aux institutions par rapport à seulement 15% aux soins à domicile ». « Il devrait y avoir un meilleur équilibre avec les soins à domicile », croit le Dr Vadeboncoeur.

Le président de l'Association de défense des droits des retraités et préretraités, Louis Plamondon, estime que le Québec fait preuve de « négligence sociale » dans la prise en charge des personnes âgées. « Ça crée de la pression aux urgences. Prenez par exemple le fait que 60% des aînés en centre d'hébergement souffrent de dénutrition. Tout ça contribue à leur affaiblissement général et les mène vers les urgences », affirme M. Plamondon.

En 2005, 20,3% des patients soignés aux urgences de l'Hôpital de Saint-Eustache étaient âgés de 75 ans et plus. « Aujourd'hui, elles sont 25% », affirme la responsable des communications au centre de santé et de services sociaux du Lac-des-Deux-Montagnes, Lyne Des Trois Maisons.

Même son de cloche à l'hôpital Pierre-Le Gardeur, dont les urgences sont occupées à plus de 200% depuis le 1er janvier. En 2004, 19% des patients avaient plus de 75 ans. Aujourd'hui, c'est le cas de 24% des patients.

La porte-parole de l'opposition officielle sur la question des aînés, Lisette Lapointe, croit que si les personnes âgées avaient un médecin de famille ou bénéficiaient de soins à domicile adéquats, elles seraient moins nombreuses à se rendre aux urgences. « Actuellement, le gouvernement refuse de régler le problème de première ligne et recule dans les soins à domicile. Au CSSS Jeanne-Mance, à Montréal, on met sur une liste d'attente les aînés qui ont besoin de soins à domicile! » dénonce-t-elle.

Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, soutient que les personnes âgées de 75 ans et plus représentent entre 40% et 60% des jours-présence aux urgences. « Ces gens sont plus fragiles de façon générale. Ce n'est pas nécessairement le système et les services qui sont mal organisés », dit le ministre, qui ajoute que même si les soins à domicile étaient optimaux au Québec, les aînés très malades devraient quand même se rendre à l'hôpital.

Quant à la crise qui touche les urgences depuis le début de l'année, M. Bolduc affirme que cela se produit chaque année. Il se défend de n'avoir rien fait et se réjouit de ce que seulement neuf hôpitaux, de la centaine que compte la province, sont actuellement en crise. « On avait prévu la crise. À l'hôpital Pierre-Le Gardeur, on a ouvert des lits en CHSLD. Avant Noël, 107 personnes attendaient une place en CHSLD à l'hôpital. Là, on parle de 52. À Saint-Eustache, on a annoncé l'ajout de neuf civières aux urgences. Et d'ici à l'été, 80 lits seront ajoutés dans l'hôpital », affirme le ministre.

Selon lui, certaines situations restent toujours imprévisibles. « Comme cette année, il y a la grippe qui arrive plus tôt et la gastro. On tente de tout prévoir, mais on ne peut pas », note M. Bolduc.

COMMENTAIRE DE PHILOMAGE

Dans un autre article paru sur CyberPresse, Ariane Lacoursière s'arrête sur les causes de l'encombrement vécu aux Urgences :

  1. La campagne de vaccination du ministère de la Santé n'a pas été aussi efficace cette année, ce qui explique en partie l'achalandage accru observé dans les urgences de la province depuis le jour de l'An. Hier, les salles des urgences de la région montréalaise étaient occupées à 147%. Dans certains hôpitaux, comme à l'hôpital de Saint-Eustache, le taux dépassait les 300% pour la troisième journée consécutive.
  2. Le directeur de la protection de la santé publique au ministère de la Santé, le Dr Horacio Arruda, reconnaît que « le taux de vaccination a diminué cette année dans certains groupes de personnes à risque ». « Peut-être que les gens qui ont reçu le vaccin de la grippe A (H1N1) l'an dernier se croient encore immunisés... Mais non. J'invite les gens à aller se faire vacciner », a répété le Dr Arruda.
  3. Urgentologue à l'hôpital de Gatineau, le Dr Pierre Bourassa voit aussi une explication à l'achalandage accru cette année aux urgences. « L'an dernier, tout le monde utilisait du Purell à fond et se lavait les mains par crainte d'attraper la grippe A (H1N1). Pas cette année. Je pense qu'il y a moins de crainte et qu'on fait moins de prévention », dit-il.
  4. « Cette année est exceptionnelle pour le nombre de personnes à risque qui viennent aux urgences avec la grippe, confirme l'urgentologue Marc Béique. On a même des gens aux soins intensifs avec la grippe. Ça, c'est inhabituel. »

Face à ces explications, il ressort clairement que les personnes à risque et leur entourage immédiat ne profitent pas assez des mesures publiques et gratuites, comme la vaccination annuelle. Se faire vacciner annuellement est une forme de prévention efficace contre les maladies associées à la grippe et contre la grippe elle-même. Il saute aux yeux que les campagnes de vaccination doivent être publicisées et on devrait même constituer des listes de personnes à risque et les appeler pour qu'elles aillent se faire vacciner. On le fait bien lorsqu'il est temps de faire voter les personnes âgées. Ça, c'est le premier point.

Le deuxième point, c'est l'incapacité du système de santé québécois à faire face à des situations d'urgence qui se répètent année après année. Avec le vieillissement de la population, il devra y avoir un « plan d'attaque annuel » à l'échelle du Québec et décentralisé en régions pour faire face aux épidémies récurrentes, avec des cliniques et urgences ciblées et préparées à affronter l'accroissement soudain de la demande en soins de santé. Ce plan serait mis au point avec l'aide des gestionnaires et administrateurs en postes au ministère de la Santé, de concert avec les milieux hospitaliers et les cliniciens. Ce serait une bonne façon de faire de la prévention et de canaliser des ressources aux bons endroits.

Ça n'a pas de sens qu'une population comme le Québec ne profite pas des mécanismes de la vaccination annuelle à ce point. À cet égard, l'Ontario fait nettement mieux. On a l'impression qu'à chaque année, on travaille comme « des pompiers qui cherchent à éteindre un feu récurrent ». Pire! J'ai même entendu parler qu'il y a de plus en plus de parents qui ne font plus vacciner leurs enfants contre les maladies de l'enfance. Est-ce possible de rétrograder à ce point ?

C'est aussi par le bouche à oreille entre patients et médecins cliniciens que le message de la prévention doit passer et que la vaccination doit devenir une pratique courante, incluant toutes les personnes à risque et leur entourage. Ce n'est pas juste de mettre la pression sur le ministre Bolduc qui récolte tous les blâmes, à chaque année! Quant à moi, je serais beaucoup plus directif et je serrerais la vis aux récalcitrants. Après tout, c'est la vie de tout le monde qui est en jeu dans une épidémie de grippe maligne!

RD

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