dimanche, septembre 03, 2006

 

L'avenir de l'homme.





De plus en plus de monde, oeuvrant dans toutes les sphères de l’activité humaine, se posent des questions sur l’avenir de l’homme. Maintenant que l’existence du ciel et l’enfer se révèlent de moins en moins sûre comme destination ultime des hommes à la fin de leur vie, l’homme veut connaître sa destinée réelle.

L’homme, avec les récentes percées en biologie, en génétique et en archéologie et bien d’autres sciences connexes, se définit de plus en plus comme une espèce qui est le fruit de l’évolution, sachant de façon sûre et certaine que tous les êtres vivants sur terre ont une origine commune, même s’il faut remonter à plus de 4 milliards d’années pour s’en rendre compte.

L’homme s’est aussi aperçu qu’il a des cousins très proches (les grands singes, par exemple), qui existent toujours (VOIR le thème du 3 août 2006 : « Sommes-nous si proches que ça des chimpanzés ? ») dans son environnement terrestre et qui le regardent avec des yeux interrogateurs. Seul l’homme, avec sa conscience, peut savoir et comprendre ce qui se passe réellement dans le monde des vivants. Il a la capacité d’altérer son environnement, même de le détruire. Mais, à part la survie de l’espèce, quel est son rôle dans le monde des vivants ?

À ce sujet, j’ai recueilli quelques commentaires dans un forum sur Internet qui sont de nature à lancer le débat sur ces questions.

Réflexions sur l’avenir de l’homme

« L'homme est-il arrivé à son apogée ? Combien de temps avant son autodestruction, au vue de ce XXème siècle, achevé avec un bilan de désolation aussi lourd ! Les hommes vont sur la lune ou au fond des océans, mais ils continuent à s'entretuer comme des bêtes sauvages au mépris de toutes règles d'humanité. Les animaux tuent pour se nourrir; les hommes tuent dans l'abondance, par vengeance, par haine, par jalousie, et parfois par plaisir, par intégrisme religieux, par idéologie dictée par un ou des fanatiques, etc. Et... Dieu dans tout cela, que pense t-il de l'homme qu'il a crée? »

« Je ne suis pas croyant mais il y a une phrase de Voltaire que j'aime beaucoup : "Si Dieu nous a fait à son image, nous lui avons bien rendu" »

« À la différence près que nous ne nous battons plus à coups de bâtons aujourd'hui mais à renfort d'armes (tous styles confondus) capables de transformer la Terre en cimetière (sinon en ceinture d'astéroïdes). L'homme devient de plus en plus puissant mais ses moeurs n'ont pas évolué d'un pouce depuis l'Antiquité. "Le troisième millénaire sera spirituel ou ne sera pas." Je ne sais plus qui a dit ça mais je trouve que ça reflète plutôt bien notre réalité. »

«… on est capable de supprimer une dizaine de fois toute trace de vie évoluée sur terre, mais j'ai bien peur que des milliards de micro-organismes survivent. Mais rassurez- vous, des milliers de personnes sur terre travaillent pour régler ce détail gênant et on devrait être capable prochainement de transformer la terre en une jolie planète bien stérile. »

« ... "l'homme se prend pour Dieu, mais Dieu n'aime pas la concurrence !..." Pourtant, n'est-ce pas le "Destin" de tout élève d'un jour dépasser le maitre ??? »

D’autres voient l’avenir d’une manière tout à fait différente.

Si la machine était l’avenir de l’homme

L’homme bionique est déjà parmi nous. Déjà, le mariage de la chair et de l’électronique est en passe de transcender les limites de la nature humaine. La bionique permet déjà de disposer de véritables miracles en permettant aux aveugles de voir, aux paraplégiques de marcher et aux sourds d’entendre. Notre corps est-il devenu obsolète ? Et si l’avenir de l’homme était la machine ?

L’homme bionique, c’est peut-être plus rapproché que l’on pouvait le penser.

Des puces sous la peau

Le 24 août 1998, le professeur de cybernétique Kevin Warwick de l’université de Reading (Angleterre) s’est fait implanter dans l’avant-bras une capsule de verre de 23 millimètres contenant une bobine électromagnétique et plusieurs microprocesseurs. Véritable système électronique, ce transpondeur permet d’émettre un signal s’il est stimulé par une onde radio particulière. Cette expérience entrait dans le cadre des "immeubles intelligents" qui, en captant ce signal et en le traitant par ordinateur, permettent de commander le fonctionnement des portes, de l’éclairage et du chauffage, voire de remplacer les clés de voiture et le ticket de métro… Le signal pourrait également abriter des données transmissibles telles que le groupe sanguin, le numéro de sécurité sociale, une carte de visite, l’équivalent d’une carte bancaire, etc.
Limitée à une dizaine de jours, cette expérience représentait tout de même quelques dangers. La capsule aurait pu se briser et se répandre dans le corps de son hôte. De plus, le port d’un tel outil permettrait de suivre à la trace son hôte désormais surveillé par des capteurs, véritables émules modernes de "Big Brother".

De la même manière, les chercheurs du centre de recherches d’IBM ont découvert par hasard le moyen de transmettre des informations par simple contact. Partant du principe que le corps humain est un très bon conducteur, ils ont envisagé la transmission d’un courant de très faible intensité passant depuis un mini-ordinateur jusqu’à la surface de la peau. Ce système permettrait d’échanger des informations vers une personne équipée d’un récepteur. Cependant, ce système baptisé « Personal Area Network (PAN) » n’est pas encore au point et pose notamment des problèmes de sécurité. Comment faire pour qu’une poignée de main ne permette pas l’accès à des informations telles que le code de votre carte bancaire ou celui permettant le démarrage de votre voiture ou l’ouverture de votre maison… ?

Commander une machine par la pensée

Contrôler un robot par le seul pouvoir de la pensée semble relever de la pure science-fiction. Pourtant de récentes recherches ont rendu cet exploit réalisable.

En juin 1998, le chercheur Roy Bakay réalisait une première expérience sur le cortex de malades entièrement paralysés qui avait permis d’actionner un système marche/arrêt. Deux ans plus tard, associé au Pr. Philip Kennedy de l’université d’Emory (États-Unis) il réussit à amplifier le signal pour permettre à un tétraplégique de déplacer un curseur sur un écran par la simple force de sa pensée. Ce miracle permet à cet homme de communiquer avec l’extérieur.
En juin 1999, le Dr John Chapin de l’université Hahnemann à Philadelphie avait démontré pour la première fois que l’activité des cellules du cerveau pouvait être utilisée pour contrôler un système robotisé. Équipés de plusieurs électrodes, des rats pouvaient par la mobilisation des neurones de leur cortex actionner un robot pour se désaltérer.

Pourquoi ne pas espérer dans un futur proche l’implantation de puces dans le cerveau de personnes non malades leur permettant de communiquer directement avec une machine ?

Cyborg : si loin et si proche à la fois

Un autre pas semble également avoir été franchi avec la naissance d’une créature hybride mi-robot, mi-poisson. Ferdinando Mussa-Ivaldi de l’université de Chicago connecta un mini-robot à roulette au cerveau d’une lamproie, poisson cylindrique et primitif. Les connections aux cellules photosensibles du robot se firent au niveau de larges cellules nerveuses permettant au poisson de s’orienter. Les résultats furent surprenants : le poisson répondit aux différentes stimulations en suivant la source lumineuse ou au contraire en l’évitant, etc.

Quel sera donc l’homme du futur ? Si la plupart des ces expériences mariant l’électronique à la chair (oreille électronique, vision, bras et coeur artificiels) visent actuellement à corriger des handicaps, ne peut-on envisager dans un futur plus ou moins proche l’implantation de tels dispositifs chez des sujets tout à fait sains ? Une oreille électronique permettant d’entendre des ultrasons comme certains animaux, des yeux artificiels pour voir la nuit, des implants cérébraux pour acquérir des facultés mentales particulières ne pourraient-ils pas devenir les cadeaux du troisième millénaire ?

Aujourd’hui, une telle perspective susciterait très certainement un tollé général mais les modes et les mentalités évoluent. Dans cette optique, l’artiste australien Stelarc tente de transformer son corps qu’il considère comme "creux et obsolète" en une machine mi-réelle, mi-virtuelle.

"L’homme qui valait trois milliards" dans la célèbre série télévisée, fort comme un boeuf, équipé d’un oeil de lynx et de jambes de guépard pourrait bientôt frapper à nos portes et nous permettre de quitter définitivement notre condition animale.

L’homme et l’émergence de la complexité

Beaucoup de chercheurs poursuivent leurs réflexions sur l’homme et son avenir dans son environnement naturel. Reprenons à notre actif, par exemple, le cheminement de l’anthropologue ou du scientifique en tout genre qui nous ramène au moment où l’homme faisait ses premiers pas dans le domaine de la conscience jusqu’à la démarche de l’homme d’aujourd’hui et de demain pleine de complexité, d’incertitude et d’inconnus.

Comme le disait si bien Joël de Rosnay, le 27 mai 2003 au cours d’une conférence sur "les origines de l'univers et de la vie" qui s'est tenu à la Cité des sciences et de l'industrie dans le cadre du "collège" (http://www.cite-sciences.fr/) :

« Bien que tout le monde ne soit pas d'accord, Darwin avait raison, aussi immorale qu'elle soit, la sélection naturelle existe (même si les progrès de la médecine la bousculent), l'évolution s'accélère et se complexifie, le néodarwinisme s'impose. Le IIIème millénaire sera celui de la virtualité et du numérique; trois mondes vont cohabiter: celui du réel encore le plus répandu, fidèle et rassurant, l'imaginaire (déjà imaginé dans les anciennes civilisations, et le petit dernier: le virtuel, mot dont beaucoup de gens hésitent encore sur la signification, et qui déjà apparaît comme un profond diviseur d'opinion. »

C’est l'émergence d’un nouveau phénomène : celui de la complexité, un nouveau « challenge » inégalé pour l’homme, avec laquelle il devra désormais composer.

Le développement continu de la conscience humaine

« Quand on réfléchit d'où vient sapiens on ne peut que s'émerveiller devant les prodiges de dame Nature, à ces millions d'années d'errance et de conquête qui nous séparent de Lucy pour aboutir à la seule espèce d'homme restante...

Mais où notre longue marche nous conduit-elle ? Nul ne le sait. Nous savons en revanche que notre évolution culturelle est loin d'être terminée et notre évolution biologique est en changement permanent. Depuis l'homme de Néanderthal, la taille de notre cerveau se modifia peu, elle diminua même depuis cette époque. Nous savons aussi que la vitesse des réactions chimiques dans les synapses n'a jamais dépassé un millième de seconde. Il est fort probable que ce temps de réaction n'évoluera pas non plus.

Pour savoir dans quelle direction cela peut nous mener, regardons autour de nous parmi les rares génies et les personnes clairvoyantes douées de perceptions extrasensorielles. Lorsque leurs dons sont officiellement reconnus, qu'ils n'ont rien à voir avec le charlatanisme et travaillent conjointement avec des médecins ou les autorités, ces radiesthésistes, médiums et autres magnétiseurs nous apprennent que nous connaissons fort mal les facultés de notre corps et de notre esprit. Leurs dons stupéfient les meilleurs prestidigitateurs et le plus idéaliste d'entre nous. Que l'on y croit ou non, les faits parlent d'eux-mêmes et nous devons bien avouer notre méconnaissance des principes qui régissent leurs "pouvoirs" car il s'agit bien cela.

Vous ne pourrez peut-être pas demain diagnostiquer une maladie en apposant simplement vos mains sur un malade, jouer une mélodie après trois auditions ou parler une langue étrangère en deux semaines telles que certaines personnes d'exception en sont capables, mais sachez que certains voyants peuvent enseigner leurs "pouvoirs" à leurs enfants. N'est-ce pas une bonne raison pour garder l'espoir...

Avec la civilisation, l’éducation toujours plus poussée et la vie en communauté, notre culture devient exponentielle, encouragée par les acquis antérieurs et la sollicitation de l'environnement. Hier notre savoir tenait sur une tablette d'argile, aujourd'hui tellement conséquent, il quitte progressivement les livres pour être transposé sur support informatique.

Émergence de la complexité

En ce début de troisième millénaire, l'homme est redevable à tous ceux et celles qui depuis des générations ont imaginé quel serait son avenir. Aujourd'hui, le progrès est tellement rapide que nos avons du mal à croire ce qu'imagine pour nous les ingénieurs dans 50 ans. On parle de village global relié à des bases de données virtuelles, d'interfaces informatiques souples, etc.

Malgré son intelligence et sa faculté d'adaptation, l'Homo sapiens sapiens de l'ancienne génération se perd dans ce dédale digital tandis que les plus jeunes, tombés dedans étant petit comme l'on dit, n'y trouve rien de particulier; cela fait partie de leur quotidien.

Mais l'Avenir de l'homme avec un grand A, celui qui nous projette réellement dans le futur, celui-là reste indéterminé; si nous pouvons entrevoir certaines tendances à 50 ans, toutes les études de prospectives qui se sont projetées au-delà d'une décennie se sont égarées faute d'être réalistes car il y a trop de facteurs politico-socio-économiques qui influencent notre avenir, nous empêchant de poser les repères qui guideront nos pas.

Notre avenir est lié à celui de nos sociétés. À côté des problèmes humanitaires et écologiques, il y a le risque que nous perdions notre identité : si nous acceptons qu'à l'avenir notre savoir soit partagé avec les ordinateurs, que notre mémoire soit stockée sur des substrats protéiniques hybrides carbone-silicium, que nos employés de maison soient des robots, il n'y a plus qu'un pas à franchir pour céder la place aux cerveaux artificiels, aux machines.

Les cybernéticiens affirment qu'il est possible de construire des robots à l'image de l'homme, les fameux androïdes et autres cyborgs. Les biologistes et beaucoup d'autres chercheurs en doute car ils estiment qu'il est peu probable que l'on puisse construire une mémoire et un système de contrôle capables de manipuler ne fut-ce que l'information quotidienne. Se greffe sur ce problème la prise de décision, le langage, la locomotion, la reconnaissance des formes, et bien d'autres subtilités propres à notre espèce, autant d'actions "réflexes" que nous exécutons quasi instantanément et que l'on voit mal fonctionner au même rythme dans une machine. Mais c'est sans compter avec les ordinateurs quantiques dont les performances théoriques nous laissent rêveur.

Si l'informatisation du village global de demain se limite à des tâches routinières, dangereuses ou est susceptible de nous rendre service dans la vie privée ou professionnelle et en corollaire d’améliorer notre niveau de vie, il n'y a pas à hésiter et son introduction est la bienvenue comme signe du progrès tant que nous préservons notre liberté. Il y a danger en revanche si notre éthique ou nos droits sont bafoués.

Une chose est certaine, si un robot à l'image de l'homme voit le jour dans un lointain avenir, c'est tout le concept de la société qui sera bouleversé. Il sera grand temps de s'inquiéter et de demander aux responsables à qui appartient la prise de décision...

L’impact de l’environnement

Si notre milieu change brutalement à l'avenir ou si nous oublions notre devoir moral envers la nature, celle-ci reprendra peut-être les rennes et notre évolution stagnera quelque temps. Cette considération n'est pas pessimiste d'un point de vue global car elle fait partie des lois de la nature et nous devons la concevoir comme une étape de l'évolution.

Rappelons-nous bien que l'évolution est un phénomène très lent et sensible aux conditions initiales. Pour peu que la température de la Terre ait été fraîche lors de la phase prébiotique ou que l'avantage des mutants ait été infime pendant l'évolution des pré-humains, ce n'est pas 100000 ou 1 million d'années que nous aurions dû attendre, mais probablement plus que la durée actuelle de l'Univers; Ne soyons donc pas impatients et en bouleversant notre environnement, pensons à l'avenir de nos enfants.

Si nous souhaitons garder le sourire et retourner à l'espace, non pas à l'état de cendres nucléaires mais pour explorer notre Galaxie, accordons-nous une chance pour rééquilibrer le monde. Généreux, il nous le rendra bien. En vivant sur la Lune, sur des mondes plus reculés encore ou dans des colonies spatiales, l'homme sera bientôt un extraterrestre et trouvera certainement là haut tout ce dont il a besoin. S'il n'est peut-être pas le seul à sonder l'univers, il est le seul qui puisse disposer de son destin. Placé dans la formule de Drake, ce facteur réduit ses chances de conquérir l'univers à très peu de choses.

Que la sagesse guide nos actions et nous préserve. »

L’avenir de l’homme, c’est un sujet passionnant, surtout parce que nous sommes tous et chacun d’entre nous participants et acteurs de premier plan dans ce mélodrame dont la trame centrale nous échappe pour l’instant.

RD





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