samedi, septembre 30, 2006

 

Réussir sa vie, cela ressemble à quoi?

Rendus dans la cinquantaine avancée et au début de la soixantaine, de grandes questions nous viennent à l’esprit, parfois même très troublantes parce que l’on ne peut revenir en arrière à ces âges-là.

En effet, le temps de l’action et des grandes décisions est derrière nous. Dans la plupart des cas, les hommes et les femmes ayant atteint ce stade de la vie ont accompli leur destinée, pour ne pas dire leur destin. Pour les femmes, la ménopause est une période qui vient rappeler que la Nature donne généreusement mais quand vient le temps d’y mettre un terme, elle coupe les hormones et c’est la fin de la période de la fertilité.

Pour nous, les hommes, la transition est moins évidente, mais elle est tout de même là. Cela se manifeste le plus souvent par une absence de goût vis-à-vis de la procréation, des problèmes de prostate et un intérêt plus marqué pour les petits-enfants, s’il y en a.

Autrement dit, on fait toujours des plans, mais leurs portées sont plus à court terme, avec des objectifs palpables et un désir de résultats le plus souvent dans les mois courants de l’année.

L’horizon lointain de la fin de la vie devient plus rapproché. Nous savons que nous ne serons plus de jeunes adultes ou des gens d’âge moyen, même si nous avons gardé un souvenir de ces périodes de notre vie. Mais est-ce si dramatique de vieillir? Perdons-nous tant de choses après avoir vécu si longtemps?

C’est là qu’intervient l’ajustement naturel de l’horloge biologique à l’intérieur de chacun d’entre nous. Un exemple : c’est très plaisant pour un homme d’un certain âge de regarder une belle jeune fille s’épanouir, de la voir sourire de toutes ses jolies dents blanches, de la voir se trémousser devant lui. Mais, demandez-lui s’il aimerait vivre avec elle tous les jours? S’il est honnête et bien dans sa peau, il répondra qu’un mur les sépare naturellement. Il va aimer beaucoup mieux comme compagne une personne de son âge qui le comprendra dans ses gestes de tous les jours et dont les attentes seront à la hauteur des siennes. Il y a des phases ou des étapes à franchir dans la vie, que l’on le veuille ou non.

Dans notre monde actuel, sans tradition et sans transition, nous avons tendance à l’oublier. Les rites de la tribu d’antan, lorsque la famille était plus traditionnelle, ne sont plus commémorés dans notre monde moderne. C’est pourquoi la plupart des pays fortement industrialisés, plus enclins à faire valoir l'accumulation de richesses que la qualité de la vie, commencent à mourir de leur belle mort parce que les gens qui les forment ne voient plus leur existence avec les yeux de leurs prédécesseurs, mais avec ceux de leurs contemporains, sans possibilité de recul dans le temps.

La jeunesse perpétuelle fait partie des mythes de notre société. N’est beau que ce qui resplendit, le clinquant et le superficiel. La culture, de quelque nature qu’elle soit, se vend mal dans ce monde de l’apparat. Pourtant, c’est à ce niveau que les hommes et les femmes d’un certain âge peuvent y puiser le plus grand enrichissement et le plus grand bonheur de la vie. Ces périodes recèlent des joies et des souvenirs, des expériences que l’on aime se remémorer, surtout si ce sont des événements qui nous ont grandis.

C’est à ce moment-là que nous faisons état de nos bilans personnels, sortes de retour en arrière qui nous serviront à aller plus loin dans la vie de tous les jours. L’illusion de la réussite dans la vie est alimentée par le flot des souvenirs qui nous reviennent à l’esprit.

Apprendre à réussir sa vie, voilà ce que l’on devrait enseigner dans les écoles. L’homme a besoin d’apprendre le savoir sous toutes ses formes, les connaissances dans tous les domaines comme les meilleurs comportements qui lui conviennent. La liberté est à ce prix.

Ainsi, l’homme qui vit à l’intérieur des lois est le plus libre des hommes parce qu’il n’est en rien un obstacle à la société et aux gens qui la composent.

On peut en conclure que les bonnes façons de faire devraient faire partie du bagage intellectuel des enfants, dès le début de leur existence. La société deviendrait alors beaucoup plus harmonieuse, riche des expériences de tous et chacun. C’est la réussite cumulative sur le plan humain qui reste le plus difficile à transmettre dans nos sociétés humaines qui, présentement, ne valorisent que l’éphémère et le superficiel.

RD



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