lundi, novembre 06, 2006

 

La fameuse prostate, passé l’âge de 50 ans




Un bon jour que je faisais une visite chez mon médecin, celui-ci me demanda d’aller passer un examen annuel. C’était à la mode à ce moment-là. Maintenant, on fait plutôt un suivi général et traite les bobos au fur et à mesure qu’ils apparaissent.

J’avais franchi la cinquantaine et quelques années en plus. Il avait coché un examen visant à déterminer mon niveau de PSA (i.e. le dosage sanguin de l'antigène prostatique spécifique). Quand je reçus mon résultat, il me fit ce que l’on appelle un toucher rectal pour évaluer l’état de ma prostate. Était-elle grosse ou présentait-elle des nodules? Il me regarda gravement après l’examen et me dit sur un ton sérieux qu’il faudra prendre un rendez-vous avec un urologue pour déterminer mon état réel, compte tenu du niveau élevé de ma PSA.

Sur le coup, je ne pris pas ça au sérieux. Mais, ça allait le devenir pour plusieurs années. Je me sentais parfaitement bien, suivant de très près mon régime alimentaire pour maintenir mon taux de sucre à la normale. Bref, j’étais loin de penser que je pouvais être malade, plus que d’habitude.

Après les délais de carence normaux d’un mois, je rencontrai une urologue à l’hôpital et elle m’annonça après un autre toucher rectal, que je devrais passer un échographie dans un autre hôpital avec un autre mois d’attente et que, finalement, j’avais 25 % de chance d’avoir un cancer. Je me sentis défaillir, tout d’un coup. Ce n’était pas possible! Enfin, je la quittai rapidement, avec la frousse au derrière. Elle venait de démolir mon sentiment de pouvoir vivre éternellement.

Je me rendis passer cet échographie, avec l’esprit chargée d’inquiétude et d’appréhension. Une bonne petite femme de spécialiste, d’à peine 5 pieds et quelques pouces m’accueillit à la salle d’examen, en compagnie de quelques aides. Elle me dit de me coucher et sortit de son fourreau l’instrument de torture qui devait servir à faire une échographie. Elle me le planta vous savez où et l’examen débuta.

Après quelques minutes de scanning, elle me regarda avec un large sourire. Monsieur, vous n’avez pas le cancer, vous avez une HBP (hypertrophie bénin de la prostate) et elle me dit avec un ton rassurant ça se soignait facilement avec des pilules. En fait, ma prostate qui normalement était de la taille d’une châtaigne à l’adolescence avait grossi avec le temps pour atteindre 6 fois cette dimension, soit environ, la taille d’un citron.

Bon! Je me sentais réconforté en sortant de cet examen. Je n’avais pas le cancer de la prostate. Mais, ce n’était que le début d’un suivi qui allait se poursuivre pendant plusieurs années, avec mon urologue qui, elle, ne lâchait pas prise, avec des coups de sonde et de poinçon pour voir s’il n’y avait pas des choses que l’on n’avait pas encore détecté.

C’est à ce moment que je fus pris d’une envie terrible de manger des tomates ou tout ce qui contenait des tomates parce que l’on avait découvert récemment que manger des tomates étaient une bonne façon de prévenir le cancer de la prostate en raison de la lycopène qu’elles contenaient. Les études à ce sujet avaient été conduites à Harvard. J’en mangeai des tomates, croyez-moi!

Finalement, pour faire une histoire courte, je n’ai pas eu le cancer, mais bien des troubles avec mon HBP, des incapacités totales d’uriner, des envies subites, etc. Se rendre à l’Urgence de l’hôpital pour se faire poser une sonde après un blocage total, à une heure d’avis, ce n’est pas rose. À la fin, je ne pouvais passer plus d’une heure sans me présenter dans un cabinet de toilette. Boy! Que c’était contraignant.

J’ai survécu cette période de ma vie, sans trop m’en préoccuper, jusqu’au moment où j’ai demandé que l’on me trouve une solution permanente. C’est là que je commençai à prendre des pilules pour réduire ma prostate à des dimensions proches de la normale et faciliter l’évacuation des urines. Depuis ce temps (fin cinquantaine), j’ai commencé à me foutre à nouveau de ma prostate. Mais, quel cauchemar que cet HBP!

La leçon de tout ça, c’est que l’existence nous réserve bien des surprises au plan de la santé et que si l’on a le courage de faire ce qu’il faut, dans les bons temps, on s’en sort et la vie reprend son cours comme avant ou presque.

Surveillez votre prostate! Elle pourrait vous jouer des tours, un jour ou l’autre de votre vie. Mieux vaut prévenir et avoir un suivi régulier, au moins des examens périodiques. Nous, les hommes, c’est notre talon d’Achille.

Prenez mon conseil, ça vaut la peine de s’en préoccuper quand vous dépassez la cinquantaine.

RD



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