vendredi, mai 04, 2007

 

Les quêtes dans la soixantaine.

La soixantaine est loin d’être un âge où tout espoir de vie et de bonheur sont perdus. Avec l’extension de la longévité, l’homme et la femme sont en mesure de se maintenir proche de leur jeune âge, pourvu qu’ils reconnaissent leurs limites personnelles.

À tout âge de la vie, il y a des choses qui sont possibles et d’autres qui deviennent impossibles. On ne peut demander à un bébé naissant de marcher spontanément ou de parler comme un adulte. Si l’adulte peut faire à peu près tout ce qu’un humain normal est en mesure de faire, il ne peut redevenir bébé et faire gaga et caca dans ses culottes, sans inconvénients. On dira généralement que ce n’est plus de son âge.

Quand on arrive à l’âge des aînés, là on ne sait plus vraiment. La ligne de démarcation entre l’âge mûr et le début de l’âge des Séniors n’est pas bien tranchée. Certaines personnes vont vieillir prématurément, voire avoir de graves maladies, tandis que d’autres, la plupart heureusement, vont se retrouver sains mais avec moins de résistance, par exemple, à la fatigue ou de légers inconvénients.

Par quête, on souligne le fait que l’on a encore des envies de vivre des choses qui sont à notre portée et qu’il faut reconnaître. Par exemple, la quête de la sérénité est vue comme une vertu que l’on peut espérer atteindre à l’âge des Séniors, difficilement avant.

À ma connaissance, il existe peu de volumes sur le sujet des quêtes accessibles à partir de la soixantaine. C’est une période de la vie qui, jusqu’à tout récemment, n’était pas atteint par la majorité de la population. Dans son ouvrage intitulé « L'espérance de vivre. Âges - générations et sociétés.», publié par les éditions Le Seuil en octobre 2005, Jacques Véron faisait le résumé suivant de la situation en Europe au plan de la démographie :

« La très forte augmentation, depuis deux siècles, de l'espérance de vie dans les pays les plus développés nous permet d'être beaucoup plus nombreux à atteindre des âges élevés.La pyramide des âges s'en ressent : la population vieillit.

Non seulement les attitudes à l'égard de la vie et de la mort se transforment, mais une véritable "gestion des âges" devient nécessaire.

Les relations entre les générations se modifient en profondeur et affectent toute la dynamique des sociétés, des solidarités effectives ou possibles à la dépendance économique mais aussi aux questions éthiques : quel est le coût économique de l'allongement de la durée de vie et comment résoudre les problèmes qu'il pose, si la quantité de vie en plus se traduit par une dégradation de sa qualité ? C'est une réflexion sur les liens entre l'histoire de l'individu, celle de sa génération et celle de la société… »

Existe-t-il des jalons, des critères, des façons d’envisager ces quêtes? Pour l’instant, je recherche des réponses un peu partout dans la littérature. Le vieux, caractérisé par la pipe à la bouche, le regard lointain et perdu, les membres fatigués par les années de labeur, ne correspond plus vraiment à l’image que l’on se fait de la vieillesse.

Développer une réflexion sur la façon de comprendre et d’accepter les changements qui surviennent dans la vie humaine avec le vieillissement est un bon exercice pour mieux décoder cette période de la vie.

Est-ce possible de faire oeuvre de nouveauté sur cette thématique? Sûrement! Parce que rien n’est figé dans les comportements humains. Tout est question d’adaptations et de remises en question.

Qui sont ceux qui sont principalement préoccupés par ces questions? Surtout ceux qui arrivent à cette période de l’existence ou qui les vivent. Les spécialistes de ces questions attendent patiemment que nous vivions tous cette nouveauté de l'accroissement de la longévité pour en tirer des conclusions. Malheureusement, les sources d’information actuelles font défaut ou ne sont plus vraiment adaptées à ce phénomène nouveau. Maintenant, on sait tout sur la façon d’élever un bébé et de lui donner les meilleurs soins. On ne sait plus vraiment quoi faire quand on est vieux et quel rythme adopter face aux aléas de la vie à cet âge.

Peut-on avoir une réflexion personnelle, valable et originale, pour ne pas dire innovante, à partir de ses propres impressions et sensations? Tout est là. La gérontologie nous donne de bons repères sur la physiologie de l’être humain vieillissant. Est-ce une approche suffisante pour combler une existence en péril ou en diminution de capacités vitales? Ce qui est sûr, c'est que l'on n’est pas vieux en un jour, on le devient avec les années de vie qui se sont écoulées.

RD

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