dimanche, juin 03, 2007

 

Le suicide assisté (3) : en guise de conclusion.

Que faire face à la maladie ?

Source : AFEAS, femme en mouvement. « Suicide assisté : choisir pour soi ? »,
Guide d’animation 2006-2007, Québec.


On doit toutes et tous, un jour ou l’autre, faire appel à notre système de soins de santé. C’est inévitable. La maladie nous tombe dessus ou sur l’un de nos proches. Dans le pire des cas, la mort se met à nous rôder autour …

Alors, que faire ? Ce n’est pas toujours facile, quand on est malade, de bien communiquer avec l’équipe soignante, ni de faire respecter ses besoins ou ses volontés…Mais en tout temps, il faut se rappeler que, comme malades, vous avez des droits ! Il ne faut donc pas hésiter à poser des questions. Sur les traitements proposés, leurs bienfaits, leurs risques...

Au besoin, si l’un de vos proches est hospitalisé, vous pouvez demander, comme famille, une rencontre avec le médecin et l’équipe soignante, pour bien comprendre toute la situation. Surtout, il est important de garder en tête que c’est à vous, comme patientes, de décider, avant de dire « oui » à certains soins. Avant de donner son accord, il faut demander à son médecin : est-ce vraiment un traitement utile ? Ou un traitement futile, compte tenu de mon état ?

Donc, la Loi sur les services de santé et les services sociaux reconnaît aux citoyennes et aux citoyens du Québec des droits. Il s’agit :

- du droit à l’information sur les services et les ressources disponibles dans son milieu en matière de santé et de services sociaux ainsi que sur les modalités d’accès à ces services et ces ressources;

- du droit aux services de santé et des services sociaux adéquats sur les plans à la fois scientifique, humain et social, avec continuité et de façon personnalisée et sécuritaire, et ce, en respect des ressources disponibles;

- du droit de choisir le professionnel ou l’établissement qui vous dispensera les services, tout en tenant compte de l’organisation des services de l’établissement et de la disponibilité des ressources dont il dispose;

- du droit d’être informé sur votre état de santé et de bien-être, sur les options possibles compte tenu de votre état et sur les risques et les conséquences associés à chacune des options avant de consentir aux soins;

- du droit de consentir aux soins ou de les refuser;

- du droit de participer à toute décision qui concerne votre situation;

- du droit de recevoir des soins appropriés en cas d’urgence;

- du droit d’être accompagné ou assisté d’une personne de votre choix lorsque vous désirez de l’information sur les services offerts ou au cours d’une démarche de plainte;


- du droit d’accès à votre dossier d’usagère ou d’usager;

- du droit à des services en langue anglaise pour les personnes d’expression anglaise, dans la mesure où le prévoit le programme d’accès à ces services établi pour la région;

- du droit d’exercer un recours en raison d’une faute professionnelle ou autre.

Même s’il n’a pas force de loi, faire son testament biologique peut quand même être utile. Vos volontés seront connues, une fois pour toutes. Le testament biologique, rappelons-le, est un document dans lequel une personne exprime sa volonté face aux soins et aux traitements qu’elle aimerait recevoir ou refuser ou faire cesser, vers la fin de sa vie. Le testament biologique facilite les échanges avec votre médecin et les membres de votre famille. On recommande de le mettre à jour une fois par année. Pour vous aider à le remplir, vous pouvez aussi vous adresser à votre médecin.

Pour plus d’informations à ce sujet, veuillez consulter les sites Internet suivants :

http://www.onf.ca/mourirpoursoi/doc.html (documents disponibles)
http://www.onf.ca/mourirpoursoi/prtestbio.html
http://www.santepub-mtl.qc.ca/Aines/maladie/volonte.html

De plus, dans le mandat en cas d’inaptitude- un autre document utile si, un jour, vous devenez incapable de prendre vos propres décisions- il y a une section intitulée « Volontés de fin de vie ». Cette section permet aussi de préciser les soins que l’on veut ou non recevoir à la fin de sa vie. La différence avec le mandat en cas d’inaptitude, c’est qu’il a, contrairement au testament biologique, une force légale réelle, une fois qu’il a été homologué (validé) par la Cour.

Pour consulter le dépliant à ce sujet ou pour obtenir un modèle de mandat en cas d’inaptitude, consultez le site du Curateur public du Québec :

http://www.curateur.gouv.qc.ca/cura/html/rengen/depliants.html

On peut aussi commander des brochures d’information sur le mandat en cas d’inaptitude à Services Québec (anciennement Communications-Québec), au numéro sans frais suivant : 1-800-363-1363.

En guise de conclusion

Les sondages sont clairs là-dessus. La plupart des gens veulent contrôler la fin de leur vie. Partir dans les meilleures conditions possibles. Mais comment ?

Pour les unes et les uns, c’est de demander à nos gouvernements que le testament biologique prenne désormais force de loi, que les directives données aux médecins soient plus claires, que le Québec se mette (enfin) à la fine pointe des soins palliatifs et du traitement de la douleur… Selon eux, il faudrait aussi rendre plus disponibles les services et les soins destinés aux mourantes et mourants, en plus d’améliorer l’hébergement des malades chroniques ou des personnes handicapées. Finalement, il faudrait étudier davantage les raisons qui poussent les gens à réclamer la mort. Pour eux, à ce chapitre, tout n’a pas encore été fait. D’où leur opposition à ouvrir la porte au suicide assisté sur demande.

Pour les autres, la vraie solution, face à une souffrance impossible à apaiser, c’est aussi de permettre à des malades, dans des cas exceptionnels, d’être aidés à mourir…. L’aide au suicide, pour eux, ne s’oppose pas aux soins à donner à la fin d’une vie, elle en fait partie. À leurs yeux, « partir » à l’heure de son choix permettrait enfin de « mourir dans la dignité ». Loin de la mainmise du monde médical, entouré de ses proches, selon ses désirs, sans combats inutiles, sans acharnement…

Partout dans le monde, il y a maintenant des groupes qui militent pour rendre légal le droit de mourir à l’heure de son choix. Certains sont connus sous le nom d’ « associations pour le droit de mourir dans la dignité ». D’autres sont aussi appelés « associations pour l’euthanasie volontaire ». Il existe même une Fédération mondiale des sociétés pour le droit de mourir.

Tout ce débat sur le suicide assisté est donc loin d’être fini. Mais quelle qu’en soit l’issue, il reste un point à ne pas perdre de vue : les besoins des personnes, à la fin de leur vie. Une étude canadienne vient de révéler que ce qui compte le plus pour elles, avant de partir, c’est d’abord la confiance envers les médecins. Leurs autres priorités sont :

- de ne pas être maintenues en vie de façon artificielle lorsqu’il n’y a pas d’espoir de guérison; que le médecin communique honnêtement les informations au sujet de leur état;
- avoir le temps de mettre leurs affaires en ordre;

- résoudre les conflits;
- faire leurs adieux aux gens qu’ils aiment;

- ne pas être un fardeau pour leurs proches.

D’ici là, c’est à chacune d’entre nous de se faire une idée sur le suicide assisté, afin de participer au mieux aux décisions que notre société devra prendre, tôt ou tard, face à la mort et au sort réservé aux personnes à la fin de leur vie….

LE DÉBAT RESTE ENTIER!

RD

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