vendredi, juillet 11, 2008

 

Doit-on revendiquer de meilleurs soins de santé?

En vieillissant, on s’aperçoit souvent que l’on devient moins revendicateur. Peut-être est-ce dû au fait que l’on accepte plus facilement les fatalités de la vie? Et, pourtant, s’il y a un temps où la qualité des soins de santé est essentielle, c’est bien dans le dernier quart de la vie.

La SANTÉ est avant tout une responsabilité constitutionnelle de nature provinciale. Autrement dit, les citoyens doivent d’abord s’adresser au Gouvernement du Québec s’ils veulent améliorer leur système de santé. C’est aussi la priorité des principaux partis politiques de l’Opposition, qu’il s’agisse du PQ ou de l’ADQ.

Le 20 février dernier, le comité présidé par l'ancien ministre libéral Claude Castonguay déposait son rapport de plus de 300 pages avec un titre très « évocateur »: « En avoir pour son argent ». A-t-il fait changer les choses? Je vous laisse y réfléchir.

Pour bien comprendre les enjeux de ces questions, on doit souvent se référer à nos petites et grandes histoires de santé personnelles. Hé oui! À ce qui nous arrive personnellement. Parce que c’est à ces moments-là que l’on est pleinement concerné par le sujet.

Moi, j’ai une petite histoire de HBP (hypertrophie bénin de la prostate) qui m’a fait frôler la catastrophe. En effet, depuis plusieurs années, comme bien d’autres personnes de mon âge, je suis pris avec un problème de grosse prostate. J’ai eu un excellent suivi par une urologue pendant des années. Mais, périodiquement, j’ai eu des accidents de santé comme on dit : une incapacité d’uriner, pour tout résumer. Vous devez alors vous rendre à l’Urgence le plus proche dans les deux heures qui suivent pour vous faire poser une sonde, sinon c’est le gonflement de la vessie, une douleur intense qui vous irradie dans le bas ventre et vous devinez la suite. Non traité à temps, vous crevez. Au cours des années, malgré la prise régulière de médicaments, le mal n’a fait qu’empirer.

À la fin de septembre 2007, j’avais atteint la limite. Rendu à l’Urgence de l’Hôtel-Dieu de Québec, après que l’on m’eut posé une sonde, on m’a gardé pour la nuit en vue de rencontrer un urologue, vu mon état.

L’urologue en question me regarda avec un grand sourire et me dit qu’il ne pouvait m’opérer pour l’instant, vu qu’il avait un nombre considérable de patients cancéreux sur sa liste. Il sera prêt à le faire en décembre prochain. Voilà! L’affaire était réglée. Une employée de l’hôpital est venue prendre mes coordonnées, me disant que je pouvais retourner chez moi avec ma sonde, m’arranger avec le CLSC du coin pour la faire changer dans un mois et rester chez moi en attendant l’opération. Elle me remit un numéro de téléphone où appeler si j’avais quoi que ce soit qui n’allait pas avec ma sonde. Je pensais que tout allait fonctionner sur des roulettes.

J’ai effectivement porté une sonde pour uriner pendant trois mois consécutifs, me promenant dans les centres d’achat et un peu partout avec ce machin. Évidemment, je me suis accroché plusieurs fois avec ce délicat instrument et l’ai arraché. Vite l’infirmière à domicile ou au CLSC ou à l’Urgence. Il me faut une nouvelle sonde.
Arrive le milieu de décembre, moment où je devais recevoir un coup de téléphone de l’Hôpital pour céduler mon opération. Pas de coup de téléphone. J’appelle au département d’urologie. Non, monsieur, vous n’êtes pas sur la liste des personnes qui vont être opérées la semaine prochaine. Appel urgent à la secrétaire de mon ancienne urologue DÉBORDÉE qui avait transmis un an plus tôt mon dossier à un généraliste. Oui, on s’occupe de votre cas. Ouf! J’étais sauvé. Rendez-vous pour les examens préliminaires et on le savait déjà, ma prostate avait atteint la grosseur d’un pamplemousse. Normalement, à 18 ans, elle avait la grosseur d’un gland. Vous voyez la différence.

Opération prévue et réalisée le mardi, 18 décembre et sortie de l’Hôpital le lundi suivant, juste avant Noël. Belle période pour être malade! Retour à la maison, soutenu par mon fils qui prenait la relève. Un infirmier du CLSC est venu le lendemain changer mon pansement à la maison. Et, vive les visites aux deux jours. Entretemps, vous changez vous-même ou à l’aide de votre fils le pansement de la blessure qui fait environ 4 pouces vertical par 3 pouces horizontal.

Arrive le moment où il faut enlever les points de suture ou les broches. L’infirmier décide de vous retourner à l’Urgence, même si l’Urologue avait indiqué d’enlever les broches. « Dangereux que tout ouvre », me dit-il. Et, vivement en voiture pour une visite à l’Urgence. Quelques examens et une attente toute la journée dans un lit à L’Urgence. Finalement, on enlève quelques broches, me donne une prescription d’antibiotique et de retour à la maison.

Une semaine plus tard, une infirmière du CLSC, qui ne connaissait rien au dossier, regarde le tout et le billet du médecin de l’Urgence et enlève le reste des broches. Le lendemain, dans la journée, en m’asseyant sur le banc de toilette à la maison, la catastrophe : toute la blessure s’ouvre d’un coup. À toute vapeur à l’Urgence de l’Hôtel-Dieu. Évidemment que je passai vite. J’étais bien connu maintenant dans ce département. En fin de soirée, un Interne du Département d’urologie me posa une mèche dans la dite blessure et de retour à nouveau à la maison avec un super bandage, que je devais faire changer le lendemain au CLSC.

En plein hiver, durant plus d’un mois, à chaque jour, je dus me rendre en auto au CLSC changé cette mèche et faire refaire le pansement. J’en ai développé une tendinite dans la jambe droite. Heureusement que je ne fis pas d’infection. J’ai eu la chance de connaître toutes les infirmières du CLSC, personne en particulier n’étant affecté à mon dossier. Elles ont toutes pu constater que j’étais un vrai roux. Étant diabétique et âgé de 63 ans, je prenais toutes les précautions pour qu’il ne m’arrive rien.

Je revis mon Urologue au milieu de février à l’Hôpital et elle fut heureuse de constater que tout était guéri. Quel bonheur que tout fonctionne à nouveau parfaitement. Une prostatectomie signifie évidemment que je ne pourrai plus faire d’enfants. Mon fils a maintenant pris la relève avec sa propre fille d’un peu plus d’un an.

Voulez-vous connaître mon impression sur le système de santé du Québec? J’appelle ça de la médecine de guerre. Je me considère chanceux parce que je m’en suis bien tiré en revendiquant les bons soins ou les bonnes pratiques quand ce fut nécessaire. Et, je passe sous silence la liste de ces revendications.

Vous voulez savoir qui m’a appris à revendiquer les bons soins? C’est mon médecin généraliste. Je lui dois pratiquement la vie. Quelques temps avant l’opération, il m’avait dit à peu près ceci : « Gênez-vous pas, le système de santé vous appartient ».

N’est-ce pas beau la SANTÉ!

RD

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