vendredi, décembre 26, 2008

 

Aînés et conduite automobile


Nous sommes habitués de conduire notre automobile. C’est un droit acquis par la plupart d’entre nous lorsque nous étions tout jeunes. Et maintenant l’âge de la retraite est arrivé. Devrons-nous faire évaluer notre capacité de conduire ? Quand et comment le faire, pour demeurer toujours responsable de ses actes sur la route en général ?
Voilà à quoi fait référence l’article d’Isabelle Tremblay, paru sur le site Internet http://www.lebelage.ca/
Les conducteurs âgés doivent obligatoirement consulter un professionnel de la santé pour évaluer leurs capacités à conduire.
Survol du processus d'évaluation.
Si en tant que conducteur nous choisissons de rester sur la route après 75 ans, la Société de l’assurance automobile du Québec est chargée d’évaluer nos capacités à prendre le volant. Comment cela fonctionne? La SAAQ envoie un formulaire à faire remplir par un professionnel de la santé, une demande qui nous est acheminée une première fois à 75 ans, puis à 80 ans et, par la suite, à tous les deux ans. «C’est tout un choc quand on reçoit cette lettre, se rappelle Laurent. Je me souviens l’avoir cachée quand je l’ai eue.
J’étais fâché parce que j’ai toujours été bon conducteur. Prenant mon courage à deux mains, je me suis rendu chez le docteur et j’ai réussi le test. Quel soulagement…» Mais qu’évalue-t-on au juste? Et comment s’y prend-on pour tester nos capacités à conduire?

Chez le docteur
Le Collège des médecins du Québec, en collaboration avec la SAAQ, a publié un guide d’exercices pour déterminer l’aptitude des patients à conduire un véhicule automobile. Cet outil permet au professionnel de la santé de dépister les déficits cognitifs, sensoriels, neurologiques et locomoteurs d’un patient. L’examen se déroule en trois étapes.
La première est l’observation du conducteur. À partir du moment où vous entrez dans son cabinet, sachez que le médecin vous a à l’oeil! Entendre votre nom, lorsqu’il est mentionné dans la salle d’attente, est déjà un fait observable tout comme votre démarche. Par ailleurs, le médecin peut, en vous serrant la main pour vous souhaiter la bienvenue, détecter si une incapacité fonctionnelle du bras est susceptible de compromettre les manoeuvres au volant, par exemple.
Deuxième étape: le questionnaire. « On leur demande: qu’est-ce que vous faites avec la voiture, où allez-vous, conduisez-vous le soir? Il y a une démarche bien précise à suivre », explique Suzanne Dufour, omnipraticienne, professeure d’enseignement clinique à la faculté de médecine universitaire de Sherbrooke et de Chicoutimi. La longue liste des éléments à évaluer permet à notre médecin de vérifier toutes les fonctions qui nous sont nécessaires pour conduire. Les antécédents médicaux (accident vasculaire cérébral, diabète, etc.) qui pourraient influencer nos fonctions motrices, les problèmes d’audition et de vision sont bien sûr examinés. Des petites questions peuvent également être posées aux membres de la famille d’un conducteur en examen afin de savoir s’il a, par exemple, des pertes de mémoire.

Troisième étape: l’examen physique. À cette étape, signes vitaux (arythmie, hypotension), amplitude des mouvements et fonctions cognitives (comme la baisse d’attention) sont évalués à l’aide de deux examens distincts. D’abord, le test de l’horloge durant lequel le patient doit dessiner un cadran sur papier et marquer, à l’aide de la grande et la petite aiguille, une heure en particulier. On utilise également le test de Folstein composé de 30 questions. «On demande, entre autres, quel jour nous sommes et la date. Nous demandons également au patient de retenir une phrase simple qui lui sera redemandée au bout de quelques minutes, explique la docteure Dufour. Un résultat standard est de 28 sur 30, en montant. En bas de ce résultat, on suggère de faire un bilan de santé plus approfondi.»« La plupart du temps la consultation se passe bien, ajoute la spécialiste. Surtout si le médecin qui évalue le conducteur connaît le patient. Bien sûr, ils sortent rarement du bureau avec un sourire sachant qu’il est possible pour eux de se voir retirer leur permis de conduire, mais je pense qu’ils réussissent à comprendre notre position. »
Ce qu’il faut retenir: la décision finale d’enlever le permis de conduire ou de limiter l’utilisation de la voiture n’est pas entre les mains du médecin! Une fois le questionnaire compété, on doit, dans les 90 jours, retourner l’évaluation à la SAAQ qui examinera les résultats et fera part de la décision au conducteur, par la poste.
Avant 75 ans
Même avant l’âge de 75 ans, la SAAQ peut demander un examen préventif. Il est d’ailleurs recommandé d’aviser la SAAQ si l’on doute des capacités de conduite d’un proche et que cette personne pourrait menacer la sécurité des autres sur la route. Si on ne connaît pas le conducteur dangereux, on peut tout de même le signaler à la SAAQ en mentionnant la plaque d’immatriculation du véhicule de la personne.
« Ma mère de 72 ans commençait à oublier beaucoup de choses. Il lui arrivait de nous appeler pour nous demander quel jour nous étions. Évidemment, cette situation a inquiété toute la famille. On a alors demandé un bilan médical et son permis lui a été enlevé. Dure épreuve… », confie Dominique.À tout moment, un conducteur peut également décider de ne plus prendre la route, comme dans le cas de Francine qui, à 68 ans, n’a pas renouvelé son permis de conduire. « Depuis quelques années déjà, je limitais mes déplacements puisque prendre la route me stressait, raconte-t-elle. J’ai fait ce choix lors de mon emménagement en condo qui est situé près de tous les services; la voiture devenait donc inutile. Quand je veux aller voir mes enfants, ils viennent me chercher sinon, je prends le transport en commun. »
Une épreuve
Si Francine vit bien avec sa décision, il n’est pas toujours facile d’abandonner le privilège de conduire, surtout si c’est notre état physique qui nous y force… D’après Micheline Bradette, psychologue et neuropsychologue, plusieurs étapes doivent être franchies pour arriver à mieux vivre avec la situation: frustration, tristesse, colère puis l’acceptation de notre état de santé et de notre perte d’autonomie. Bien sûr, le chemin de la guérison est parfois difficile pour ceux qui ont l’impression de perdre une partie de la liberté dont ils jouissaient depuis des décennies... « Apprendre qu’on ne peut plus conduire nous oblige à trouver et à choisir des alternatives pour le transport (autobus, taxi), afin de pouvoir continuer à pratiquer nos activités et préserver notre autonomie le plus possible. Lorsque nous nous sommes adaptés, on arrive habituellement à y voir des points positifs: baisse du stress, sécurité, diminution des coûts associés au véhicule, etc. », ajoute madame Bradette.
Finalement, le temps et un bon soutien de notre entourage s’avèrent des outils essentiels pour nous aider dans ce processus.Quelques statistiques
Voici les données relatives aux contrôles médicaux pour les conducteurs âgés de 75 ans et plus, pour l’année 2006 (les résultats de 2007 ne sont pas encore publiés).
Un petit test
Suis-je encore apte à conduire? Comme conducteur, éprouvez-vous des difficultés ou des problèmes avec l’un ou l’autre des points suivants?
Si vous avez répondu oui à une ou à plusieurs de ces questions, il serait important de consulter un professionnel de la santé. Ce questionnaire est extrait de la brochure Au volant de ma santé publiée par le gouvernement du Québec. On peut la consulter en ligne.

Mise à jour : mai 2008

RD

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