dimanche, mai 31, 2009

 

Un cri d’alarme pour le bien-être des aînés


Québec : une société qui ne valorise pas ses aînés
Ariane LacoursièreLa Presse

Aline Charles est professeure d'histoire à l'Université Laval. Elle étudie le traitement réservé aux aînés au cours des siècles. Selon elle, le Québec a développé une perception négative de la vieillesse à la fin du XIXe siècle.
«Auparavant, la vieillesse était valorisée, explique Mme Charles. Très peu de gens devenaient vieux. Ceux qui le faisaient étaient vus comme des gens exceptionnels, dit-elle. Les sociétés qui avaient beaucoup d'aînés montraient qu'elles avaient le dessus sur la mort.»
Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Dans la dizaine de résidences visitées par La Presse au cours des derniers mois, tous les employés s'entendaient pour dire qu'au moins 80% de leurs résidants ne reçoivent jamais de visite et sont littéralement abandonnés. «Les familles ne sont pas présentes. Les résidences doivent offrir l'accompagnement et les soins», confirme la directrice générale de l'Association des résidences et CHSLD privés du Québec, Mariette Lanthier.
Point de vue de Colombe Dufour
« Un traitement infantilisant et contrôlant! »

À la ministre responsable des aînés Marguerite Blais) - La ministre responsable des aînés a accordé tout récemment un montant approximatif de 300 000$ à l'organisme Docteur Clown!

En tout premier lieu, je ne doute pas des compétences de cet organisme. Cependant, je suis blessée pour toutes les personnes institutionnalisées pour qui se faire offrir un seul plat de résistance est en soi très infantilisant et contrôlant. En effet, le message que reçoivent ces personnes et même le public est: nous croyons que seule la présence de cet organisme peut distraire les personnes malades et cela jette aussi une douche froide sur nous, qui peut-être un jour, aurons à subir le même sort!
Dans un centre de soins de longue durée, il y des «représentants» de toute une société; des personnes comme vous et moi, vos parents, vos amis, qui dans leur vie active ont occupé une profession, un métier, des gens de toutes cultures. Ces gens, à l'arrivée du grand âge ou d'une maladie dégénérative se voient forcés de faire le deuil de tout à petit feu. Pour certains, lors de leur prise en charge, ils peuvent vivre encore des années dans un milieu hospitalier. Alors donc, après les médicaments, les soins d'hygiène, de quoi ont-ils besoin pour «passer le temps»?
Tout comme nous «dehors» et libres, d'avoir un milieu de vie où ils peuvent continuer à «grandir» dans la compréhension de leur propre vie. Ils ont besoin de pouvoir s'épanouir dans ce qu'ils sont, au-delà de leur condition physique et mentale. Pour ce faire, être respectés et avoir un droit de parole leur est nécessaire.
Voilà maintenant près de 23 ans que je les visite avec mes chansons, mes ateliers musicaux thématiques et je m'adapte encore à chaque jour. Ceux qui m'invitent en général sont les personnes responsables du service des loisirs en place dans l'établissement (récréologues, techniciens en loisirs, éducateurs spécialisés, etc.), qui s'évertuent tant bien que mal avec les budgets qu'ils ont, à offrir des activités adaptées aux personnalités et états de santé de leurs résidents.
Ils fonctionnent avec un profond respect et sont sujets à un code d'éthique conçu pour les clients (note : je déteste le mot usager utilisé en ce moment pour désigner les personnes en institution). Avec l'aide d'un comité de bénévoles (à certains endroits), ainsi que du comité des résidents qui habitent l'institution (représentant les personnes malades du même lieu), tous travaillent à mettre en place une panoplie d'activités différentes à proposer. Une «assiette diversifiée» pour une «société institutionnalisée».
Que faites-vous en général pour «passer votre temps»? Vous aimez lire, regarder la télévision, écouter la radio, jouer au bingo, écouter un concert, danser, chanter, goûter un mets différent, apprendre un nouveau jeu de société, jouer aux cartes, profiter du silence, prier, écrire, apprendre un texte, dessiner, peindre, cultiver des fleurs, jardiner, vous réunir entre amis, voir votre animal préféré, et pourquoi pas à l'occasion la surprise d'un Docteur Clown, etc..?
Eux aussi ont des goûts multiples! La vie continue. Comme nous, ils ne savent pour combien de temps.
Alors, je ne suis pas ministre des Aînés, mais si je l'étais, je préférerais que le titre soit : ministre de l'Être humain respectable et respecté. Je proposerais ceci :
Avec 300 000$ ou plus?

- Aider les CHSLD à se munir d'un département de loisirs pour soutenir un milieu de vie sociale favorisant ainsi un meilleur moral tout en contrant l'isolement.
- Former davantage les intervenants dans une meilleure compréhension des états psychologiques et émotionnels qu'impose la maladie.
- Voir à ce que chaque endroit ait un «Comité des résidents» garant du droit de parole en impliquant les familles.
- Favoriser la création d'un comité de bénévoles (aussi à chaque endroit) afin d'assister le service des loisirs, de faire des visites aux personnes malades comme les 2500 grands coeurs de l'oeuvre Le Noël du Bonheur le font depuis 46 ans.
- Et sûrement bien d'autres choses.
Savoir que votre ministère favorise une seule activité pour satisfaire une société entière est bien frustrant. Et, ça l'est d'autant plus pour tous ceux qui depuis des lunes déploient leurs efforts dans le but d'élargir leurs compétences afin de mieux s'adapter aux personnes qu'ils aiment desservir!
Colombe Dufour
Auteure compositrice interprète, elle fait aussi du spectacle et des ateliers thématiques depuis près de 23 ans auprès des personnes institutionnalisées. Elle est également auteure de l'approche : Se soutenir en paroles et en musique (ateliers offerts aux personnes en CHSLD ainsi que dans quelques écoles primaires et secondaires).
RD
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