samedi, juin 27, 2009

 

Âgés et vulnérables…


Alors qu’ils étaient 965 000 en 2001, les gens âgés de plus de 65 ans seront plus de 1 974 000 en 2026 et représenteront près du quart de la population du Québec. Avec le Japon, le Québec est la société au vieillissement le plus rapide. Les occasions d’abuser financièrement des personnes les plus vulnérables se multiplieront au cours des prochaines années.
Les nouveaux vieux du Québec
Ils sont plus nombreux, plus vieux, plus riches et souvent plus vulnérables. Nos aînés et leurs bas de laine représentent une cible de choix pour bien des gens plus jeunes et mal intentionnés.
Chantage émotif pour soutirer de l’argent, procuration générale utilisée sans retenue, fraude par Internet, par la poste ou par téléphone, surfacturation des services en résidences privées, vol dans les chambres des centres d’hébergement, les aînés sont de plus en plus susceptibles d’être victimes d’abus économique.
Au Québec, 80 % des fraudes et des abus économiques à l’endroit des personnes âgées sont commis par des proches.
Qu’il s’agisse de personnes qui, fortes d’une procuration générale ou d’un mandat d’inaptitude, administrent les biens des personnes âgées dans leur propre intérêt plutôt qu’en se souciant du bien-être de l’aîné, ou d’enfants qui forcent un parent âgé à leur prêter de fortes sommes, le manque de scrupules des abuseurs n’a souvent d’égal que la vulnérabilité de la personne abusée.
Des cibles nombreuses
Quand on songe que, selon le Conseil des aînés, les personnes âgées de plus de 60 ans détiennent autour de 80 % du patrimoine québécois (immobilier, actifs, etc.), cela en fait des cibles potentielles pour les proches en manque d’argent, pour les arnaqueurs de tout acabit et les voleurs à la petite semaine.
Malgré cela, et bien qu’une proportion importante d’entre elles soient vulnérables ou inaptes à exercer leurs droits, les personnes âgées de plus de 65 ans étaient en 2004 deux fois moins susceptibles d’être victimes de vol de biens personnels que celles âgées de 55 ans à 64 ans, selon l’étude Les aînés victimes d’actes criminels, de Statistique Canada.
Difficile de dénoncer ses propres enfants. De toutes façon, le nombre de personnes âgées augmentera parce qu’il y aura plus de personnes âgées.
Des conséquences plus lourdes
Au-delà du nombre de crimes commis, les conséquences de ceux-ci sont souvent beaucoup plus grandes chez les personnes âgées. Se renflouer d’une fraude de 200 000 $ quand on a 35 ans, ça peut se faire. Quand on en a 75, c’est beaucoup plus compliqué.
Plus inquiétant encore, l’abus économique à l’endroit des aînés s’accompagne généralement de maltraitance psychologique du type « si tu ne me prêtes pas 2000 $, tu prives tes petits-enfants de leur saison de hockey » ou « si tu ne me donnes pas la maison, je ne reviendrai plus te voir ».
Une situation délicate que même les réseaux mis en place pour déceler et pourfendre les abuseurs peinent à percer.
Source : Journal de Québec, 21 février 2009
RD
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