mercredi, juillet 15, 2009

 

Amour et polygamie : une perspective nouvelle pour les aînés

Dans un article paru dans le journal de Québec, le 12 juillet 2009, Yvon Dallaire, psychologue, montre les nouveaux aspects du couple qui touche notamment à l’aspect longévité.

« L’amour comme raison principale du mariage est apparu tardivement dans l’évolution de l’humanité. Avant, on se mariait par nécessité, pour créer des alliances économiques ou politiques, ou parce que les parents en avaient ainsi décidé, parfois même dès le plus jeune âge. Le mot « amour » n’apparaît qu’au XIIe siècle dans la langue française.

Dans la majorité des espèces animales, le couple n’existe pas ou, s’il existe, ne dure que le temps du coït, de la grossesse et de l’élevage des petits, soit tout au plus une saison. Les couples se font et se défont au rythme des périodes de rut. De plus, les femelles animales sont généralement polygames, cherchant à s’accoupler avec plusieurs mâles dominants à l’intérieur d’une même période de chaleur (oestrus).

Rares sont les animaux monogames : à peine 3 % de toutes les espèces. Ces espèces développeraient même un lien amoureux? Nous en retrouvons des exemples chez les fous de Bassan, les manchots, certains perroquets, les gibbons et les castors qui n’ont qu’un seul partenaire à vie. Si celui-ci décède, l’autre se retrouve seul et ne reforme pas de nouveau couple.

Amour et mariage

L’être humain aurait lui aussi été polygame durant la plus grande partie de son évolution. Ce n’est qu’au moment où nous sommes passés d’un mode de vie nomade à un mode de vie sédentaire, avec le développement de l’agriculture, que les couples ont commencé à se stabiliser et qu’est apparue la notion de famille. Et ce n’est qu’avec la révolution industrielle d’il y a deux siècles que l’amour, grâce à l’autonomie financière des individus, devint la principale raison du mariage et que la famille nucléaire (père, mère, enfants) se développa. L’animal humain serait foncièrement polygame, mais il se veut monogame.

L’institution même du mariage, pour le meilleure et pour le pire, a été créée au moment où l’espérance de vie tournait autour de 35 ans et où les enfants devenaient autonomes avant même leur dixième année. Saviez-vous que l’adolescence est une conséquence de la révolution industrielle et qu’elle existe à peine chez les animaux et les tribus dites primitives?

Aujourd’hui, notre espérance de vie dépasse 80 ans et proche est l’époque où chacun de nous deviendra centenaire. Au Moyen-Âge, la vie de couple durait tout au plus 20 ans (de 15 à 35 ans) et la survie individuelle dépendait du partage des tâches à l’intérieur de ce couple. Certes, on se marie plus tard aujourd’hui, mais la vie de couple peut durer trois fois plus longtemps. Il est donc compréhensible que l’amour, cette émotion mouvante, puisse changer d’objet deux, trois ou plusieurs fois dans une vie. L’humain serait don un « monogame en série ».

Le divorce

Le divorce a des conséquences désastreuses sur les deux membres du couple et sur les enfants, mais ces conséquences sont souvent dues, non pas au divorce en lui-même, mais plutôt à la façon dont on envisage le divorce : un échec ou une transition entre deux relations. En changeant notre perception du couple et en cessant de croire que « l’amour rime avec toujours », nous pourrions former un premier couple pour assurer la survie de l’espèce humaine et prendre le temps d’aider nos enfants à devenir autonomes.

Puis, si ce premier couple continue d’être un enrichissement réciproque, en profiter pour se réaliser en tant qu’individus. Sinon, pourquoi ne pas y mettre fin en se remerciant de tout le bon temps passé ensemble, en se pardonnant le reste, et en se souhaitant bonne chance pour la suite, tout en restant amis et parents.

« Quand on aime, on a toujours vingt ans », comme le dit si bien Jean-Pierre Ferland dans une de ses chansons.

RD

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