mercredi, décembre 02, 2009

 

Euthanasie: faut-il décriminaliser?

SUIVI SUR LE DÉBAT CONCERNANT L'EUTHANASIE ET LE SUICIDE ASSISTÉ MÉDICALEMENT.

Alors que le suicide assisté est toujours un acte criminel au Canada, des experts, réunis au Musée de la civilisation la semaine prochaine à Québec, se pencheront sur la question. Intitulée : « Faut-il décriminaliser l'euthanasie? », la rencontre prévue pour lundi le 7 décembre prochain annonce la réouverture d'un débat pour lequel on s'entend moins sur les termes que sur la finalité.

Deux semaines après que le Collège des médecins ait rendu public un rapport en faveur de la dépénalisation de l'euthanasie et sept mois après le dépôt du projet de loi C-384, la série des Rencontres Participe Présent – ici et ailleurs s'intéresse à l'euthanasie, LE sujet épineux de l'heure dans l'univers de la médecine.

Organisé par le Musée de la civilisation en collaboration avec la Première Chaîne de Radio-Canada (106,3 FM), le quotidien Le Soleil et l'Université Laval, l'événement permettra aux participants « d'éclaircir les définitions et d'éclairer les enjeux juridiques, sociaux et éthiques de l'euthanasie ». Le public pourra aussi assister au témoignage de Ghislain Leblond, un citoyen malade qui « veut choisir sa mort ».

Le Collège des médecins sème la confusion

Intitulé : « Les médecins, les soins appropriés et le débat sur l'euthanasie », un document proposé par le Collège des médecins soulève de nombreuses questions au sein de la population et de la communauté médicale, dont celle de la terminologie à adopter lorsqu'il est temps de parler d'écourter les souffrances d'une personne en phase terminale.

Dans son dossier de neuf pages, le Collège des médecins, propose de « sortir de l'impasse » en parlant plutôt de soins appropriés en fin de vie que d'euthanasie. Loin de prôner le suicide assisté pour tous les malades qui le demandent, le document suggère sur un ton prudent d'éclaircir la loi de façon à encadrer plus clairement les soins prodigués aux personnes atteintes d'une maladie incurable étant sur le point de mourir.

Pour plusieurs, le rapport du Collège des médecins crée la confusion en mélangeant euthanasie et soin de fin de vie. C'est l'opinion du Dr. José Luis Pereira, chef des soins palliatifs à l'hôpital d'Ottawa.

« Tout est allé trop loin », déplore-t-il en entrevue avec un journaliste de l'hebdomadaire francophone ontarien L'Express.

« Il y a une grande quantité de désinformation [dans ce rapport], c'est très irresponsable »,

affirme celui qui a travaillé trois ans en Suisse, où l'euthanasie est légale.

Un projet de loi qui ne fait pas l'unanimité

Le projet de loi C-384 prévoit la modification de deux articles du Code criminel (les paragraphes 222 et 241). Grâce à ce projet de loi, l'euthanasie pourrait être offerte aux personnes âgées de 18 ans et plus, éprouvant des douleurs physiques ou psychiques aiguës qui ne peuvent être soulagées par la médecine ou qui sont en phase terminale. Pour voir le jour, le projet de loi doit encore passer par Ottawa, où il sera débattu.

Selon un sondage réalisé par la firme CROP pour le compte de La Presse, la population québécoise accepte, depuis 1990, dans une proportion de 83 % l'éventualité d'avoir recours à une aide médicale pour mourir. Cette proportion chute à 50 % dans les autres provinces du Canada.

Il faut donc s'attendre à ce que le projet de loi de la députée, Francine Lalonde, se bute à la résistance des parlementaires des autres provinces lorsqu'il sera temps d'en négocier à nouveau l'adoption.

En mai dernier, au moment où elle déposait son projet de loi, la députée bloquiste était accusée par les partisans du mouvement « pro-vie » de s'aligner davantage sur l'opinion des Québécois que sur celle de l'ensemble de la population canadienne.

Outre les mouvements religieux, qui s'opposent massivement à la décriminalisation, d'autres voient le recours à l'euthanasie comme le constat d'échec d'un système de santé qui peine à prendre en charge ses malades.

Pour participer à la rencontre du 7 décembre à 19h30 au Musée de la Civilisation, les intéressés doivent réserver leurs places en composant le (418) 643-2158.

La soirée sera animée par la journaliste Françoise Guénette. Seront entendus Danielle Blondeau, professeure en sciences infirmières à l'Université Laval, le Dr. Hubert Marcoux, omnipraticien à l'Hôpital Jeffery Hale, le Dr. Marcel Boisvert, professeur agrégé à l'Université McGill et la juriste Edith Deleury, présidente de la Commission de l'éthique de la science et de la technologie.

Coût : 4 $ , étudiants et amis du Musée: 2 $

RD

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