dimanche, janvier 31, 2010

 

La fidélité expliquée

YVON DALLAIRE, PSYCHOLOGUE

Voici un texte paru, il y a déjà quelques temps, dans le Journal de Québec. Yvon Dallaire démystifie les relations de couples, ce qui ne l'empêche pas de faire un tour d'horizon historique sur notre patrimoine de relations héritées de nos ancêtres humanoïdes.

« Le couple est apparu il y a environ 10 000 ans, au moment du passage de la vie nomade, basée sur la chasse, à la vie sédentaire, basée sur l'agriculture.

Auparavant, l'humain était polygame comme 92 % des espèces animales, s'accouplant au vu et au su de tous lors de rencontres éphémères, inconscient du rapport entre sexualité et grossesse.

C'est lorsque cette relation fut découverte que les hommes ont commencé à exiger la fidélité des femmes pour s'assurer que leur force de travail soit investie pour leur progéniture et non pour celle d'un autre homme, et pour préserver la continuité de son patrimoine. La femme y gagnait, en retour, une sécurité de ressources pour elle-même et ses enfants.

À la Renaissance, l'exclusivité sexuelle fut aussi exigée par les institutions religieuses et médicales pour enrayer les pandémies de maladies vénériennes. L'amour chevaleresque et le romantisme contribuèrent à mettre de l'avant la fidélité comme gage d'amour. La fidélité est donc un comportement relativement récent de notre histoire humaine.

Le mariage tel que nous le connaissons fut institué au XVe siècle. Et l'amour comme raison principale du mariage (dans nos sociétés occidentales) date d'il y a à peine deux siècles. La fidélité, en tant qu'exclusivité sexuelle, a pris de plus en plus de valeur aux yeux de tous, comme nous le prouvent de nombreux sondages populaires, même si, d'après les études les plus sérieuses, 15 à 25 % des femmes et 20 à 30 % des hommes vivent au moins une aventure extraconjugale.

FIDÉLITÉ ET BIOLOGIE

La Cour suprême du Canada a rendu en 2005 un jugement favorable aux comportements échangistes entre adultes consentants. Presque 40 ans auparavant, Pierre-Elliot Trudeau affirmait : « L'État n'a rien à faire dans la chambre à coucher des gens. » Je ne peux qu'être d'accord, sauf que…

L'être humain possède trois cerveaux : le cerveau reptilien, où est logé le centre du plaisir, le cerveau mammalien, siège des émotions, et le néo-cortex, siège de la conscience et du sens éthique. Le sexe relève du cerveau primaire. La passion (tout comme les autres émotions) loge dans le cerveau mammalien. L'amour est un sentiment et relève du néo-cortex, seul cerveau considéré comme véritablement humain.

Partager sa sexualité avec une autre personne n'est jamais banal, même si on veut fermement croire le contraire. Des sensations, des émotions et des sentiments surgissent forcément. Ce qui donne un sens à ces sensations et à ces émotions, c'est l'intention pour laquelle nous posons ces gestes sexuels.

Il n'y a pas de réelle différence entre les gestes posés par les acteurs des films pornographiques et ceux des amoureux. Seul change le sens de ces gestes : gagner de l'argent ou établir une relation d'intimité permettant à chaque être humain de se dévoiler pleinement et de faire pleinement confiance.

Tout être humain est libre de décider quel cerveau dirigera son comportement. Il ne faudrait toutefois pas oublier que liberté se conjugue avec responsabilité. De toute façon, à quoi sert la vibration des corps (cerveau sensoriel), si elle ne s'accompagne pas d'une vibration des cœurs (cerveau émotif) et d'une vibration de l'esprit (cerveau humain)?

L'harmonie et l'estime de soi sont les sentiments que l'on ressent lorsque nos trois cerveaux travaillent en collaboration. »

COMMENTAIRE DE PHILOMAGE :

N'est-ce pas merveilleux que l'on soit rendu à une époque où l'on connaît bien le pourquoi des comportements humains. En revanche, il y a lieu de s'interroger sur le pourquoi ce savoir pourtant dit universel n'est pas répandu dans toute la population, dans la société en général, dans les écoles, dans l'enseignement moral et religieux, … Comme tout est apprentissage chez l'homme, du début de la vie jusqu'à son dernier souffle, quels magnifiques gains nous serions en mesure de faire en appliquant dans notre quotidien, tout ce savoir comportemental. Après tout, c'est la cumulation du savoir faire et du savoir être qui a permis à l'homme d'évoluer de l'être primitif à l'« être civilisé ». Les aînés, avec leur recul dans le temps, sont à même d'en apprécier tout l'impact et de se désoler, s'ils n'ont pu ou su en profiter tout à leur guise.

RD

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