mardi, juin 29, 2010

 

Dossier, résidences pour personnes âgées

RÉSIDENCES PRIVÉES et PUBLIQUES POUR PERSONNES ÂGÉES

QUELQUES STATISTIQUES DE LA SCHL EN 2010

  • 2 199 établissements au Québec ayant une certification
  • Le taux d'inoccupation des résidences pour personnes âgées est de 8,4 %
  • Les résidences pour personnes âgées du Québec comptent près de 95 000 places dont le loyer moyen est de 1 400 $ par mois.

La bonne résidence pour ses parents

(Article d'Emmanuelle Gril . Affaires PLUS . 01-04-2010)

Trouver une résidence pour un parent âgé peut devenir un parcours du combattant. Voici quelques conseils pour vous aider à vous y retrouver.

Depuis quelques mois, votre père ressent une fatigue générale, si bien qu'il a perdu l'envie d'entretenir son terrain. Votre mère, elle, s'ennuie et aimerait faire des activités avec des personnes de son âge. Le moment que vous redoutiez est peut-être arrivé : celui de proposer à vos parents de déménager dans une résidence.

C'est délicat, en effet. Après tout, combien de fois avez-vous entendu votre père pester contre ces " parkings " sans âme. De plus, il leur faudra vendre leur maison et se défaire de plusieurs meubles et souvenirs. Ils devront aussi accepter l'idée de vivre dans un logement plus petit. Souvent, cette transition n'est pas une partie de plaisir, mais bien planifiée, elle peut se faire en douceur.

CERNER LES BESOINS

Au Québec, la moyenne d'âge de l'entrée en résidence est de 78 à 80 ans. " La perte d'autonomie est ce qui motive les gens à s'installer en résidence, explique François Théôret, directeur général de Visavie, une agence spécialisée qui aide les personnes âgées à trouver une place en résidence. Mais ce n'est pas la seule raison. D'autres n'ont tout simplement plus envie d'entretenir leur maison et souhaitent couler des jours tranquilles dans un environnement sécuritaire. "

Quand vous entamez votre démarche, il est important de connaître le degré d'autonomie de vos parents. Celui-ci aura une incidence sur le type de résidence qui leur conviendra le mieux. Vous pouvez demander un rapport d'évaluation d'un travailleur social sur le nombre d'heures de soins auxquels vos parents auront droit en vous adressant au CLSC. Il y a des délais. Vous pouvez aussi requérir les services d'un travailleur social privé ; cela vous coûtera de 500 à 800 dollars.

Autre possibilité : communiquez avec un conseiller en hébergement. Ceux-ci ont généralement l'expertise nécessaire pour évaluer globalement les besoins. " Nous rencontrons la personne âgée dans son environnement. Cela nous donne des indications qui permettent de prévoir certaines choses à l'avance : par exemple, si elle éprouve des problèmes à se déplacer, il est fort probable que dans quelques mois, elle aura besoin d'aide pour l'hygiène, car elle ne pourra pas se rendre à temps à la salle de bain. Il faudra donc prévoir une résidence où ce type de service est offert ", explique Claude Roy, directeur général d'Aîné411-Réseau hébergement Québec, une autre agence-conseil.

Toutefois, ce n'est pas une bonne idée de diriger votre parent vers une résidence qui dispense plus d'heures de soins que nécessaire, souligne France Caron, conseillère en hébergement chez Géronto-Logis. L'autre piège à éviter : louer un appartement trop cher, de telle façon que l'on ne disposera plus du budget nécessaire pour défrayer les soins requis le moment venu.

COMBIEN ÇA COÛTE ?

Il faut distinguer le réseau public du réseau privé. Dans le réseau public, on retrouve les pensions familiales, les centres d'accueil pour personnes semi-autonomes, ainsi que les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) pour celles qui nécessitent trois heures de soins et plus par jour.

Dans le réseau privé, il y a de tout pour tous : résidence de type pension de famille ou complexe de luxe, petite ou grande résidence, pour personnes autonomes ou en perte d'autonomie, CHSLD privés... Les choix sont nombreux, d'où la difficulté de s'y retrouver.

Le réseau public n'est pas gratuit pour autant. Les prix sont fixés selon la capacité de paiement de l'individu : par exemple, il en coûtera environ de 1 300 à 1 800 dollars par mois, soins et repas compris, pour une chambre dans un CHSLD. Vos parents n'ont pas d'argent ? Ils peuvent obtenir une place dans un tel établissement, cependant, la totalité de leur pension de retraite mensuelle sera prélevée (même si cela représente moins que le prix plancher du réseau public), moins la somme de 200 dollars par personne qui leur sera allouée pour leurs dépenses personnelles.

En résidence privée, les fourchettes de prix varient selon le type de résidence et la grandeur de l'appartement. Selon Claude Roy, il faut s'attendre à payer entre 700 et 2 000 dollars pour une chambre, ce qui peut aussi comprendre des soins (aide au bain, gestion de la médication, aide au déplacement, etc.) et les repas de style familial. " C'est dans cette catégorie que les prix varient le plus. En moyenne, si on exclut les résidences de luxe, on doit compter environ 1 000 dollars ", souligne-t-il. Pour un studio, les prix se situent dans une fourchette de 700 à 1 800 dollars, et pour un 2 1/2, de 900 à 1 800 dollars. En dehors des grands centres urbains, l'écart peut être d'environ 200 dollars de moins par mois sur le prix du loyer. À cela, il faudra ajouter les repas et les soins.

LA VISITE

Vous avez repéré quelques endroits susceptibles de répondre aux besoins de vos parents et qui conviennent à leur budget. Idéalement, vous aurez arrêté votre choix sur trois ou quatre résidences.

Soyez très attentif à certains indices révélateurs : les résidents sont-ils souriants et volubiles ? L'entretien des lieux est-il irréprochable ? Le personnel est-il courtois et attentif aux besoins des résidents ? Les repas semblent-ils appétissants, et les menus variés ? " Pour vous faire une meilleure idée, demandez à prendre un repas à la salle à manger ", conseille Yves Desjardins, PDG du Regroupement québécois des résidences pour aînés. Cela vous permettra également de nouer des conversations avec vos voisins de table pour connaître leur impression sur la vie à la résidence. " Je préconise une visite attentive. La personne devrait prendre le temps de s'asseoir, d'évaluer comment elle se sent dans cet environnement, de discuter avec les résidents ", poursuit-il.

Au moment de signer le bail, informez-vous sur les conditions de sa résiliation, au cas où votre parent devrait être hospitalisé, transféré dans une autre résidence, ou s'il mourait, suggère René Lévesque, directeur d'Horizon du Bel-âge, un conseiller en résidences privées.

RESSOURCES EN SERVICES-CONSEILS POUR TROUVER UNE RÉSIDENCE PRIVÉE :

Centre Visavie : www.visavie.com

Aîné 411-Réseau hébergement Québec : www.aine411.org

Géronto logis : www.gerontologis.com

Horizon du Bel-âge : www.horizondubelage.com

UNE FACTURE QUI GRIMPE VITE

Au coût de l'hébergement, il faut ajouter les frais des repas, des soins et de divers services. Ici, la calculette est importante : vous pourriez facilement dépasser votre budget.

Deux éléments font rapidement monter la facture dans les résidences privées : les repas, mais surtout les soins.

En ce qui concerne les repas, le logement peut comprendre une cuisinette. Cela permet au résident de préparer quelques repas, à tout le moins le petit déjeuner, car il n'aura pas nécessairement envie de s'habiller pour descendre à la salle à manger tôt le matin.

S'il désire prendre ses deux repas à la salle à manger de la résidence, alors il lui faudra débourser environ de 350 $ à 450 $ pour trois repas par jour. On peut aussi acheter des blocs repas, à raison de 70 $ à 80 $ pour dix coupons.¸

Pour ce qui est des soins, un certain nombre d'heures de soins peuvent être comprises dans le prix de base des résidences pour personnes semi-autonomes, soit environ 1h 30 par jour, pour de l'aide au bain, à l'hygiène, à la prise de médicaments, etc. Au-delà, les soins sont facturés à la demi-heure. Là encore, la facture peut être salée : 300 $ de plus par mois en moyenne par tranche de 30 minutes supplémentaires par jour.¸

Plusieurs résidences offrent aussi les services à la carte, et facturent un montant mensuel qui correspond aux soins demandés. Cela peut facilement atteindre jusqu'à 200 $ et plus par mois.

À L'HEURE OU À LA CARTE

Vous devez aussi ajouter les coûts des services. Par exemple, l'entretien ménager, la gestion de la médication, l'aide au déplacement et à la sortie du lit, l'aide au bain, l'aide à l'habillement, les soins d'hygiène, l'encadrement pour personnes qui souffrent de pertes cognitives, etc.

En moyenne, pour l'entretien ménager aux deux semaines, il faut compter 60 $ par mois. Pour la gestion de la médication, 50 $ par mois pour une aide une fois par jour. Votre père peut prendre des médicaments quatre fois par jour? La facture peut grimper jusqu'à 150 $ par mois. Votre mère a besoin d'aide pour s'habiller le matin? Ajoutez 50 $ de plus par mois pour une aide une fois par jour.

« La demande la plus fréquente est celle de l'entretien ménager, de la gestion de la médication et de l'aide aux soins d'hygiène », dit François théorêt. Ce type de formule convient aux personnes semi-autonomes.

Si les besoins du résident sont plus importants parce qu'il est en perte d'autonomie et nécessite davantage d'encadrement, il sera sans doute plus avantageux pour lui d'opter pour la formule des blocs de soins plutôt que pour les services à la carte. Dans ce cas, les soins seront facturés par tranches de demi-heures.

SAVIEZ-VOUS QUE…

Le gouvernement provincial donne un crédit d'impôt remboursable pour le maintien à domicile des personnes de plus de 70 ans. Il équivaut à 30 % des dépenses liées à certains services de soutien à domicile. La limite des dépenses admissibles est de 15 600 $ par an pour une personne autonome, et de 21 600 $ par an pour une personne non autonome. Le crédit maximal est de 4 680 $ dans le premier cas et de 6 480 $ dans le second cas. On peut faire une demande de versements anticipés et recevoir un chèque chaque mois. Voir www.revenu.gouv.qc.ca/fr/citoyen/clientele/aines/maintien_domicile/

À LIRE

« Vivre en résidence privée pour personnes âgées, Comment faire un choix éclairé et judicieux », Isabelle Déry et Gilles Savard, Publications du Québec, 1997

DES RÉSIDENCES EN QUÊTE DE CLIENTÈLE

Le taux d'inoccupation des résidences pour personnes âgées a augmenté légèrement au Québec en 2010. Selon l'enquête qu'a menée en février la Société d'hypothèque et de logement, le taux d'inoccupation des places standards, soit les places pour personnes ayant besoin de moins d'une heure et demie de soins médicaux par jour, a atteint 8,4 % en février 2010, comparativement à 7,9 % à la même période en 2009.

C'est dans le segment des chambres que le taux a le plus augmenté. Il atteint 10.1 % cette année comparativement à 8,9 % en 2009.

Du côté des appartements, les taux d'inoccupation sont demeurés relativement stables : ils s'élèvent cette année à 8,5 % pour les studios et à 7 % pour les appartements comportant au moins une chambre. La SCHL, explique la situation par le fait que l'offre d'hébergement a augmenté plus rapidement que la demande.

Selon Kevin Hughes, économiste principal à la SCHL, le secteur de la construction est parvenu au cours de la dernière décennie à répondre à l'accroissement de la demande potentielle de la population âgée de 75 ans et plus.

« Mais en raison du recul des naissances durant les années de la grande dépression, la province amorce une période de ralentissement de la croissance démographique dans ce même groupe », note-t-il.

Par contre, le marché des chambres avec soins assidus, soit les places où les résidents reçoivent plus d'une heure et demie de soins médicaux par jour, s'est resserré. Il est ainsi passé de 11,7 % en 2009 à 7,1 % cette année. D'une région à l'autre, les résultats diffèrent grandement pour les places standards.

DIFFÉRENCES RÉGIONALES

Comme l'an dernier, c'est la région du Saguenay qui affiche le plus faible taux d'inoccupation des places standards (3,4 %) parmi les six régions métropolitaines de recensement du Québec, et c'est celle de Gatineau qui est aux prises avec le plus élevé (21,3 %).

Les résultats enregistrés dans les régions de Montréal, Québec et Sherbrooke s'apparentent à la moyenne provinciale, tandis que Trois-Rivières se démarque, avec un taux de 5,1 %.

La province compte près de 95 000 places de résidences pour personnes âgées, dont 40 % sont des chambres avec pension. Les places standards comptent pour près de 94 % de l'ensemble, alors que les places avec soins assidus représentent 5 %.

LES LOYERS

L'enquête de la SCHL a aussi permis de déterminer le coût des loyers. Ainsi, en 2010, le loyer moyen s'établit à environ 1 400 $ par mois pour une place standard.

Les loyers sont plus élevés dans les grands centres. Les régions de Gatineau, de Montréal et de Québec sont les seules où le loyer d'une place standard dépasse la moyenne provinciales. L'écart peut s'expliquer par le nombre plus élevé, dans les grands centres, de résidences de construction récente offrant davantage de services et de commodités, selon la SCHL.

Ailleurs, les loyers s'apparentent à la moyenne provinciale. Le taux d'inoccupation des places standards est plus haut dans la fourchette de loyers supérieure de 900 $ et moins (10,4 %). Dans les autres fourchettes de loyers, le taux d'inoccupation se situe entre 7 % et 9 %.

RD

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