lundi, juillet 05, 2010

 

Vivre centenaire? C'est dans les gènes

Un ensemble de variations génétiques liées à la longévité permet de prédire dans 77 % des cas si une personne a de bonnes chances de vivre centenaire, selon des travaux qui ouvrent la voie à une meilleure compréhension et prévention des maladies comme Alzheimer.


"Cette étude représente un pas important dans notre compréhension de la génétique de la longévité exceptionnelle aussi bien que du vieillissement", souligne Paola Sebastiani, professeur de bio-statistique à l'Université de Boston et principal co-auteur de cette recherche parue dans la revue américaine Science.

Elle montre que la génétique joue un rôle clé chez les personnes vivant jusqu'à cent ans et plus, ce qui ne minimise pas pour autant l'influence des facteurs environnementaux et du mode de vie. Analysant le génome de plus d'un millier de sujets âgés de cent ans et plus, les chercheurs ont découvert 150 variantes d'environ 70 gènes, fréquentes chez des sujets ayant une très grande longévité comparativement au reste de la population.

Un exemple idéal

À partir de ces 150 marqueurs, ils ont élaboré un modèle informatique de prévision, exact à 77 %, qui montre que "les données génétiques seules permettent de prédire la longévité exceptionnelle". Les centenaires --une personne pour 6.000 dans les pays industrialisés-- sont un exemple idéal du bon vieillissement, car ils ne contractent des maladies liées à l'âge (cancer, affections cardiovasculaires, démence...) qu'au-delà de 90 ans, relèvent les auteurs de la recherche.

L'espérance de vie moyenne est d'environ 80 ans dans les pays développés. "Cette méthode analytique pourrait s'avérer utile pour la prévention et la détection de nombreuses maladies ainsi que pour des traitements ciblés", juge le professeur Thomas Perls, spécialiste de gériatrie à l'Université de Boston et co-auteur des travaux.

L'équipe de recherche a pu isoler 19 groupes génétiques spécifiques liés à la longévité, qui caractérisent 90 % des centenaires étudiés. Ils ont découvert que 45 % des "super-centenaires" (110 ans et plus, soit une personne pour sept millions) avaient dans leur génome le plus grand nombre de marqueurs génétiques liés à la longévité.

Variations génétiques

Mais les auteurs de l'étude ont été surpris de constater que les centenaires ont autant de variations génétiques les prédisposant à différentes maladies que les sujets ordinaires. La longévité s'expliquerait donc surtout par la présence de ces 150 variantes génétiques qui neutraliseraient les gènes accroissant le risque de maladies.

On pensait généralement jusqu'ici que c'était l'absence de gènes prédisposant aux maladies qui favorisait la longévité. Ce modèle a des limites, puisque dans 23 % des cas il ne permet pas de prédire qui vivra centenaire, montrant, selon ces chercheurs, l'importance des facteurs environnementaux et du mode de vie.

"C'est un puzzle génétique très complexe", observe le Dr Perls, jugeant que la science est encore loin de bien comprendre comment fonctionnent ces gènes. "Avec une telle complexité, on ne va probablement pas pouvoir mettre au point des traitements miracle assurant chacun de devenir centenaire", estime-t-il. Mais ces travaux pourraient ouvrir la voie à des thérapies préventives permettant de mieux vieillir en restant plus longtemps en bonne santé. (afp)

01/07/10

RD

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