mardi, août 24, 2010

 

EUTHANASIE, OÙ EN SOMMES-NOUS RENDUS EN 2010 ?

TEXTE DE Ronald St-Jean, membre de l'AQDR.

AQDR = Association québécoise de défense des droits des retraités et des préretraités

EUTHANASIE : « Faculté de donner la mort sans souffrance aux malades incurables et qui sont torturés par des douleurs physiques intolérables et persistantes que les moyens thérapeutiques ne peuvent atténuer » ( ALPHA, encyclopédie.)

Convenons déjà, que pour la plupart d'entre nous, il soit préférable de construire un déni autour de cette réalité qu'est la mort. Quand il s'agit de demander à mourir, d'obtenir « une aide médicalement assistée à mourir, en fin de vie », et pire, « l'euthanasie » cette abdication relevant du droit de disposer de son corps devient une cause amenée sur la place publique et soumise à jugement.

Que dire de ces réalités qui nous rattrapent, qui nous rappellent que cela fait longtemps qu'on discute et qu'on n'a toujours pas légiféré ; plus de personnes d'ici, n'en pouvant plus d'attendre, vont ailleurs pour passer à l'acte; des personnes viennent sur la place publique pour réclamer qu'on les aide à mourir, parce que les douleurs sont insoutenables et qu'elles ne peuvent être soulagées; et d'autres cas poussés à leur extrême limite, de personnes qui recourent à des moyens pour en finir, dans la clandestinité ou pire seules se donnant la mort avec une arme, ou d'autres moyens pour en finir qui sont humainement affligeants et cruels.

Je vous soumets ici des documents de référence qui illustrent très bien les problèmes et les solutions. Aujourd'hui, les citoyens sont prêts à considérer une aide médicalement assistée à mourir en fin de vie comme faisant partie des soins appropriés alors que les conditions « situation médicale sans issu » du patient sont respectées. »

COMMENTAIRES ET RÉACTIONS.

Voici trois commentaires soulevés par des journalistes sur l'euthanasie en 2006, nous invite, une fois de plus, à poser la question suivante : « Où en sommes-nous rendus en 2010 ? »

13 mai 2006, Le SOLEIL, LA PRESSE, Léa Méthé Myrand. Page A-12 cahier santé; « Les décisions de « fin de vie » demeurent délicates ». L'on y apprend que « La plus grande peur pour des médecins est de faire 14 ans de prison pour des accusations d'euthanasie » a déclaré le Dr Peter Cohen. Même si les règles ont changé, la crainte empêche toujours les médecins de prescrire les traitements adéquats pour soulager la souffrance des patients.

13 mai 2006, JOURNAL DE MONTRÉAL page 61 : citant l'Associated Press de Londres et titrant « Débat enflammé sur l'euthanasie »

Autorisation aux médecins à aider à mourir les malades en phase terminale.

Un projet de loi veut permettre aux médecins de prescrire à leurs malades qui le souhaitent des médicaments pour qu'ils puissent mettre fin à leurs jours. « Nous ne pouvons pas rester assis attendre avec complaisance que des malades en phase terminale qui souffrent de façon insupportable continuent de souffrir pour le bien de la société dans son ensemble. » Aux Pays-Bas, l'euthanasie est utilisée comme alternative aux soins palliatifs.

Sur la dignité : « Je crois que ce serait une manière digne de partir plutôt que de compter sur un fusil ou des somnifères » a témoigné Sally Mcintosh, une ancienne infirmière, qui atteint d'un cancer n'a plus que quelques semaines à vivre. »

13 mai 2006, JOURNAL DE QUÉBEC.

« Les médecins ne sont pas nécessairement en désaccord avec l'euthanasie, ils préféreraient certainement des soins plus dignes afin d'éviter d'en arriver à cette finalité « Si j'avais de l'argent, je le mettrai pour donner l'accès à des soins palliatifs de plus grande qualité, pas sur l'euthanasie » résume de Dr Frédérique Souchon, neurologue ».

« Que le projet de loi devienne effectif ou non, il demeure immoral et illégal qu'un médecin offre à son patient de le faire mourir. Il peut seulement être au service de son patient et non aller au devant des demandes »

C'EST QUOI L'EUTHANASIE ?

« Mettre médicalement fin à la vie d'une personne atteinte d'une maladie incurable, condamnée à court terme et voué à de terribles souffrances physiques avant la mort.»

« Une liberté fondamentale : pouvoir choisir sa façon de mourir quand la souffrance est très terrible.»

« Une mort médicalement assistée pour des patients dont les grandes souffrances ne peuvent plus être adoucis par la médecine.»

Le droit dont dispose chacun de décider en toute conscience du moment de passer dans l'autre dimension. »

« C'est à sa demande mettre fin aux souffrances d'une personne malade ou polyhandicapée, nécessairement condamné, en l'aidant à mourir. »

Changements d'une nouvelle orientation.

Dans tous changements d'une nouvelle orientation dans la société, il y a toujours cette question à savoir : les risques de dérives. « Qu'arrive t'il à une personne qui est seule, plus de famille, pas de connaissance pour l'aider dans ces derniers jours ? »

La crainte dans cette situation demeure le sentiment de se sentir seul et démuni. Il faudra trouver une ou des solutions pour permettre à ces personnes d'être accompagnées dans leur dernier parcourt et de mourir dignement en présence d'êtres humains. De plus, penser qu'en milieu hospitalier ou en résidence de soins de longue durée, la création d'un comité d'accompagnement pour ces personnes seules.

DÉPÉNALISATION CONDITIONNELLE.

Voici la position de Me Jacqueline HERREMANS présidente de l'ADMD de Belgique et membre de la commission euthanasie sur le droit de mourir dignement. ( Conférence à Montréal, 5 sept 2006 )

L'euthanasie n'est pas constitutive d'infraction si les conditions prévues par la loi sont remplies.

À distinguer : Conditions essentiels et procédure ainsi que les conditions de forme destinées à s'assurer que les conditions essentielles ont été respectées.

Acte accompli par un médecin : qui doit s'assurer que la demande émanant d'un patient compétant ; adulte (pas de mineur) capable, non atteint de démence doit être volontaire, réfléchie et répétée sans aucune pression extérieure.

LE PATIENT.

Il doit se trouver dans une situation médicale sans issue, présenter une affection grave et incurable « ACCIDENT » « MALADIE » Il doit éprouver une souffrance physique ou psychique inapaisable, une condition subjective, pas d'acharnement thérapeutique.

CONDITIONS DE FORME ET PROCÉDURE.

Recueillir la demande écrite du patient. Si le patient n'est pas en état de le faire, la demande devra être écrite par un tiers majeur n'ayant aucun intérêt au décès et en présence du médecin.

Informer : le patient doit être informé de son état de santé, de son espérance de vie, des possibilités thérapeutiques, des possibilités palliatives. S'assurer de la persistance de la souffrance et de la volonté réitérée.

MÉDECIN CONSULTANT

Indépendant, compétant quant à la pathologie en cause. Sa mission sera de prendre connaissance du dossier, d'examiner le patient, de démontrer le caractère grave et incurable de la maladie et le caractère constant, insupportable et inapaisable de la souffrance.

LA DÉCLARATION ANTICIPÉE : « LE TESTAMENT DE VIE »

Deux témoins majeurs dont l'un ne peut avoir d'intérêt matériel au décès du déclarant. Moins de 5 ans avant le début de l'incapacité de manifester sa volonté.

LIBERTÉ DE CONSCIENCE :

AUCUN MÉDECIN N'EST TENU DE PRATIQUER UNE EUTHANASIE MAIS EN CE CAS, LE DOSSIER DOIT ÊTRE TRANSFÉRÉ À UN AUTRE MÉDECIN CHOISI PAR LE PATIENT.

Aucune personne n'est tenue de participer à une euthanasie, exemple ; infirmier, pharmacien. (Fin du rapport de Me Herremans)

Avant d'accéder officiellement à l'euthanasie, toutes les personnes susceptibles d'aider le patient dans son acheminement vers ses derniers instants de vie, doivent avoir pris tous les moyens à leur disposition et de permettre au requérant de quitter ce bas monde dans le respect et la dignité.

Un sondage non scientifique effectué en 2005 auprès des personnes âgées, sur 540 membres de l'AQDR un peu partout en province, 80% des citadins sont en faveur de l'euthanasie. Dans le milieu rural, 70% en accord. En 2010, un sondage similaire et officielle démontre la même statistique et possiblement un pourcentage légèrement plus élevé.

CONCLUSION :

Une fois de plus, la société québécoise soulève des recommandations pour faire valoir le droit à l'euthanasie. L'AQDR (Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées) a pris les devants depuis plusieurs années pour sensibiliser les gouvernements à légiférer sur le droit à l'euthanasie.

Suite aux nombreuses revendications sur le sujet. « Euthanasie », nous, de l'AQDR, espérons obtenir dans les plus brefs délais, une oreille plus attentive à nos demandes.

RD

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