lundi, novembre 29, 2010

 

Soins de longue durée pour les aînés : les besoins devraient doubler d’ici à 2031

QUÉBEC (Agence QMI) - Avec un taux de vieillissement de la population parmi les plus élevés du monde, le Québec risque de voir ses besoins en soins de longue durée doubler d'ici les vingt prochaines années.

C'est du moins ce que souligne l'Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP) en s'appuyant sur une étude menée par l'Institut national de santé publique du Québec. «Il faut revoir l'offre de soins de longue durée au Québec», signale l'AQRP dans un communiqué.

Selon l'étude de l'Institut basée sur des travaux réalisés par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le nombre de personnes ayant besoin de soins de longue durée pourrait être de deux à trois fois supérieur d'ici à 2031.

Les régions les plus touchées seraient les Laurentides, Lanaudière et l'Outaouais. L'étude prédit également que le Québec devrait enregistrer l'un des taux d'accroissement les plus élevés du nombre de personnes de 65 ans et plus, parmi les pays de l'OCDE.

«Plutôt que de voir ces projections comme une catastrophe, il faut considérer cette situation comme une occasion de changement dans l'organisation des services aux personnes âgées, croit Madeleine Michaud, présidente de l'AQRP. Il faudrait notamment s'assurer que les personnes âgées bénéficient réellement de l'augmentation de l'offre de soins à domicile des dernières années», ajoute Mme Michaud. L'étude publiée en mai est accessible sur le site web de l'Institut national de santé publique du Québec.

TITRE DE L'ÉTUDE

« Vieillissement de la population, état fonctionnel des personnes âgées et besoins futurs en soins de longue durée au Québec »

ADRESSE INTERNET POUR OBTENIR L'ÉTUDE DE L'INSTITUT NATIONAL DE SANTÉ PUBLIQUE DU QUÉBEC :

http://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/1082_VieillissementPop.pdf

CONCLUSION DE L'ÉTUDE

Cette étude visait à estimer l'évolution future des besoins en soins de longue durée chez les personnes âgées du Québec de façon à mieux soutenir les décideurs dans les modifications à apporter dans l'organisation et le financement de ces soins. Ainsi, au cours des prochaines décennies, la population du Québec va enregistrer, parmi les États et les pays développés, l'un des vieillissements les plus rapides de sa structure par âge. Le vieillissement projeté d'ici 2031 devrait se solder par un doublement du nombre de personnes âgées de 65 ans et plus. En faisant l'hypothèse que les taux d'incapacité selon l'âge et le sexe observés actuellement demeuraient stables, l'effet seul du vieillissement devrait entraîner une hausse importante du nombre de personnes âgées ayant des besoins en soins de longue durée. L'effet de cette hausse serait amplifié par le fait que les effectifs de la population active demeureraient relativement constants. Tous les éléments sont en place pour assister à une pression accrue des besoins en soins de longue durée sur le système de santé, sur les finances publiques ainsi que sur la capacité de payer des individus. Les soins de longue durée ne sont pas tous couverts par le système public et les finances des individus sont de plus en plus mises à contribution.

D'autre part, même en faisant des scénarios optimistes en ce qui concerne l'évolution future des taux d'incapacité selon l'âge, l'effet du vieillissement entraînerait tout de même une hausse importante de la demande en soins de longue durée. Mais plutôt que de voir ces projections comme une catastrophe incontournable, il s'agit de considérer cette situation comme une opportunité de changement dans l'organisation de services aux personnes âgées. Des pays qui sont bien plus avancés que le Québec et le Canada dans le processus de vieillissement de leur population ont déjà mis en place des changements importants. Dans un ouvrage collectif portant sur le privé dans la santé, Lafortune et collab., (2008) décrivent en détail des changements qu'ont instaurés certains pays comme le Danemark. Le Québec devrait s'inspirer des initiatives mises en place ailleurs, parce que le vieillissement et les besoins grandissants de sa population âgée en soins de longue durée sont inéluctables. Nous espérons que cette étude servira à montrer qu'il est maintenant temps de mettre en place, comme dans d'autres pays, des services intégrés pour les personnes âgées, dont des services de longue durée de proximité. Et comme le disent si bien Lafortune et collab. (2008), en citant Jacobzone (2000), « les décideurs sont appelés à voir le recours aux soins de longue durée comme un risque normal de la vie qui nécessite une couverture au même titre que les services médicaux ».

RD

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