vendredi, décembre 03, 2010

 

Vieillissement de la population québécoise: un défi mais pas une catastrophe

Des résidences privées sont à développer des offres de service pour garder le plus longtemps possible les personnes âgées, souligne le ministre Yves Bolduc.


Article de Johanne Roy,
Journal de Québec, 3 décembre 2010

Le vieillissement de la population québécoise représente un défi pour le réseau de la santé, mais cela ne sera pas la catastrophe annoncée, affirme le ministre Yves Bolduc.

L'an dernier, les dépenses liées au phénomène du vieillissement ont constitué 1 % des coûts de croissance de 6 % du système de soins, a soulevé hier M. Bolduc, au 4e Forum de l'industrie de la santé de Québec.

« En 1983, les gens restaient six jours à l'hôpital pour une chirurgie de la cataracte (une opération d'un jour, aujourd'hui). Les nouvelles technologies aident à contrôler les coûts et à changer les pratiques », a poursuivi le ministre devant une centaine de gestionnaires de la santé et de partenaires privés du réseau.

Le budget de la santé, à hauteur de 28 milliards, draine 45 % des dépenses gouvernementales. « À la bourse, on serait la 28e plus grande compagnie au monde. La croissance prévue des coûts du système est de 5 % par an, pour les trois prochaines années. On peut y arriver en revoyant nos méthodes », a soutenu le ministre Bolduc.

À l'hôpital Pierre-Boucher, à Longueuil, la révision du processus opératoire a permis d'augmenter de 40 % les chirurgies de la cataracte, avec le même budget et le même personnel.

Chaque matin, le ministre consulte les données sur les urgences, les listes d'attente, les lits disponibles. Tous les directeurs généraux des établissements en sont informés en même temps.

La directrice générale du CHA, à Québec, la Dre Marie Girard, peut en témoigner. « Le ministre met beaucoup de pression. Lorsqu'on ne respecte pas les délais à l'urgence, on reçoit des courriels jour, soir, nuit et fin de semaine! », a-t-elle rapporté.

Selon le ministre, de 20 % à 30 % du travail des médecins spécialistes concernent des patients qui auraient dû être vus ailleurs.

« Si un médecin de famille prend une heure à enseigner à un patient comment contrôler son diabète, il perd son temps, car c'est le rôle de l'infirmière », a-t-il renchéri.

M. Bolduc promet des annonces bientôt pour diminuer la bureaucratie et les frais administratifs. Le ministre veut également tâter le pouls des patients sur leur expérience dans le système de soins et leur degré de satisfaction.

Un patient sur 1 000 est un grand utilisateur des services d'urgence. Dans la région de Québec, on parle de 500 personnes, qu'on est à cibler, afin d'améliorer leur prise en charge.

COMMENTAIRE DE PHILOMAGE

Selon mon expérience de l'Urgence, il est clair pour moi que le fait qu'il n'y ait pas assez bureaux de médecins ouverts la fin de semaine ou que l'on connaisse mal où ils sont situés et les heures d'ouverture, grossit obligatoirement la population qui se rend à l'Urgence des hôpitaux. Mettez en place des cliniques d'Urgence comme on le fait pour la vaccination en période de grippe et vous verrez les Urgences se décongestionner dans le temps de le dire.

Pour cela, on pourrait transformer certains CLSC en vraie Urgence, avec de l'équipement adéquat et du personnel bien formé (médecins spécialisés en urgence + super infirmières) et aussi mettre les médecins en communication directe avec les Urgences des principaux hôpitaux de la ville de Québec. La télé-médecine, ça existe dans tous les pays fortement industrialisés. Par exemple, on a un patient dont on ne sait quoi faire suite à un accident, on prend contact avec l'Urgence de l'Hôpital et le spécialiste examine à distance le patient et dit quoi faire, sinon on lui amène le patient par hélicoptère ou ambulance. C'est simple et ça ne coûte pas plus cher, vu que l'on possède déjà tous les équipements pour le faire. Dans le cas de simples grippes, coupures ou autres soins mineurs, tout serait réglé en un rien de temps, au lieu d'aller engorger les Urgences des hôpitaux.

Même pour des problèmes complexes, on doit souvent appliquer des solutions simples à partir d'un bon diagnostic de la situation prévalante.

Plus la population va devenir âgée, plus les services de proximité vont prendre de l'importance. Alors, pourquoi ne pas quadriller la Ville dans son ensemble et avoir différentes cibles bien claires au niveau des services de proximité liés à l'Urgence de la situation médicale ou à un soutien de fin de semaine en cas de pépins?

En bout de piste, je pense que le ministre Bolduc a le bon bout du bâton. Il ne lui reste qu'à faire preuve de ténacité et d'audace.

RD

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