vendredi, mars 18, 2011

 

Tsunami gris : l'État-providence québécois joue son avenir

 L'État-providence joue son avenir

Le vieillissement de la population menace le modèle québécois d'État-providence, estime le professeur d'anthropologie et de médecine sociale, Éric Gagnon.

En 2007, les dépenses de santé pour les personnes âgées étaient de 10 094 $ en moyenne par personne, contre 1 644 $ pour les moins de 65 ans.

 Le spécialiste de l'Université Laval signale que depuis toujours, les Québécois ont maintenu des relations électives avec leurs parents âgés, profitant des meilleurs moments en leur compagnie tout en rejetant la responsabilité des soins sur l'État.

Avec la multiplication des aînés, M. Gagnon se demande pendant combien de temps le gouvernement pourra encore combler tous les besoins.

«L'idéal de liens dans lequel on vit repose sur nos attentes à ce qu'il y ait toujours des employés de CLSC, par exemple, pour donner les bains ou habiller les aînés en perte d'autonomie. Or, la grande inconnue des 20 prochaines années, c'est jusqu'où on va pouvoir se payer des services, personne ne le sait», a-t-il résumé.

Il indique que déjà, des familles québécoises sont confrontées aux limites de la générosité de l'État.

«Du seul fait des finances publiques et du manque de personnel, parce qu'il ne manque pas seulement des infirmières, mais surtout des préposés aux bénéficiaires et des auxiliaires, l'idéal de relations basé sur la sociabilité et non les tâches à faire, on ne l'atteint pas toujours», a indiqué Éric Gagnon, ajoutant que «c'est l'avenir de l'État-providence qui est en jeu».

Pas tous en CHLSD

Le professeur n'entretient pas une vision fataliste du vieillissement malgré tout.

Même si une récente étude de l'Institut national de santé publique conclut que le nombre d'aînés ayant besoin de soins de longue durée doublera au Québec d'ici 2031, et triplera dans certaines régions, Éric Gagnon estime que la plupart s'en tireront plutôt bien.

«Tout de même, c'est une minorité de gens qui vont finir leur vie dans les CHSLD, ceux qui sont en lourde perte d'autonomie. Dans beaucoup de cas, nous allons finir dans des appartements pour personnes semi-autonomes, avec services c'est certain, mais pas tous dans des CHSLD.»

Au moment de publier son étude, le directeur adjoint de l'INSPQ, Robert Choinière, avait plaidé pour une révision de l'organisation des soins de longue durée.

«Le vieillissement entraînera des répercussions considérables sur les dépenses reliées aux soins à domicile et aux soins continus fournis dans les établissements», avait-il écrit dans le document publié en mai 2010.

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