jeudi, janvier 12, 2012

 

Centres d'hébergement : les aînés mangent mal

 (Article de Johanne Roy, Journal de Québec, 12 janvier 2012)

La présidente de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec, Anne Gagné (photo ci-contre), trouve carrément scandaleux que des personnes âgées souffrent de dénutrition, parce qu'on ne se préoccupe pas assez de ce problème.

Mme Gagné lance un cri du cœur au ministre de la Santé, Yves Bolduc : le dépistage de la dénutrition doit être obligatoire à l'admission d'un aîné dans un centre d'hébergement et de façon périodique, par la suite.

La nouvelle présidente de l'OPDQ est pleinement d'accord avec le Vérificateur général du Québec qui a relevé un certain nombre de lacunes à ce chapitre, dans son récent rapport annuel.

« Les résultats obtenus lors d'études scientifiques menées au Québec et ailleurs montrent que de 30 % à 80 % des usagers des centres d'hébergement souffrent de dénutrition. Les CSSS vérifiés n'ont pas l'assurance que les usagers dénutris sont identifiés et traités rapidement », lit-on dans le rapport de vérification.
 
Cercle vicieux

« Ce sont nos grands-mères et nos grands-pères qu'on laisse dans cet état. La personne âgée dénutrie s'affaiblit et elle a des étourdissements; elle chute et se retrouve à l'hôpital, ce qui entraîne souvent une détérioration plus grande de son état », déplore Mme Gagné.

« Le dépistage de la dénutrition est laissé au bon vouloir des régions et des établissements. Cela n'a pas de sens. Cela fait dix ans qu'on en parle. Pour nous, c'est essentiel et non optionnel », tranche Mme Gagné.

En Ontario, chaque centre d'hébergement doit avoir au moins une nutritionniste désignée et celle-ci doit être présente au moins 30 minutes par mois pour chaque usager.

Le Québec est loin des standards ontariens.

Selon Mme Gagné, c'est de plus un non-sens que les services alimentaires soient, depuis quelques années, classés avec les services auxiliaires, comme l'entretien et la buanderie.
 
« Mal nécessaire »

« Les services alimentaires devraient faire partie des soins de santé. Trop souvent, dans les établissements, ils subissent des coupes et sont considérés comme un mal nécessaire.

« Plus on vieillit, plus on a besoin de protéines pour prévenir la dénutrition. Le repas devient aussi l'activité principale de la journée et souvent le seul lien social », rappelle Mme Gagné.

Le rapport du Vérificateur général révèle, entre autres, que le centre d'hébergement de Rimouski consacre la modeste somme de 1,46 $ par repas, si l'on exclut la main-d'œuvre.

 COMMENTAIRE DE PHILOMAGE

Difficile d'être plus explicite que Mme Gagné. Alors, que vont faire les responsables de la situation? Nier ou attendre que des normes strictes soient imposées par le Gouvernement. On pourrait se poser la question suivante : existe-t-il une éthique sociale, non coercitive, qui fait en sorte que les gestionnaires des Centres d'hébergement respectent les aînés et leurs besoins fondamentaux ?

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