jeudi, mars 22, 2012

 

Le rapport sur l'aide médicale pour mourir soulève des inquiétudes

Article de Pierre Pelchat, Le Soleil, 22 mars 2012

Le directeur général de l'Association québécoise de prévention du suicide, Bruno Marchand, craint qu'une ouverture au suicide assisté vienne ajouter une pression supplémentaire sur les personnes âgées malades.

 La publication aujourd'hui du rapport de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité soulève des inquiétudes à l'Association québécoise de prévention du suicide. Le directeur général de l'Association, Bruno Marchand, craint qu'une ouverture à ces mesures de fin de vie vienne ajouter une pression supplémentaire sur les personnes âgées malades.

«Si on dit oui au suicide assisté, oui à l'euthanasie, oui, le procureur général va être tolérant face à ça, mais on va mettre des balises, j'espère que ça va être bien compris dans la population et qu'on n'est pas en train de dire que tous ceux qui sont un fardeau sont sujets à cela», a-t-il affirmé, hier.

Il a déploré le discours public d'exclusion sociale sur les personnes âgées qui est un des principaux facteurs, à son avis, conduisant à opter pour le suicide. «On dit que les personnes âgées coûtent cher, que les régimes de retraite sont déficitaires.

On n'est pas loin d'entretenir un discours d'exclusion avec un sous-entendu d'une utilité moindre socialement», a-t-il souligné. En cas d'une ouverture au suicide assisté et à l'euthanasie, il se demande «comment la commission va faire pour dire aux aînés qui se sentent inutiles et n'appartenant pas à une communauté que le suicide assisté est disponible, mais qu'il n'est pas pour eux.»

 Son association ne s'était pas opposée à ces mesures de fin de vie sans les approuver non plus. «C'est une grande question qu'il fallait débattre. Si c'est oui, il faut s'assurer qu'il n'y aura pas d'effets sur les personnes qui ne correspondront pas aux critères», a-t-il dit.

Il craint aussi qu'une ouverture de la Commission n'entraîne un élargissement des critères pour avoir droit au suicide assisté ou à l'euthanasie. «En Suisse, on a commencé avec les cas de maladies incurables en fin de vie. On est en train d'ouvrir avec des gens avec une maladie incurable dont la sclérose en plaques, mais qui ne sont pas en fin de vie. Mais on arrête où?» a-t-il demandé.

Article de Jean-Marc Salvet, Le Soleil, 22 mars 2012

 « Rapport sur l'aide médicale pour mourir : Bolduc réitère son ouverture »

Le ministre Yves Bolduc a redit au Soleil, mercredi, l'«ouverture» qu'il entend manifester devant les orientations que dévoileront aujourd'hui les membres de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité.

Après plus de deux ans de travaux menés loin des sentiers battus, les membres de la Commission rendront publiques vers 11h ce matin 24 grandes recommandations. Elles ont été adoptées à l'unanimité des députés ayant participé aux travaux.

Les plus assidus d'entre eux, comme la péquiste Véronique Hivon, ont pris part à une tournée du Québec. Ils ont épluché 273 mémoires et entendu 239 personnes et organismes.

Parce qu'il était question de vie et de mort, les auditions ont souvent donné lieu à des réflexions très profondes; parfois émotives, mais toujours très humaines et senties. Le sujet étant délicat, le rapport a été long à rédiger.
Selon des informations publiées par Le Soleil le mois dernier, la Commission spéciale se montrera favorable à l'idée de mettre en place une aide médicale pour mourir - dans des circonstances exceptionnelles et bien circonscrites.

Nous écrivions à ce moment-là que les membres de la Commission recommanderaient que le Québec s'abstienne, dans des circonstances particulières et bien balisées, d'intenter des poursuites devant les tribunaux contre une personne - un médecin - qui aiderait par compassion quelqu'un à mourir. Et ce, même si le Code criminel canadien prévoit que l'euthanasie et le suicide assisté sont des actes criminels.

Les provinces ont une marge de manoeuvre. Il leur appartient de décider si elles engagent ou non des poursuites.

Interrogé au lendemain de la publication de ces informations, le ministre de la Santé du Québec avait dit qu'il lirait les recommandations - dont plusieurs seront à la fois précises et techniques - avant de réagir formellement. Mais il avait ajouté ceci : «S'il y en a un qui a une ouverture d'esprit [sur ces questions], c'est moi. Vous pouvez le noter.»

Yves Bolduc parlait tant d'une aide médicale pour mourir que des soins palliatifs, lesquels occuperont une très grande place dans les recommandations d'aujourd'hui. C'est d'ailleurs d'abord et avant tout sur ce dernier volet de son rapport que la Commission demandera au gouvernement de multiplier les efforts.

Les ressources en soins palliatifs devront être bonifiées.

La présentation du rapport marquera «le début d'une grande discussion de société», avait confié le ministre Bolduc. Il l'a répété, mercredi.

RD

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