dimanche, septembre 09, 2012

 

Conclusions du sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette - Une élection décevante pour tous


Article de Guillaume Bourgeault-Côté, le Devoir, 8 septembre 2012

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Surprise, déception et inquiétude : les trois mots résument au mieux la réaction des Québécois par rapport aux résultats de l’élection de mardi, suggère un sondage Léger Marketing préparé pour Le Devoir et The Gazette.
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Trois jours à peine après l’élection, près de la moitié des répondants (48 %) se disent ainsi « insatisfaits » de la conclusion des 35 jours de campagne. Même les péquistes victorieux sortent du processus un peu amers (38 % d’insatisfaits), malgré la - courte - victoire de Pauline Marois.

« Les gens ne sont pas satisfaits, il y a clairement quelque chose d’inachevé avec les résultats, estime Christian Bourque, vice-président chez Léger. Les péquistes ne sont pas heureux d’être minoritaires, les libéraux auraient voulu gagner, les caquistes sont déçus d’avoir eu aussi peu de sièges [19] avec autant de votes [27 %]… Pour tout le monde, il y a de la déception. Et ça pourrait faire en sorte que la marmite explose rapidement. »

Les deux tiers des répondants pensaient que la Coalition avenir Québec allait gagner plus de sièges (64 %) et sont globalement surpris du résultat des élections (63 %). Une bonne proportion (58 %) se dit aussi « inquiète quant à l’instabilité politique » découlant de la dynamique minoritaire. Dans l’hypothèse d’un « blocage à l’Assemblée nationale », la moitié des répondants souhaitent que de nouvelles élections soient déclenchées, alors que 31 % préférerait que le PLQ et la CAQ s’allient pour former le gouvernement - une idée que François Legault a maintes fois rejetée en campagne, soutenant ne pas vouloir s’associer à un « parti corrompu ».

Une personne sur deux s’attendait à ce que le PQ remporte plus que les 54 sièges obtenus au terme de la soirée (neuf péquistes sur dix le pensaient). Mais la performance des libéraux (50 sièges) a au contraire étonné : seulement une personne sur quatre s’attendait à ce que le PLQ fasse mieux - même la moitié des libéraux n’y croyait pas.

Vote pour, vote contre

Les répondants au sondage affirment avoir voté d’abord et avant tout pour un parti (65 %) plutôt que contre (34 %). Le vote de protestation est plus fort chez les anglophones (56 %), alors que les francophones (70 %) et les électeurs de Québec solidaire ont voté par appui et non par dépit.

Ceux qui ont voté en opposition à un parti l’ont fait parce qu’ils ne voulaient pas du Parti libéral (54 %) et du Parti québécois (53 % - et 89 % des anglophones). Nouveaux venus sur l’échiquier politique, la CAQ et Québec solidaire ont chacun motivé le vote négatif d’un électeur sur quatre.

Les électeurs libéraux ont appuyé la formation de Jean Charest pour trois raisons qui ne se démentent pas à travers le temps : parce qu’ils sont fédéralistes, parce qu’ils ne souhaitent pas l’élection du PQ et parce que le PLQ est jugé mieux placé pour assurer le développement économique du Québec. Un répondant libéral sur quatre a aussi identifié le soutien à la hausse des droits de scolarité parmi les deux réponses autorisées pour cette question.

Chez les péquistes, les raisons du soutien sont aussi classiques : le souhait que le PLQ soit battu, le positionnement souverainiste du PQ et le fait qu’il est jugé le meilleur pour défendre l’identité québécoise et la langue française. Le ton général du programme arrive au quatrième rang.

Ceux qui ont voté pour la CAQ l’ont fait parce que c’était « le meilleur parti pour faire le ménage et éliminer la corruption »… et parce qu’ils voulaient bloquer le PQ (25 % des répondants) et le PLQ (23 %). Le programme (22 %) et le fait que le parti « représente le mieux le changement » (22 %) ont également suscité des adhésions.

Les débats, encore

C’est encore le traditionnel débat des chefs qui a été considéré comme l’événement le plus marquant de la campagne (21 % des répondants). Suivent l’annonce de la candidature de Jacques Duchesneau comme candidat de la CAQ (8 %), le débat entre Pauline Marois et François Legault (8 %), le débat entre Jean Charest et Pauline Marois (7 %) et la controverse autour des référendums d’initiative populaire (6 %). À noter que 22 % des répondants estiment qu’aucun événement n’a été marquant durant la campagne.

Le tiers des Québécois (34 %) qui ont voté avaient de toute façon fait leur choix avant même le début de la campagne électorale. Les autres se sont décidés dans les premiers jours de la campagne (16 %), après les débats des chefs (15 %) ou dans la dernière semaine de campagne (10 %). Certains ont étiré la réflexion au maximum : 9 % des électeurs se sont décidés le jour du vote, et 6 % ont fait leur choix dans l’isoloir, le crayon à la main.

C’est le PQ qui pouvait compter sur le bassin le plus fidèle d’électeurs (51 % du soutien avant le déclenchement de la campagne). En comparaison, la CAQ n’avait que 14 % de ses futurs électeurs à ce moment. C’est surtout après les débats que François Legault a fait le plein d’électeurs. Près de 60 % des libéraux étaient quant à eux décidés avant les débats. Le vote de Québec solidaire s’est pour sa part composé tout au fil de la campagne, particulièrement après le débat auquel Françoise David a participé.

Selon Christian Bourque, « la campagne s’est jouée en deux temps : la première moitié a été une sorte de plébiscite anti-PLQ, qui a permis à la CAQ de gagner des points. Mais après les débats, on a vu ressurgir la question du référendum - notamment parce que François Legault l’a beaucoup poussée - et ça a probablement donné un bon coup de pouce aux libéraux, qui ont récupéré leur vote anglophone. La CAQ a gagné des points quand elle parlait de son programme : elle s’est fait doubler quand M. Legault s’est lancé dans la question référendaire. Ce n’était pas son discours. »

Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 808 Québécois au lendemain de l’élection (5-6 septembre). Les données ont notamment été pondérées selon le taux de votation à l’élection. Puisque le sondage est non-probabiliste, il ne comporte pas de marge d’erreur. Mais un sondage téléphonique de cette ampleur aurait une marge d’erreur de 3,5 % dans 19 cas sur 20, soutient Léger Marketing.

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Quelques données sur l’élection

- Avec 31,9 % du vote, le PQ a obtenu 43 % des sièges (54 députés). - Avec 31,2 % du vote, le PLQ a obtenu 40 % des sièges (50 députés).
- Avec 27 % des votes, la CAQ a obtenu 15 % des sièges (19 députés).


Le PQ a remporté la victoire en voyant ses appuis diminuer. En 2008, le PQ avait
obtenu 35,1 % des votes et 41 % des sièges (51 députés). Le PLQ avait obtenu 42 % des votes et 53 % des sièges (66 députés).

Le dernier gouvernement minoritaire (2007) comptait 48 députés pour le PLQ, 41 pour l’ADQ et 36 pour le PQ.

- Plus haut taux de participation le 4 septembre 2012 : 88 %, dans Montarville.
- Plus faible taux de participation le 4 septembre 2012 : 42 %, dans Ungava.
  
Autre commentaire de la Presse Canadienne

 Quatre jours après les élections générales du 4 septembre, près de la moitié des Québécois, 48 % , se disent insatisfaits des résultats, selon un sondage Léger-Le Devoir - The Gazette. Même les péquistes victorieux  sortent du processus un peu amers. Ils sont 38 % d'insatisfaits par rapport à un gouvernement minoritaire. Trois Québécois sur cinq se disent inquiets quant à l'instabilité politique découlant de la dynamique minoritaire.

Dans l'hypothèse d'un blocage à l'Assemblée nationale, la moitié des répondants souhaitent que de nouvelles élections soient déclenchées, alors que 31 % préféreraient que le Parti libéral et la Coalition avenir Québec s'allient pour former un gouvernement...

COMMENTAIRE DE PHILOMAGE

On n'a pas fini d'en entendre parler des conséquences de cette élection. Dans l'hypothèse où Mme Marois réussissait à renforcer sa position électorale à court ou moyen terme, elle sauterait sur l'occasion pour relancer son option souverainiste, malgré le fait que plus de 60 % de la population québécoise n'est pas intéressé par cette alternative. Elle se cherche un pays, cette chère Madame!

Je crois que le résultat de l'élection du 4 septembre est le mieux qui pouvait arriver dans les circonstances. Ainsi, notre statut identitaire « Canadien » à l'intérieur de la Confédération canadienne n'est plus remis en question du moins pour les prochains mois, certains diront les prochains 18 à 24 mois. Mme Marois et son gouvernement minoritaire vont devoir subir les foudres d'une opposition bien organisée, connaissant bien la machine administrative et les principaux dossiers à l'ordre du jour. Le PLQ va se nommer un nouveau chef rassembleur s'appuyant sur 50 députés chevronnés alors que la CAQ va être en mesure de se payer des recherchistes et occuper une place respectable dans les débats à l'Assemblée nationale et les comités parlementaires, tout ça en vue d'une éventuelle lutte électorale prévue avant deux ans.

La première échéance à franchir pour le PQ sera sûrement le dépôt en avril prochain du budget. C'est à ce moment-là que ça va jouer dur au plan des négociations et des compromis. Les grands gagnants de cette lutte épique seront donc les Québécois en général.

Et ça nous touche tout particulièrement, nous, les Seniors et/ou les Aînés, face à nos besoins incontournables en santé, en logements, en personnels de soutien, etc.


RD



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