vendredi, octobre 26, 2012

 

Selon Richard Martineau, on ne peut descendre plus bas

 (Article de Richard Martineau, Journal de Québec, 25 octobre 2012)

Certains CHSLD demandent maintenant à leurs résidents de payer pour leur jaquette.

Oui, oui, la jaquette bleue d’hôpital avec la fente qui montre les fesses…

Quand j’ai entendu cette nouvelle, l’autre jour, j’ai eu envie de pleurer…

BLOQUEZ DES RUES !

On annonce qu’on va augmenter les frais de scolarité pour mieux financer les universités, et des milliers de personnes descendent dans la rue, avec tambours, mascottes et casseroles.

Mais on demande à des personnes paralysées ou en perte d’autonomie de payer leur jaquette, et tout le monde s’en crisse.

Bof, c’est normal, après tout… Les vieux pataugent bien dans leur merde, et n’ont droit qu’à un bain par semaine, pourquoi on ne demanderait pas aux résidents de CHSLD de payer leur jaquette ?

Tiens, j’ai une idée pour les parents et les conjoints de ces résidents : couchez vos grands malades sur une civière, et sortez-les dans la rue. Bloquez le boulevard René-Lévesque, pétez des vitrines, ralentissez le trafic, lancez des boules de billard aux flics, tenez le gouvernement par les schnolles…

Au Québec, c’est la seule façon de se faire entendre.

 Qui sait? avec un peu de chance, un ministre va peut-être annoncer en grande pompe la tenue d'un sommet sur la façon dont on traite les grands malades au Québec. Et on va vous promettre toutes sortes de bonbons pour que vous mettiez fin à vos moyens de pression...

UNE CLIENTÈLE PAS RENTABLE

Je vous dirais aussi de mettre une couple d'artistes de votre bord, histoire de vous aider dans votre lutte, mais ça va être dur...

Vous voyez, les jeunes consomment des produits culturels. Moins ça leur coûte cher d'aller à l'université, plus ils ont d'argent pour voir des spectacles et acheter des CD. C'est rentable pour les artistes de les appuyer!

Mais les paralytiques qui vivent dans des CHSLD ne sortent pas beaucoup et ne font pas la queue pour assister au dernier show d'Ariane Moffatt. Ils écoutent de la musak (sic) pendant qu'ils chient dans leur lit, c'est tout.

C'est pas avec des gens comme ça qu'on va faire des artistes forts...

SANTA BANANA

« Payez davantage de taxes et d'impôts, qu'on nous dit, nous avons besoin d'argent pour améliorer le système... ». Et pendant qu'on nous fouille dans les poches, qu'est-ce qu'on voit ?

Des écoles qui tombent en ruine, des malades qui attendent dans des corridors, des travaux de construction qui coûtent 35 % plus cher que ce qu'ils devraient coûter, des vieux qui croupissent dans leur merde, des enfants en difficulté qui manquent de ressources, des dictionnaires qui datent d'avant Mathusalem, des classes qui débordent, des fonctionnaires qui se paient des séances de formation ridicules, des organigrammes qui ne cessent de grossir, d'enfler, d'engraisser, de gonfler, de ballonner...

« Allez, chers contribuables, ne soyez pas égoïstes, ouvrez de nouveau votre portefeuille, encore un p'tit effort...»

J'AI HONTE 

C'est bien simple, ça me dégoûte, ça me donne envie de vomir. Demander aux résidents de CHSLD de payer pour leurs jaquettes, c'est le boutte du boutte, le fond de la canisse. C'est ignoble, scandaleux, dégueulasse.

Un État qui s'en prend ainsi aux plus vulnérables de la société ne vaut plus la peine d'être défendu.

COMMENTAIRE DE PHILOMAGE
 
Quels commentaires peut-on faire face à un pareil constat ? C'est d'abord et avant tout le signal d'une société qui est entrée en décadence, depuis quelques décennies déjà.

En politique, par exemple, on prend ses désirs pour des réalités ; on veut un Québec souverain, sans effort et sans tuerie, et en plus, sans le consentement de la population. La population a élu un gouvernement minoritaire, ne cautionnant pas, avec raison, les discours farfelus des nouveaux arrivés au Pouvoir. Le redressement social et économique dont on voit la nécessité dans l'article de Richard Martineau, ne se fera pas. Les énergies de la société québécoise vont continuer d'être dispersées et l'endettement se poursuivre. La qualité des services gouvernementaux sera difficilement au rendez-vous, à partir du moment où la pression démographique du vieillissement de la population québécoise va s'accroître.

Cette analyse de Richard Martineau fait ressortir un manque fondamental au plan des valeurs, du sens de la réussite et de la prise en compte de nos concitoyens et de leurs besoins, quel que soit leur âge ou leur situation socio-économique. Heureusement qu'il y a encore des crieurs sur la place publique comme ce journaliste pour nous rappeler aux réalités de la vraie vie. Mais, est-ce suffisant ?

RD



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