mardi, décembre 18, 2012

 

La question vitale des régimes de pensions de retraite




Quelques statistiques éclairantes :

Un avenir peu encourageant pour les retraités québécois
 (Article de Jean-François Cloutier, Journal de Québec, 18 décembre 2012)

Au moment où les ministres des Finances provinciaux rencontrent leur homologue fédéral pour trois jours à Ottawa, des groupes militent pour l'augmentation des cotisations à la Régie des rentes du Québec (RRQ) parce que les Québécois ne mettent pas assez d'argent de côté d'eux-mêmes pour assurer leurs vieux jours.

Selon Tyler Meredith, directeur de recherche à l'Institut de recherche en politiques publiques (IRPP), la génération X se dirige vers une retraite difficile si on ne contraint pas les gens à mettre plus de côté dans un bas de laine contrôlé par le gouvernement.

« Les baby-boomers sont bien protégés pour leur retraite, a-t-il commenté. Ils ont eu une bonne vie sur le marché du travail. Mais les salaires en termes réels n'ont pas changé depuis 20 à 25 ans. Ajoutez à ça le fait que les gens vivent de plus en plus vieux, et que les soins de santé coûtent de plus en plus cher, et les problèmes s'amplifient. »

Solution

Même les baby-boomers ne sont pas à l'abri d'un appauvrissement, selon lui. D'après les projections d'une étude de l'IRPP, la moitié des Canadiens à revenu moyen nés entre 1945 et 1970 subiront une baisse d'au moins 25 % de leur niveau de vie à leur départ à la retraite.

La solution, selon M. Meredith ? Augmenter les ponctions dans le chèque de paie des travailleurs pour cotiser à la RRQ (ou dans le reste du Canada son équivalent), le Régime de pension du Canada (RPC), et hausser la contribution de l'employeur à la rente de retraite de l'employé. « En forçant les gens à épargner plus, on va prévenir bien des problèmes à la retraite » a-t-il affirmé.

Nouvelle taxe

Les gens vont s'habituer à dépenser moins chaque semaine, selon lui, en limitant leur appétit de dépenses discrétionnaires, ce qu'ils ne sont pas capables de faire en ce moment.

La mesure, proposée par l'Ontario, a été rejetée par le ministre des Finances, Jim Flaherty, qui l'assimile à une sorte de nouvelle taxe pour les entreprises. « Il faut éviter d'ajouter un autre fardeau sur les épaules des employeurs et de mettre en péril les perspectives d'emplois pour les Canadiens », a indiqué le ministre Flaherty.

À plus long terme, toutefois, Ottawa ne serait pas fermé à l'idée de discuter de certaines modifications, incluant la hausse graduelle des cotisations, lorsque l'économie reprendra du poil de la bête.

 RENCONTRE DES MINISTRES DES FINANCES

Les ministres des Finances du pays, qui se rencontraient lundi (17 décembre) au Lac Meech, près de Chelsea, en Outaouais n'ont pas réussi à s'entendre sur la question du régime des pensions de retraite.

La population vieillit et les statistiques sont inquiétantes. Les ministres ont donc débattu d'une possible hausse des contributions des employeurs et des travailleurs aux régimes de pensions publics du pays.

« Beaucoup de Canadiens n'épargnent pas assez en prévision de la retraite», a dit le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty.

Les provinces semblent d'accord avec l'idée d'une hausse des cotisations, mais le Québec refuse de faire cavalier seul.

« Il n'est pas question d'aller de l'avant seul, ça prend une entente », a tranché Nicolas Marceau, le ministre des Finances et de l'Économie du Québec.

Pour modifier le régime de pension du Canada, une majorité de provinces représentant les deux tiers de la population doivent être d'accord.

Si l'Ontario soutient que le temps est venu de hausser les cotisations, plusieurs craignent des répercussions négatives.

Des regroupements d'employeurs estiment qu'une augmentation nuirait à la création d'emplois, ce qui est possible à court terme, a reconnu Nicolas Marceau.

« Quand on demande aux employés et employeurs de mettre plus de dollars de côté, ça a un effet
bénéfique à long terme, mais effectivement, à court terme, il y a des impacts sur l'emploi, a-t-il dit. Il faut trouver l'équilibre entre ces deux effets-là. »

Puisque les ministres ne sont pas parvenus à une entente, les décisions sont reportées au mois de juin, le temps de voir comment l'évolution de l'économie.

Projet de loi

En marge de la rencontre fédérale-provinciale des ministres des Finances, Nicolas Marceau a indiqué que le gouvernement du Québec déposera au printemps 2013 un projet de loi afin de mettre en œuvre les nouveaux régimes volontaires d'épargne-retraite.

« La mise en œuvre des régimes volontaires d'épargne-retraite facilitera l'épargne et permettra à tous les travailleurs d'avoir accès à un régime de retraite collectif  », a indiqué le ministre.

Le ministre Marceau a par ailleurs rappelé que la part fédérale du financement des dépenses en santé des provinces est actuellement de 21 %, « un pourcentage bien en deçà de la part initiale de 50 % établie lors de la mise en place des systèmes de santé au Canada ».

« La position du Québec à cet égard est de voir la part du financement fédéral en santé augmenter graduellement à 25 % d'ici dix ans », a-t-il dit.

Quant au nouveau plan fédéral en matière d'infrastructure prévu à compter de 2014, le ministre a indiqué que son gouvernement souhaite recevoir sa part sous la forme d'un transfert «en bloc» dans le respect de ses priorités et de ses compétences.

L’opposition libérale s’est empressée de décrier ce qu’elle qualifie de « manque de leadership » de Nicolas Marceau.

« Le ministre […] doit préciser sa position sur la bonification des cotisations (au régime de retraite), car les impacts sur l'économie et surtout sur les emplois pourraient être dévastateurs alors que la reprise est fragile, a dit le porte-parole en matière de Finances, Raymond Bachand. Sur les transferts en santé, il ne semble pas avoir pris le flambeau et n'a pas défendu les intérêts du Québec. »

Puisque les ministres ne sont pas parvenus à une entente, les décisions sont reportées au moins de juin 2013, le temps de voir comment va évoluer l'économie.

RD



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