lundi, juin 02, 2014
Finances du Québec en mauvais état : la faute des baby-boomers

Article de Michel Girard, Journal de Québec, 27 mai 2014
Que les « baby-boomers » se le tiennent pour dit : si les
finances publiques du Québec risquent fort d’aller de mal en pis au fil
des 20 prochaines années… c’est à cause d’eux !
Le «baby-boom» qui a suivi la fin de la Deuxième Guerre mondiale
couvre la période 1946 à 1955. Aujourd’hui âgée entre 59 et 68 ans,
cette populeuse génération est devenue la principale cause du
vieillissement de la population. Ce qui entraînera un «choc
démographique» alors que les générations plus jeunes sont moins
nombreuses que celle du «baby-boom».
Et qui y a-t-il de si dramatique avec ce vieillissement de la population québécoise? Économiquement parlant, non seulement cette génération va rapporter moins, mais en plus elle va coûter de plus en plus cher en termes de services de santé gouvernementaux.
Deux récentes études viennent de nouveau nous rappeler les sombres perspectives du choc démographique qui frappe le Québec.
Phase de « déconsommation »
Selon l’étude réalisée par le fiscaliste Luc Godbout et le politologue Jean-Herman Guay pour le compte de Capital One Canada, en collaboration avec CROP, la génération des baby-boomers québécois est entrée dans une phase de «déconsommation».
Quelque 71% d’entre eux ont moins envie d’acheter qu’auparavant. C’est 18 points de pourcentage de plus qu’il y a dix ans. À sa face même, cela s’explique par le besoin en vieillissant de faire plus attention à ses épargnes… en vue de la retraite.
À preuve que les baby-boomers québécois font plus attention à leurs dépenses de consommation, l’étude de Capital One révèle que deux fois plus d’entre eux se procurent des cartes de crédit à un taux d’intérêt moins élevé que dans le reste du Canada (74% vs 30%).
Cela dit, plusieurs baby-boomers continuent d’en arracher à boucler leurs fins de mois et ont de la difficulté à contrôler leurs finances personnelles.
Pour sa part, dans l’étude de l’Institut du Québec «Choc démographique et finances publiques», l’ancien ministre des Finances, Raymond Bachand et le directeur de la recherche, le professeur Robert Gagné des HEC, tracent un portrait dramatiquement ombrageux des finances publiques si le gouvernement du Québec ne coupe pas dans l’escalade des dépenses de la santé.
À cause du choc démographique du vieillissement de la population québécoise, la faible croissance économique du Québec au cours des 20 prochaines années aura pour conséquences de limiter à environ 3,2% l’augmentation annuelle des revenus budgétaires.
C’est quoi le problème? Cette hausse annuelle des revenus sera nettement inférieure à la croissance des dépenses budgétaires de l’ordre de 4,4%.
Pis encore, la facture des dépenses en santé croîtrait pour sa part à hauteur de 5,2% par année.
Si le gouvernement conservait le statu quo budgétaire, on se
retrouverait dans 20 ans avec un déficit annuel de 35 milliards de
dollars, soit 10 fois plus que le déficit de l’année 2013-14.
Solution
Selon MM. Bachand et Gagné, la solution pour éviter le surendettement intenable de la province passe par une réduction des dépenses gouvernementales en santé d’au moins 1 point de pourcentage.
Qui va écoper? Les employés du secteur de la santé ou les vieillissants baby-boomers?
RD
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