mercredi, février 21, 2007

 

La situation des gens âgés au Canada (4) : Conséquences du vieillissement de la population.

UN REPORTAGE DE RADIO-CANADA.CA datant de Février 2002

Titre de l’article : « Le Canada prend des rides »

Réalisé par la journaliste: Florence Meney

Source de l’information :

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/vieux/consequences.html

Conséquences du vieillissement de la population

Pourquoi, lorsqu'on évoque le vieillissement de la population, parle-t-on immanquablement des scénarios sombres, des lendemains difficiles, des coûts incommensurables pour notre société? Le pouvoir gris qui prend forme et se structure en notre sein est une réalité tangible; certes, le vieillissement de la population nous forcera à nous regarder, à réexaminer nos modes de fonctionnements, nos politiques et nos mentalités. Mais l'émergence d'une force mature, avec son bagage et sa sagesse, ne peut-elle être vue comme un apport précieux plutôt qu'une calamité?

Vers un changement des mentalités?

Pour le sociologue Jean Carette, qui se consacre à ces questions depuis 25 ans, le vieillissement de la population est une bonne nouvelle pour nous tous. « Un enfant coûte cher, socialement parlant, dit le sociologue. Pendant 20 ans, il faut investir en lui, tandis que les gens âgés ont déjà payé, et majoritairement, ce sont eux qui possèdent le capital. Le vieillissement est un acquis extraordinaire de la société. »
« J'ai 60 ans. Il y a 200 ans, je serais mort. Aujourd'hui, je continue à apporter des choses à la société, et pas uniquement économiquement. En avançant en âge, nous prenons une densité, comme un vin quand il est bon. »

Malheureusement, selon l'expert, la société nous fait perdre notre importance quand nous vieillissons. On souffre beaucoup d'âgisme contre les vieillards. Ce rejet n'est pas facile à enrayer, selon le sociologue, car la société ne perçoit les individus que par leur capacité à gagner de l'argent. Les civilisations précédentes respectaient les individus au-delà de leur dimension économique, ce qui n'est plus guère le cas, d'après Jean Carette.

Les impôts, les retraites :

D'un côté moins optimiste, le système de retraite est confronté à un défi majeur, lié au contexte démographique dans lequel l’espérance de vie s’allonge et les générations nombreuses de l’après-guerre vont partir à la retraite.

« Au Québec, il y a 2000 prises de retraite par semaine à un âge moyen de 58 ans. Sur ces 2000 personnes, la moitié ne sait pas qu'ils prennent leur retraite. Ils tombent au chômage et espèrent revenir sur le marché du travail. Ils traînent jusqu'à 65 ans. »- Jean Carette

Le vieillissement rapide de la population aura un impact sur les finances publiques et sur l'équilibre budgétaire des gouvernements. Le ratio de la population qui supporte la majorité des charges sociales, à savoir les gens de 20 à 64 ans, passera de cinq pour un à deux pour un d'ici le milieu du 21e siècle. La base fiscale de l'État se trouvera réduite d'autant, avec des conséquences pour les services sociaux. Par contre, le vieillissement fera baisser le coût de certains programmes, comme ceux d'Éducation.

Aurons-nous assez d'argent pour nos retraites?

Une enquête récente de Statistique Canada montre que plus de 1,5 million de ménages canadiens dont le chef de famille a 45 ans ou plus ne contribuent pas à une caisse de retraite privée. Ces Canadiens devront donc compter sur les retraites gouvernementales ainsi que sur les épargnes qu'ils auront pu accumuler d'ici la retraite. Le problème est qu'une faible minorité de gens achètent suffisamment de REER pour s'assurer un niveau de vie comparable à celui de la vie active. Cependant, bien des experts précisent qu'après la retraite, les besoins et dépenses diminuent sensiblement.

Le concept de retraite payée par l'État est relativement nouveau : le gouvernement
canadien verse des pensions depuis 1921. Il fallait alors être âgé de 70 ans pour y avoir droit. Le Régime de pensions du Canada, qui a réduit l'admissibilité à 65 ans, a été établi en 1966. L'avenir du régime québécois des rentes est assuré.

L'impact sur la santé :

On n'entend que cela, on ne lit que cela : le coût de la santé augmente à une vitesse effarante. Les dépenses totales des Canadiens ont franchi en 2001 la barre psychologique des 100 milliards de dollars. Et bien entendu, une partie de cette augmentation est imputable aux soins exigés par une population vieillissante.

Avec l'âge, nous utilisons de plus en plus les services de santé. Avant 65 ans, la dépense publique annuelle en santé et en services sociaux était inférieure à 2000 $. À 65 ans, ce montant se chiffre à 6000 $, pour passer à 10 000 $ à 80 ans et à 16 000 $ après 85 ans. Avec un peu d'ironie, on pourrait dire qu'en atteignant son but, à savoir nous garder en vie le plus longtemps possible, la médecine crée son propre problème, car plus nous vivons longtemps, plus nous pesons lourd sur le système.

À partir de 55 ans, les hommes ont davantage recours aux services de santé que les femmes. Mais à partir de la soixantaine, le coût de la santé grimpe de façon spectaculaire pour les deux sexes.

Au Québec, par exemple, la proportion du produit intérieur brut consacrée à la santé et aux services sociaux pourrait passer de 7 % en 1998 à 15 % en 2050. Ce poids sur le système de santé ira en s'accroissant au fur et à mesure que la génération des baby-boomers deviendra, elle aussi, âgée.

Cette crise du système de santé face à une population vieillissante a été mise en évidence à plusieurs reprises, que ce soit au Québec dans le cadre de la Commission d'étude sur les services de santé et les services sociaux (commission Clair) ou, tout récemment, par le rapport intérimaire déposé par Roy Romanow, chargé d'une commission royale sur la réforme du système de santé.

Les baby-boomers sont responsables de plus de la moitié de l'augmentation des visites chez les médecins canadiens en 1999 :

Selon des chiffres de IMS HEALTH, les Canadiens âgés de 40 à 59 ans ont été responsables de 52 % des 22 millions de visites supplémentaires effectuées dans les cabinets de médecins en 1999. Ces chiffres donnent une idée du défi prévisible que pose le vieillissement de cette génération.

Des maladies les plus diagnostiquées, l'hypertension artérielle est celle qui a connu la plus forte augmentation.

Taux d'hospitalisation des personnes âgées au Canada :

Elles sont trois fois plus susceptibles d'être hospitalisées que les plus jeunes. L'hospitalisation est aussi beaucoup plus longue.

Selon des données récentes de l'Institut canadien d'information sur la santé, on constate que le secteur public assume toujours une grande majorité des dépenses de santé. Le Canada et la France se situaient, en 1998-1999, au 3e rang des pays du G-7 en ce qui concerne l'importance des ressources consacrées à la santé. Par contre, le Québec est l'une des provinces qui consacre le moins d'argent par habitant pour soigner la population. Les changements démographiques poussent le gouvernement à chercher des solutions pour un avenir qui, sinon, promet d'être difficile.

« C'est certain qu'on a des choix à faire, ce qui n'était pas le cas avant, parce que les gens mourraient. Mais c'est une question de débat de société. »- Jean Carette

Des questions d'éthique et de prévention :

Qui décidera quel montant investir pour prolonger la vie de quelqu'un de très malade, de très âgé, de quelques jours ou de quelques semaines? Si la majorité des personnes âgées peuvent demeurer autonomes et en bonne santé longtemps et ne connaître qu'une courte période de maladie à la fin de leurs jours, le système de santé pourra sans doute trouver en lui-même des solutions, d'où l'importance de la prévention des maladies.

Par exemple, chez les plus de 75 ans, les simples chutes tuent deux fois plus que les meurtres, les suicides et les accidents d'auto combinés. Souvent, ces chutes peuvent être évitées.

Les médicaments les plus prescrits aux personnes âgées :

Les analgésiques, les médicaments contre l'hypertension artérielle, les médicaments pour le cœur et l'estomac.

Cependant, il ne faut pas dramatiser :

Selon François Béland, spécialiste dans le domaine du vieillissement et des soins de santé à l'Université de Montréal, la société peut bel et bien préparer son système de santé pour qu'il puisse faire face au vieillissement de la population. Au Québec en particulier, selon l'expert, les instruments nécessaires sont déjà en place, et ce n'est en fait qu'une question de volonté, un débat public. « Nous avons 20 ans pour réagir, il n'est pas trop tard », déclare-t-il. Certes, concède M. Béland, les coûts de santé vont augmenter, mais pas de façon si faramineuse. La société peut faire face à ces coûts, si elle admet le principe de hausses d'impôts et de taxes pour répondre aux nouvelles exigences. Par ailleurs, selon M. Béland, il faut absolument dissiper le mythe qui veut que le secteur privé puisse mieux répondre que l'État aux besoins grandissants en santé. Il explique que la société finit toujours par payer la note, que ce soit en passant par des services de soins privés ou par des services publics, et que l'État est mieux à même de gérer le système. « Au bout du compte, dit-il, tout est une question de redistribution de la richesse. Les plus vulnérables, soit les plus pauvres, les plus âgés, utilisent plus les services de santé, mais les plus riches doivent accepter de financer les services utilisés par tous. »

Le spécialiste constate que le gouvernement du Québec tarde à prendre la situation en main. À la suite du rapport de la commission Clair, qui selon M. Béland mettait de l'avant des pistes de solution intéressantes, Québec ne bouge guère et attend le rapport fédéral Romanow, tout en martelant le fait que la santé relève du provincial. Parmi les pistes relevées dans le rapport Clair, M. Béland évoque la mise en place de groupes de médecine familiale, mais aussi et surtout celle de sections de réseaux intégrés destinés aux personnes âgées. Le principe : accorder un budget global à une entité chargée d'administrer toute la gamme de services destinés à cette clientèle, de l'hébergement à l'hospitalisation et aux soins à domicile, en passant par les médicaments. Selon lui, ce système serait beaucoup plus rationnel et efficace.

Un monde du travail en révolution :

Plus le nombre de personnes âgées augmente par rapport aux jeunes, moins le nombre de gens cotisants aux régimes de retraite divers est élevé. L'une des conséquences directes : il sera bientôt révolu le temps où l'on prenait sa retraite à 50, 55 ans. D'une part parce que le système n'aura pas les moyens d'assurer à tous une retraite longue et dorée, d'autre part parce qu'on aura une pénurie de main-d'œuvre et qu'il faudra garder les travailleurs déjà en place.

La Société québécoise de psychologie du travail et des organisations parlait de ce danger à l'automne 2001 en faisant porter son colloque annuel sur l'impact de l'arrivée massive à la retraite des baby-boomers. Parmi les conséquences qui se profilent à l'horizon, on retrouve le problème du manque de relève pour combler les postes laissés vacants par les nouveaux retraités. Dans une telle situation, on risque aussi de briser le lien entre les employés plus âgés et les nouveaux, et de perdre ainsi l'expérience acquise. La SQPTO constate qu'il faut de toute urgence planifier cette transition pour éviter un épisode traumatisant, comme celui du départ en masse des infirmières au sein du système de santé québécois, mais à plus grande échelle.

La fonction publique : d'ici dix ans, au Québec, plus de 40 % des employés permanents de la fonction publique provinciale auront soit pris leur retraite, soit démissionné, ou seront simplement morts. On parle ici d'une main-d'œuvre majoritairement francophone. Ces départs pourraient alors amorcer une révolution dans la composition linguistique et culturelle de la fonction publique, selon qui remplacera ces employés.

Quelques données pour la fonction publique québécoise :

- Aucun haut fonctionnaire n'a moins de 35 ans.
- La moyenne d'âge des cadres supérieurs est de 51 ans.
- La moyenne d'âge de la direction est de 52 ans.

Dans le secteur privé, on retrouve les mêmes tendances. Selon le Conseil du patronat du Québec, beaucoup d'entreprises devront remplacer jusqu'à la moitié de leur main-d'œuvre d'ici dix ans. Dans un article paru dans le quotidien Le Devoir, le président du CPQ, Gilles Taillon, explique que le déclin démographique aura un impact négatif sur la capacité de la société québécoise d'assurer sa croissance économique et sa prospérité.

Face à cette perspective, le défi des entreprises sera de fidéliser ses employés pour les garder le plus longtemps possible. On se tourne aussi vers l'importation de « sang neuf » ou de « cerveaux neufs » venus de l'étranger.

Un monde du travail moins sécurisant : la disparition graduelle de l'État-providence aura non seulement des effets sur les services sociaux et de santé, mais changera les règles sur le marché du travail. Selon la sociologue Hélène David, du groupe de recherche sur les aspects sociaux de la santé et de la prévention de l'Université de Montréal, on connaîtra ainsi une déréglementation du marché du travail avec une dérégulation des salaires et un affaiblissement de la protection au travail, ainsi qu'un alourdissement des tâches. Bref, un monde du travail plus sauvage, plus éreintant.

Dernier commentaire :

C'est dans ce monde en mouvance que je débute ma retraite. Qu'est-ce qui m'attend réellement? Je ne le sais pas. Un grand nombre d'inconnus sont devant moi. C'est le cas aussi pour tous ceux qui se voient rendus à cette période de leur vie, que l'on assimile généralement à une période de repos, de contemplation ou de réflexion et de loisirs en permanence.

RD

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La situation des gens âgés au Canada (3) : Comment vivent les personnes âgées?

UN REPORTAGE DE RADIO-CANADA.CA datant de Février 2002

Titre de l’article : « Le Canada prend des rides »

Réalisé par la journaliste: Florence Meney

Source de l’information :

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/vieux/comment.html

Comment vivent les personnes âgées

Où vivent-elles?

Les personnes âgées habitent principalement en ville (3 sur 4). Cependant, beaucoup proviennent encore de milieux ruraux. Parmi les personnes âgées qui vivent en milieu urbain, la proportion de femmes est encore plus élevée que dans la population âgée en général. Cette tendance est particulièrement claire dans les grandes villes telles que Montréal, où les deux tiers des personnes âgées sont des femmes.

La plupart sont propriétaires de leur logement. Les villes ne sont pas toujours équipées pour répondre à leurs besoins, mais de plus en plus de municipalités doivent en tenir compte et offrir des services adaptés.

La majorité des personnes âgées résident à leur domicile. Un peu plus de la moitié sont en couple. Bien sûr, comme la longévité est plus élevée chez les femmes, beaucoup de ces dernières se retrouvent seules à un âge avancé. Sept pour cent des vieillards vivent avec un membre de leur famille. La solitude est donc le lot de beaucoup d'entre eux : en 1996, près du tiers des personnes âgées vivaient seules, alors que ce chiffre est de 8 % pour la moyenne de la population.

Ceux qui vivent dans des foyers spécialisés, un chiffre qui peut surprendre : moins de 1 personne âgée sur 10 réside dans un foyer. C'est au Québec cependant que le pourcentage de résidents est le plus élevé au Canada. Ceci vient de la forte proportion de gens âgés qui vivent dans des communautés religieuses.

Le revenu des personnes âgées, le travail

La plupart des personnes âgées sont à la retraite, évidemment. Pourtant, une petite proportion d'entre elles travaille encore, soit 6 %. Statistique Canada note que moins de gens âgés ont une activité professionnelle qu'auparavant : en 1976, ils étaient 9 %. Parmi ceux qui ont un emploi, on compte une forte proportion d'hommes. Près de la moitié des emplois qu'ils occupent sont à temps partiel, et plus de la moitié d'entre eux sont travailleurs autonomes ou non rémunérés.

Les autres individus tirent leur revenu de plusieurs sources, caisses de retraites privées ou gouvernementales, aide familiale parfois. On note qu'il existe de fortes disparités dans le niveau de vie des vieillards : bien que les chiffres du gouvernement fédéral indiquent que le revenu des plus de 65 ans a augmenté au cours des 20 dernières années, les personnes âgées continuent de vivre en moyenne avec beaucoup moins de ressources que les individus des autres groupes d'âge.
En 1997, le revenu moyen d'une personne âgée s'élevait à un peu plus de 20 000 $.

Les femmes âgées, elles, vivaient en moyenne avec un maigre 16 000 $ par année.
Des millions de Canadiens restent sur leur faim et Le fossé se creuse entre les familles riches et les familles pauvres.

Les sources de revenu des personnes du troisième âge :

- Prestations de la sécurité de la vieillesse : 38 % du revenu total pour les femmes, 21 % pour les hommes.
- Régimes de retraite privés : 13 % du revenu pour les femmes, 27 % pour les hommes.
- Régime de pensions du Canada - Régie des rentes du Québec : 21 % du revenu pour les hommes et 22 % pour les femmes.


La famille

Les nouveaux grands-parents (et arrière-grands-parents)

Les personnes plus âgées jouent un rôle croissant auprès de leur famille. Alors que les enfants sont débordés, que les jeunes mères travaillent autant que leur conjoint, les grands-parents deviennent un soutien précieux auprès des petits enfants. De ce point de vue, les grands-parents assument un rôle très important dans la société d'aujourd'hui. Souvent pour ces personnes, s'investir ainsi activement après la retraite (ou parfois alors que la carrière se poursuit) représente véritablement un nouveau départ.

Les nouvelles grands-mères sont des femmes actives, qui ont souvent encore une profession. Elles assurent un rôle pivot entre les générations, et ce malgré une multitude d'activités.

Dans certains cas, les grands-parents se voient forcés d'assumer la tâche d'élever leurs petits-enfants quand les parents sont absents.

Un phénomène très nouveau : non seulement les grands-parents s'occupent de leurs petits-enfants, mais un nombre grandissant d'arrière-grands-parents, encore très en forme, sont présents et actifs au sein de leur famille.

Les nouvelles technologies :

les aînés plus branchés qu'on le pense

Ils sont encore en minorité, mais parmi les personnes du troisième âge, de plus en plus s'intéressent aux nouvelles technologies. Un nombre croissant d'entre eux possède un ordinateur. En 1997, 13 % des ménages dont le chef était âgé de plus de 65 ans avaient un ordinateur, alors qu'en 1990, ce n'était que 5 %. On sent encore une certaine réticence par rapport à l'utilisation d'Internet, puisqu'en 1997, seuls 4 % des ménages âgés y étaient abonnés, contre 15 % des ménages plus jeunes.

Les personnes âgées sont encore souvent vulnérables

Nous avons vu que beaucoup de vieillards vivent encore avec un maigre revenu, ce qui les place dans une situation précaire, parfois même sur le plan alimentaire, un phénomène accru par l'isolement.

À 80 ans, 33 % des gens ont un apport calorique inférieur à la norme de 1500 calories par jour, et 75 % manquent de calcium. À leur entrée à l'hôpital, de 50 % à 60 % des personnes âgées sont sous-alimentées.

La sécurité :

Les personnes âgées se sentent-elles à l'abri de la criminalité? Une enquête de 1993 a montré que un Canadien sur quatre se sentait peu ou très peu en sécurité lorsqu'il marchait seul dans son quartier après la tombée de la nuit. La crainte de la criminalité frappe plus durement les gens âgés. Combien disent ne pas se sentir en sécurité lorsqu'ils marchent seuls dans leur quartier la nuit? La réponse : 23 % chez les 15 à 24 ans; 23 % chez les 25 à 44 ans; 26 %; chez les 45 à 64 ans; 41 % chez les 65 ans et plus.

La consommation de drogue et d'alcool

Des études effectuées pour Santé Canada montrent que la toxicomanie prévaut beaucoup moins chez les plus de 65 ans que parmi les populations plus jeunes. Les gens âgés boivent aussi moins que les jeunes, même si l'alcool est leur drogue de choix. Ils sont aussi beaucoup moins susceptibles d'avouer un éventuel problème de dépendance que les plus jeunes.

Les médicaments

L'usage des médicaments croit avec l'âge et devient problématique chez certains vieillards. D'après les résultats de l'Enquête nationale sur l'alcool et les autres drogues (ENAAD), effectuée en 1989 pour Santé Canada, un peu plus du quart des femmes âgées et environ un cinquième des hommes âgés ont déclaré avoir pris trois médicaments et plus dans le mois précédant le sondage. Les personnes âgées qui faisaient usage de plusieurs médicaments étaient proportionnellement plus nombreuses que les autres à penser que leur santé se détériorait, qu'elles avaient une vie stressante et qu'elles ne pouvaient pas se tourner vers leur famille ou vers des amis en cas de difficulté. Le vieillissement et les maladies graves accroissent la sensibilité de l'organisme aux somnifères et aux tranquillisants. Ces médicaments sont en effet plus à même de produire des effets secondaires chez les personnes âgées que chez les personnes plus jeunes parce qu'ils demeurent plus longtemps dans leur organisme.

La discrimination et les abus contre les gens âgés

Charte des droits et libertés de la personne :

« Toute personne âgée ou handicapée a le droit d'être protégée contre toute forme d'exploitation. »

Être âgé n'est pas toujours une sinécure dans un monde où la jeunesse est érigée en valeur suprême. Les personnes du troisième âge sont souvent victimes de discrimination sur le marché du travail, dans les institutions où elles résident, mais aussi dans beaucoup d'aspects de la vie courante.

Les mesures de protection actuelles pour les personnes âgées en perte d’autonomie constituent un terrain de plus en plus propice aux abus et à l’exploitation de nos aînés. Les personnes et les organismes consultés nous en ont donné de multiples exemples. C’est collectivement que la société québécoise doit agir pour contrer ce phénomène. »

Pierre Marois, Commission des droits de la personne

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La situation des gens âgés au Canada (2) : Qui sont les personnes âgées?

UN REPORTAGE DE RADIO-CANADA.CA datant de Février 2002

Titre de l’article : « Le Canada prend des rides »

Réalisé par la journaliste: Florence Meney

Source de l’information :

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/vieux/qui.html

Qui sont les personnes âgées?

On parle trop souvent des personnes âgées comme d'un groupe monolithique aux intérêts et caractéristiques uniformes. Il s'agit dans les faits d'une multitude très diversifiée qu'on ne saurait, sans risquer de schématiser, réduire à quelques chiffres. Cependant, certaines tendances se dégagent; elles permettent de mieux comprendre le nouveau rôle qu'assument les gens de l'âge d'or dans notre société, ainsi que leurs besoins.

Beaucoup de femmes :

Une chose est claire : avec l'âge, la proportion de femmes augmente dans la population. Chez les personnes à l'âge très avancé (soit 85 ans ou plus), 70 % sont de sexe féminin, alors qu'à 65 ans, cette proportion est de 54 %. Selon Statistique Canada, ce phénomène est plutôt récent et vient de ce que l'espérance de vie des femmes a augmenté beaucoup plus vite que celle des hommes au cours des 30 dernières années.

Les baby-boomers sont en passe de devenir les aînés de demain :

Les baby-boomers constituent le grand groupe de futurs retraités. Il s'agit de toute la vague d'individus nés dans l'euphorie de l'après-guerre, entre 1946 et 1960. Ce groupe, qui détient actuellement beaucoup des meilleurs emplois et postes-clés de la société, s'achemine vers l'âge de la retraite. Ce sont les gens âgés de demain (on parle parfois de papy-boomers), et leur départ massif à la retraite aura des conséquences importantes. Ils sont en général en bonne santé, instruits, bien nantis...

Plus d'immigrants et de minorités :

Bien que, parmi les immigrants, la natalité soit plus forte que dans la moyenne de la population, ce segment de la société n'échappe pas au phénomène du vieillissement. Plus du quart de la population âgée est maintenant constitué d'immigrants. Dans la plupart des cas, il s'agit d'individus qui vivent au Canada depuis longtemps. Fait culturel : les immigrants âgés vivent plus souvent avec leur famille — ils sont donc moins seuls — que les autres Canadiens âgés.

Par contre, les minorités dites visibles ne comptent que pour une faible proportion des gens âgés. La plus grande partie d'entre eux sont d'origine chinoise.

Un cas particulier, celui des Autochtones âgés :

La population autochtone du Canada (environ 1 million de personnes) est beaucoup plus jeune que la moyenne du pays. De plus, l'espérance de vie des autochtones est inférieure à celle des autres Canadiens.

Le gouvernement fédéral prévoit cependant que, d'ici 2016, le nombre d'aînés qui s'identifient à la culture autochtone devrait tripler pour atteindre 74 000 personnes. Il faut noter qu'au sein des nations autochtones, cette évolution est loin d'être uniforme et serait plus marquée pour ceux qui vivent dans les villes que ceux des réserves et régions rurales.

Cette augmentation pose tout un défi aux gouvernements, car les personnes âgées autochtones ont des besoins bien spécifiques. Souvent, elles communiquent peu ou pas du tout en français ou en anglais (12 % des Autochtones de plus de 65 ans ne parlent pas l'une des deux langues officielles); on connaît donc mal leurs besoins. Une forte proportion est peu scolarisée. Plusieurs enquêtes menées au niveau fédéral montrent que cette section de la population est peu ou mal informée des programmes d'aide auxquels elle a accès, que ce soit en matière de logement, de santé, de transport, d'aide juridique, etc.

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La situation des gens âgés au Canada (1) : Quelques données démographiques.

J’ai trouvé ces précieuses informations en fouillant sur le site de Radio-Canada.ca. En 2002, j’étais loin de penser que je m’intéresserais de près aux problèmes des personnes âgées. J’étais encore à trois ans de la retraite.

Le portrait synthèse que trace Mme Florence Meney de la situation des personnes âgées au Canada et au Québec mérite d’être lu et relu, tellement il nous donne une vision claire de cette nouvelle réalité qui va s’imposer inexorablement dans la première moitié de ce XXIe siècle.

UN REPORTAGE DE RADIO-CANADA.CA datant de Février 2002

Titre de l’article :
« Le Canada prend des rides »

Réalisé par la journaliste: Florence Meney

Source de l’information :

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/vieux/donnee.htmlS

Quelques données DÉMOGRAPHIQUE :

Avez-vous 65 ans ou plus? Si oui, on vous compte parmi les 3,7 millions de personnes dites âgées du Canada. Avec l'augmentation de l'espérance de vie, qui est maintenant de plus de 75 ans, les progrès de la médecine et la faible natalité, nous vieillissons collectivement à la vitesse grand V. En fait, plus de 1 Canadien sur 10 est maintenant une personne âgée, et cette tendance va aller en s'intensifiant au cours des années à venir

De nouvelles données de Statistique Canada, rendues publiques en juillet 2002, le confirment. Ces informations issues du recensement de 2001 révèlent notamment que 13 % des Canadiens sont âgés de plus de 65 ans, et que l'âge médian canadien a fait un bond historique de 2,3 ans par rapport au dernier recensement, celui de 1996, passant de 35,3 ans à 37,6 ans. En clair, cela signifie que la moitié de la population canadienne a moins de 37,6 ans, et que l'autre moitié a dépassé cet âge.

Le Canada vieillit donc, et à l'intérieur du Canada, le Québec vieillit encore plus vite. Selon l'ancien vérificateur général du Québec, Guy Breton, le Québec verra sa proportion de personnes âgées passer de 12 % à 24 % en 30 ans, alors que pour le reste du Canada, il faudra 44 ans pour arriver au même résultat. « Le phénomène du vieillissement se manifeste également dans plusieurs pays industrialisés, mais il est plus préoccupant au Québec, car il se vit sur une période plus courte », a déclaré Guy Breton.

En 2001, le Québec était, ex aequo avec la Nouvelle-Écosse, la province championne sur le plan de la vieillesse : l'âge médian y est de 38,8 ans.

Âge médian selon les provinces et territoires (2001)source : Statistique Canada

- Québec = 38,8 ans
- Nouvelle-Écosse = 38,8 ans
- Nouveau-Brunswick = 38,6 ans
- Colombie-Britannique = 38,4 ans
- Terre-Neuve et Labrador = 38,4 ans
- Île-du-Prince-Édouard = 37,7 ans
- Ontario = 37,2 ans
- Manitoba = 36,8 ans
- Saskatchewan = 36,7 ans
- Yukon = 36,1 ans
- Alberta = 35,0 ans
- Territoires du Nord-Ouest = 30,1 ans
- Nunavut = 22,1 ans

Les âges de la vieillesse :

On ne peut plus mettre toutes les personnes du troisième âge dans le même sac. En effet, ce qu'on appelle un peu naïvement « l'âge d'or » est de plus en plus long (il peut durer 30 ans et plus), et un homme de 65 ans n'a guère plus de choses en commun avec un vieillard de 95 ans qu'avec un individu de 40 ans. En fait, c'est la société qui décide quand nous sommes devenus des citoyens du troisième âge, parfois même alors que nous nous sentons encore pleins de jeunesse.

On distingue donc de plus en plus souvent trois âges de la vieillesse : « les personnes âgées » à partir de 65 ans, « les vieillards » de 75 à 85 ans, et finalement les « grands vieillards », au delà de 85 ans, qui sont de plus en plus nombreux.

En dix ans, de 1991 à 2001, le nombre de Canadiens âgés de 80 ans et plus a augmenté de 41 %. Il atteint aujourd'hui 932 000 personnes. Et c'est loin d'être terminé : on s'attend à voir, au cours de la prochaine décennie, une nouvelle hausse, de 43 % cette fois, pour atteindre 1,3 million de personnes très âgées.

Les centenaires, plus nombreux que jamais. En 2001, 3795 Canadiens figuraient dans ce club sélect. Un nombre qui est cependant appelé à croître encore, puisque les enfants qui naissent aujourd'hui ont une chance sur deux d'atteindre cet âge vénérable, d'autant plus que l'on est en train d'éliminer bon nombre de maladies qui décimaient jadis les personnes âgées (certaines formes de cancer, par exemple).

Un autre accroissement significatif est celui de la tranche d'âge des 45 à 64 ans : on en dénombre 36 % de plus qu'il y a dix ans, soit 7,3 millions de personnes, le quart de la population.

Au Québec, les jeunes de 19 ans représentent moins du quart du nombre de citoyens; à 24 %, c'est la plus faible proportion au pays.

La population du Québec commencera à décroître en 2026.

Il y a encore plus de femmes que d'hommes âgés au Canada, mais l'écart tend à diminuer. Pour 100 femmes âgées de 65 ans et plus, on compte 75 hommes, une hausse par rapport à 1991 (72 hommes pour 100 femmes).

Les statisticiens et analystes ne croient pas que l'arrivée continuelle d'immigrants au Canada puisse avoir un impact significatif pour diminuer le vieillissement de la population globale, et ce, même si on augmentait considérablement leur nombre. Leur proportion est en effet trop faible par rapport au raz-de-marée de population vieillissante.

Pas juste au Canada :

Lorsqu'il se compare à d'autres pays industrialisés en utilisant l'âge médian comme critère, le Canada se situe dans la moyenne :

Âge médian : comparaison avec d'autres pays (2001)source : Statistique Canada

- Japon = 41,2 ans
- Italie = 40,2 ans
- Allemagne = 40,1 ans
- Royaume-Uni = 37,7 ans
- Canada = 37,6 ans
- France = 37,6 ans
- Russie = 36,9 ans
- États-Unis = 35,5 ans
- Australie = 35,2 ans

C'est donc l'Occident dans son ensemble qui est confronté au vieillissement de sa population.

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